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Une interjection en appel pour rouvrir le procès de Wouter Basson, le «Docteur de la mort» chargé du programme militaire chimique de lapartheid et acquitté lan dernier, a été rejetée le 3 juin par la Cour suprême, mettant un terme au dernier grand procès sur les activités occultes du régime pré-1994.
Wouter Basson avait été acquitté à la mi-avril 2002 de 46 chefs daccusation, dont meurtre et complicité de meurtre, au terme dun procès dont le juge, Willie Hartzenberg, avait refusé de se dessaisir malgré les requêtes du parquet.
Dans son arrêté, la Cour suprême a refusé de considérer un appel contre la décision du juge Hartzenberg de rester en charge du dossier, mettant ainsi un point final à la procédure contre Wouter Basson.
Laccusation avait, au cours du procès, accusé le juge-président Willie Hartzenberg, un magistrat qui officiait déjà sous le régime de lapartheid, davoir préjugé de linnocence de Wouter Basson.
Ce dernier, surnommé «Docteur la Mort» par les médias locaux, cardiologue et biochimiste, avait plaidé non coupable de toutes les charges contre lui au cours dun des plus volumineux procès de lhistoire juridique du pays, où entre 40 et 50.000 pages de documents avaient été présentées.
Plusieurs figures militaires de lapartheid avaient apporté leur soutien à Wouter Basson en cours de procès, dont le général Constand Viljoen, ancien chef détat-major reconverti après 1994 dans la politique nationaliste afrikaner, et Magnus Malan, ministre de la Défense à lépoque des faits, dans les années 80. Le Congrès national africain (ANC - au pouvoir) avait qualifié à lépoque le jugement de «complètement scandaleux».
Le procès avait permis un dernier coup de projecteur sur des pans dactivité secrète du régime dapartheid, entre espionnage chimique et laboratoire de mort. Des témoins, ex-agents des Forces spéciales, y avaient fait des récits terrifiants dopposants anesthésiés ou empoisonnés et jetés davion en pleine mer. Les faits remontant à vingt ans ou plus, la Cour ne pouvait que soupeser leur parole contre celle du docteur.
Dautres ont accusé Wouter Basson davoir fourni des poisons pour usage dans du thé, des bières, du jus dorange, ou encore un gel «asphyxiant» musculaire pour tuer des prisonniers, ennemis, ou agents devenus gênants. Un scientifique avait évoqué lordre de stocker du sang lyophilisé infecté du virus du VIH comme éventuelle arme.
Wouter Basson avait bien reconnu avoir travaillé sur des gadgets mortels pour larmée, comme des tournevis ou des parapluies empoisonnés, mais il avait dit tout ignorer des opérations auxquelles ils étaient destinés.
Lensemble de la procédure contre Wouter basson a coûté, selon des estimations, léquivalent de près de 5 millions de dollars. (afp)
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