N° 263
du 29/01/2003

Afrique du Sud


Nervosité au KwaZulu-Natal
après le meurtre d’un membre de la famille royale zouloue

Un membre de la famille royale zouloue a été tué dans un acte de banditisme le 20/01 dans le KwaZulu-Natal (est), suscitant la crainte d’un retour des violences politiques entre partisans du parti zoulou Inkatha et du Congrès national africain (ANC).
La famille royale a annoncé que le prince Mazwi Zulu, 37 ans, est décédé de blessures à la tête, à la suite d’une attaque contre la voiture dans laquelle il voyageait avec sa mère. Mazwi était un cousin du roi Goodwill Zwelethini, et le fils de Gideon Zulu, ministre provincial et membre influent du Parti de la Liberté Inkatha (IFP). La mère de Mazwi Zulu et le chauffeur ont été légèrement blessés.
Dans un premier temps, un porte-parole national de l’IFP, Musa Zondi, a condamné ce qu’il a qualifié “à première vue de tentative manquée d’assassinat”. Mais cette déclaration a été aussitôt fustigée par l’ANC qui l’a qualifiée d’”irresponsable”, “scandaleuse” et synonyme “d’incitation à la violence”.
Par la suite, le chef national de l’IFP, Mangosuthu Buthelezi, a tenté de calmer les esprits en déclarant que sur la base des premières informations de la police, l’attaque s’apparentait plutôt à un acte de banditisme, sans mobile politique. Un sac contenant des chèques aurait été volé de la voiture renversée.
“Je suis très inquiet de la présentation de l’incident comme un attentat contre le prince Zulu, cela peut attiser les flammes”, a encore déclaré M. Buthelezi, dans un communiqué salué par l’ANC comme un signe de “maturité politique”.

Rappel : la tension au KwaZulu-Natal est montée ces derniers mois à la suite de fortes dissensions entre l’IFP et l’ANC, hypothéquant leur co-gestion de la province. Ce pacte local conclu en 1994 et reconduit en 1999, est considéré comme largement responsable de la paix revenue dans la province, où les violences politiques des années 80-95 firent plus de 12.000 morts.


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