N° 286
du 20/01/2004

Afrique du Sud

Polémique sur l’ampleur des demandes de restitution de terres
La Commission de restitution des terres a estimé le 7/01 qu’environ 20% des terres agricoles du pays font l’objet de demandes de restitution, alors qu’un syndicat de fermiers blancs avait avancé des chiffres trois fois plus élevés.
Des chiffres alarmants sont propagés par une minorité «qui croit que si la terre est donnée aux Noirs, elle sera laissée à l’abandon», a rétorqué au syndicat, Tozi Gwanya, un responsable de la Commission.
Le processus de restitution de terres saisies ou confisquées sous l’apartheid fait l’objet de polémiques récurrentes en Afrique du Sud, où la menace d’un «scénario zimbabwéen» d’occupation illégale et de saisie forcée des terres agricoles est régulièrement mise en avant par ses détracteurs.
Jack Loggenberg, un responsable du Syndicat agricole du Transvaal (TAU) (syndicat minoritaire rassemblant essentiellement des fermiers blancs), a affirmé que ce chiffre était «d’au moins 60% au niveau national». «Nous devons nous éloigner d’une réforme de la terre basée sur l’idéologie et nous intéresser aux réalités économiques», a-t-il estimé.
De son côté, Japie Grobler, président d’AgriSA, le plus important syndicat agricole sud-africain, a vivement contesté les chiffres du TAU. «Les chiffres du TAU démontrent simplement qu’ils essayent de marquer des points en utilisant des arguments démagogiques», a-t-il déclaré.
M. Grobler a estimé que le processus d’enregistrement des demandes de restitution devrait être achevé d’ici 2005 et les restitutions elles-mêmes d’ici 2015.
Fin novembre, le gouvernement a annoncé qu’environ 700.000 personnes avaient reçu quelque 3 millions d’hectares de terres depuis la mise en place du programme de redistribution en 1994.

Sommaire AFRIQUE DU SUD
Nouveau site