N° 287
du 03/02/2004

Afrique du Sud

Le procureur national lavé des accusations d’espionnage sous l’apartheid
Le procureur national sud-africain, Bulelani Ngcuka, a été lavé le 20 janvier par une commission d’enquête des accusations d’espionnage pour le compte du régime d’apartheid qu’avaient portées contre lui des personnalités de l’ANC.
Le juge Joos Hefer, qui a mené fin 2003 plusieurs semaines d’auditions publiques de politiciens et d’ex-officiers de renseignements, a conclu que Ngcuka n’avait «probablement jamais, à aucun moment avant 1994, été un opérateur d’une agence de sécurité d’Etat» du régime d’apartheid.
Explication de texte …

Mo Shaïk, un officiel des Affaires étrangères, qui en 88-90 était chef des renseignements de l’ANC à l’intérieur de l’Afrique du Sud, et Mac Maharaj, un poids lourd de la lutte devenu ministre ANC, avaient publiquement accusé Ngcuka, un avocat anti-apartheid, d’avoir été en fait un agent double.
Ces accusations venant de deux proches du vice-président Jacob Zuma intervenaient peu après que le procureur eut lancé une spectaculaire attaque publique contre Zuma, objet d’une enquête de ses services pour corruption.
Ngcuka avait déclaré, en substance, que Zuma était probablement coupable de corruption, mais que des poursuites ne seraient pas engagées, faute de chances d’aboutir en justice.
Le duel Zuma-Ngcuka et la saga de la commission d’enquête ont été liés, par maints commentateurs politiques, à des luttes de pouvoir entre factions ou poids lourds au sein de l’ANC, en vue de se positionner pour des échéances futures, post-élections générales.
Le juge Hefer a exonéré Ngcuka, mais a en revanche durement égratigné Jacob Zuma pour avoir affirmé, dans un courrier, qu’il n’obéirait pas à une assignation à comparaître devant la commission si Hefer lui adressait une telle injonction. Zuma n’a finalement pas été assigné.
«Il serait triste un jour de voir (...) un des plus hauts dirigeants du pays ignorer une assignation délivrée par une commission mandatée par le président, aux termes des pouvoirs que lui confère la Constitution», a commenté Hefer
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