|
Le rapport final de la Commission vérité et réconciliation (TRC) sur les droits de lHomme sous lapartheid, dont la publication avait été reportée en août 2002 à la demande du parti zoulou de la Liberté Inkatha (IFP) qui le jugeait offensant, sera rendu public avant la fin de lannée. Trente modifications environ ont été faites, de nature cosmétique et qui napportent aucun changement de fond aux conclusions de la Commission, a affirmé Richard Lyster, porte-parole de la TRC.
LIFP à dominante zoulu, dirigé par Mangosuthu Buthelezi, aujourdhui ministre de lIntérieur, avait intenté une action en justice pour modifier des passages du rapport accablants pour ce parti et lidentifiant comme le principal auteur de violations de droits de lhomme au KwaZulu-Natal dans les dernières années de lapartheid.
La Commission et lIFP sont tombés daccord sur des changements au texte original et sur la rédaction dun appendice de quatre pages aux deux volumes qui constituent le rapport, mais dont la teneur na pas été révélée à ce stade.
Cette version revisitée doit être remise au président Thabo Mbeki vers la fin de 2003.
Les conclusions incriminant lIFP, déjà présentes dans un premier rapport en 1998, considéraient le parti de M. Buthelezi comme le premier acteur après lEtat (...) responsable dapproximativement 33% des violations rapportées à la TRC.
Cette première version évoquait une collusion de lIFP avec les forces de sécurité du régime ségrégationniste et lui attribuait la mort de 3.800 personnes entre 1982 et 1994, surtout dans les violences entre lIFP et le Congrès national africain maintenant au pouvoir en Afrique du Sud.
Le rapport de la TRC de 1998 identifiait le chef de lIFP et ce parti comme les principaux acteurs de violences dans cette province qui avaient fait un total de plus de 12.000 morts. LIFP avait qualifié cette version du rapport de légalement obscène et moralement répugnante.
Rappel : La TRC, organe unique au monde mis en place en 1996 et maintenant dissout avait, sous la présidence de lancien archevêque anglican et Prix Nobel de la Paix, Desmond Tutu, pour mission de faire la lumière sur les violations de droits de lHomme sous lapartheid entre 1960 et 1994.
Elle avait le pouvoir damnistier ceux qui faisaient des aveux complets et pouvaient justifier dun mobile politique à lépoque. Mais les personnalités ou entités incriminées peuvent faire lobjet de poursuites et être astreintes à dédommager les victimes ou leurs familles.
Des versements provisoires dits durgence ont été versés à des victimes en 1998-99, pour un total de 48,3 millions de rands (4,8 millions deuros), mais rien depuis. le gouvernement disait depuis attendre le rapport final de la TRC pour arrêter le volet final des réparations, sur la base dun Fonds présidentiel créé à cette fin, et doté de 800 millions de rands.
|