N° 264
du 17/02/2003

Afrique du Sud


Commission vérité
Accord entre la TRC et l’Inkatha sur un rapport final

Le rapport final de la Commission vérité et réconciliation (TRC) sur les droits de l’Homme sous l’apartheid, dont la publication avait été reportée en août 2002 à la demande du parti zoulou de la Liberté Inkatha (IFP) qui le jugeait offensant, sera rendu public avant la fin de l’année. “Trente modifications environ ont été faites, de nature cosmétique et qui n’apportent aucun changement de fond aux conclusions de la Commission”, a affirmé Richard Lyster, porte-parole de la TRC.
L’IFP à dominante zoulu, dirigé par Mangosuthu Buthelezi, aujourd’hui ministre de l’Intérieur, avait intenté une action en justice pour modifier des passages du rapport accablants pour ce parti et l’identifiant comme le principal auteur de violations de droits de l’homme au KwaZulu-Natal dans les dernières années de l’apartheid.
La Commission et l’IFP sont tombés d’accord sur des changements au texte original et sur la rédaction d’un appendice de quatre pages aux deux volumes qui constituent le rapport, mais dont la teneur n’a pas été révélée à ce stade.
Cette version revisitée doit être remise au président Thabo Mbeki vers la fin de 2003.
Les conclusions incriminant l’IFP, déjà présentes dans un premier rapport en 1998, considéraient le parti de M. Buthelezi comme le “premier acteur après l’Etat (...) responsable d’approximativement 33% des violations rapportées à la TRC”.
Cette première version évoquait une “collusion” de l’IFP avec les forces de sécurité du régime ségrégationniste et lui attribuait la mort de 3.800 personnes entre 1982 et 1994, surtout dans les violences entre l’IFP et le Congrès national africain maintenant au pouvoir en Afrique du Sud.
Le rapport de la TRC de 1998 identifiait le chef de l’IFP et ce parti comme les principaux acteurs de violences dans cette province qui avaient fait un total de plus de 12.000 morts. L’IFP avait qualifié cette version du rapport de “légalement obscène et moralement répugnante”.

Rappel : La TRC, organe unique au monde mis en place en 1996 et maintenant dissout avait, sous la présidence de l’ancien archevêque anglican et Prix Nobel de la Paix, Desmond Tutu, pour mission de faire la lumière sur les violations de droits de l’Homme sous l’apartheid entre 1960 et 1994.
Elle avait le pouvoir d’amnistier ceux qui faisaient des aveux complets et pouvaient justifier d’un mobile politique à l’époque. Mais les personnalités ou entités incriminées peuvent faire l’objet de poursuites et être astreintes à dédommager les victimes ou leurs familles.
Des versements provisoires dits “d’urgence” ont été versés à des victimes en 1998-99, pour un total de 48,3 millions de rands (4,8 millions d’euros), mais rien depuis. le gouvernement disait depuis attendre le rapport final de la TRC pour arrêter le volet final des réparations, sur la base d’un “Fonds présidentiel” créé à cette fin, et doté de 800 millions de rands.


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