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La décision prise par le président Thabo Mbeki de gracier 33 condamnés, anciens membres de mouvements anti-apartheid, a entrouvert la porte à une amnistie générale des crimes politiques en Afrique du Sud.
La plupart des activistes graciés par M. Mbeki, membres du Congrès national africain et du Congrès panafricain (PAC, noirs radicaux), étaient restés en prison après le refus de leur amnistie par la défunte Commission Vérité et Réconciliation (TRC).
Lancienne TRC, mise en place en 1996 par lancien président sud-africain Nelson Mandela, avait le pouvoir damnistier les personnes dont les actes avaient des motivations politiques et à condition quils fassent des aveux complets.
Mais la plupart des demandes damnisties reçues par la TRC ont été refusées. La Commission a accordé, en six ans dexistence, 1.200 amnisties et en a refusées 5.500.
Après la décision de M. Mbeki, on sattend maintenant à ce que dautres condamnés, y compris ceux qui étaient de lautre côté de la barrière du temps de lapartheid, demandent la clémence.
Parmi eux, Eugene de Kock, le dirigeant dun commando de choc de la police dapartheid qui avait reconnu de nombreux assassinats politiques devant la TRC et qui purge une peine de 212 ans de prison. Son avocat a annoncé quune demande de grâce sera déposée la semaine prochaine.
Parmi les autres demandes de grâce prévisibles, celle des assassins en 1993 du dirigeant communiste Chris Hani, Janus Waluz et Clive Derby-Lewis.
M. Mbeki na jamais caché ses critiques envers la TRC et le ministre sud-africain de la Justice, Penuell Maduna, a laissé entendre que des mesures plus larges pourraient être prises, étant donné que la TRC navait pas, selon lui, atteint ses objectifs.
Le principal but de la TRC était damener la réconciliation, mais elle y a échoué, a déclaré M. Maduna, après lannonce des mesures de grâce présidentielle. Mon impression, cest que le gouvernement est maintenant en position de remettre les choses en ordre, a-t-il ajouté.
Penuell Maduna a conseillé à lancien dirigeant militaire du temps de lapartheid et ex-leader du petit parti afrikaner Front de la liberté (FF), Constand Viljoen de faire le point avec ses combattants de base pour quils déposent une demande en ce sens.
Le parti nationaliste zoulou Inkatha (IFP), dont les affrontements avec lANC avaient fait des milliers de morts du temps de lapartheid, a indiqué quil conseillerait à des centaines de ses membres de demander la grâce présidentielle.
Une organisation de défense des prisonniers politiques afrikaners, qui milite pour la libération de quelque 80 prisonniers politiques de droite, a indiqué quelle avait lintention deffectuer la même démarche.
Toutefois le gouvernement a exclu une amnistie générale des crimes politiques. Chaque cas sera considéré sur la base du mérite, a affirmé le porte-parole du ministère de la Justice, Paul Setsetse. Enfin, le ministère de la Justice a aussi démenti avoir discuté avec des partis dopposition la question de la grâce de Clive Derby-Lewis et Janusz Walus, les assassins en 1993 du dirigeant communiste Chris Hani.
Lancien archevêque anglican sud-africain et Prix Nobel de la Paix a estimé de son côté quune amnistie générale saperait le travail effectué par la TRC.
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