Le procureur national sud-africain,
Bulelani Ngcuka, a été lavé
le 20 janvier par une commission d’enquête des accusations d’espionnage
pour le compte du régime d’apartheid qu’avaient portées
contre lui des personnalités de l’ANC.
Le juge Joos Hefer, qui a mené fin 2003 plusieurs
semaines d’auditions publiques de politiciens et d’ex-officiers
de renseignements, a conclu que Ngcuka n’avait «probablement
jamais, à aucun moment avant 1994, été un opérateur
d’une agence de sécurité d’Etat» du régime
d’apartheid.
Explication de texte …
Mo Shaïk, un officiel des Affaires étrangères,
qui en 88-90 était chef des renseignements de l’ANC à
l’intérieur de l’Afrique du Sud, et Mac Maharaj,
un poids lourd de la lutte devenu ministre ANC, avaient publiquement
accusé Ngcuka, un avocat anti-apartheid, d’avoir été
en fait un agent double.
Ces accusations venant de deux proches du vice-président Jacob
Zuma intervenaient peu après que le procureur eut lancé
une spectaculaire attaque publique contre Zuma, objet d’une enquête
de ses services pour corruption.
Ngcuka avait déclaré, en substance, que Zuma était
probablement coupable de corruption, mais que des poursuites ne seraient
pas engagées, faute de chances d’aboutir en justice.
Le duel Zuma-Ngcuka et la saga de la commission d’enquête
ont été liés, par maints commentateurs politiques,
à des luttes de pouvoir entre factions ou poids lourds au sein
de l’ANC, en vue de se positionner pour des échéances
futures, post-élections générales.
Le juge Hefer a exonéré Ngcuka, mais a en revanche durement
égratigné Jacob Zuma pour avoir affirmé, dans un
courrier, qu’il n’obéirait pas à une assignation
à comparaître devant la commission si Hefer lui adressait
une telle injonction. Zuma n’a finalement pas été
assigné.
«Il serait triste un jour de voir (...) un des plus hauts dirigeants
du pays ignorer une assignation délivrée par une commission
mandatée par le président, aux termes des pouvoirs que
lui confère la Constitution», a commenté Hefer.
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