N° 270
du 20/05/2003

Afrique du Sud


Racisme pas mort ...

Les autorités sud-africaines ont adressé le 5 mai un avertissement voilé à un Blanc extrémiste de droite, auteur en 1988 d’un massacre de Noirs mais gracié depuis, qui a affiché sans retenue son soutien pour un tueur raciste similaire, condamné à Pretoria.
Barend Strydom, Blanc extrémiste de droite, condamné à la prison à vie pour le meurtre de sept Noirs en plein Pretoria fin 1988, mais gracié en 1992 dans le cadre des tractations de la transition démocratique, a dénoncé publiquement la condamnation à la perpétuité de Jan Gabriel de Wet Kritzinger pour le meurtre de 3 Noirs en 2000 dans un bus de Pretoria.
“La peine infligée est dure, cruelle et longue”, a clamé Strydom, dans un communiqué lu hors du tribunal après la sentence. Et d’ajouter : “Chaque jour passé en prison pour De Wet ou tout autre «prisonnier de guerre Boer» est un jour de trop”.
“Il est extrêmement troublant de voir Strydom consacrer son temps à soutenir des gens qui assassinent (...). C’est immoral, insensible, irrespectueux pour les familles des victimes”, s’est indigné un porte-parole du ministère de la Justice.
Le ministère a reconnu “le droit constitutionnel de Strydom à ses interventions”, mais lui a adressé un avertissement voilé, si ses propos venaient à flirter par trop avec une “apologie de la haine raciale ou incitation à la violence”.

Strydom est proche comme Kritzinger d’une petite secte blanche d’inspiration biblique, la Congrégation du peuple de l’Alliance, qui considère les Blancs comme le peuple élu et les peuples de couleur comme des “païens”, voire “non-humains”. La police s’est intéressée l’an dernier à Strydom, perquisitionnant sa ferme dans le cadre de l’enquête sur le réseau extrémiste Boeremag auteur d’attentats.


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