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| Ex-policier de l’apartheid,
Gideon Nieuwoudt, a été arrêté le 11
février pour le meurtre de trois militants anti-apartheid en 1985,
preuve que l’Etat est déterminé à poursuivre
son action contre les bourreaux d’hier même après l’arrêt
du processus de la Commission vérité et Réconciliation
(TRC). Gideon Nieuwoudt, un nom apparu à maintes reprises en audiences de la TRC sur des atrocités commises par la police spéciale de l’apartheid, a été arrêté à Port Elizabeth, inculpé et remis en liberté sous caution. Avec trois autres ex-policiers, Herman Du Plessis, Johannes Van Zyl et Gerhardus Lotz, M. Nieuwoudt n’avait pas été amnistié par la TRC en 1999 pour les meurtres de Qaquwili Godolozi, Champion Galela et Sipho Hashe, trois militants anti-apartheid de la région de Port Elizabeth. Les trois militants noirs avaient été enlevés en mai 1985, conduits dans une ferme isolée utilisée comme base par la Police de sécurité, branche spéciale des forces de l’ordre, et exécutés. Leurs corps avaient ensuite été brûlés et les restes jetés dans un fleuve. Les victimes, connues depuis comme les «Trois de Pebco», du nom de leur organisation de lutte pour les droits civiques, étaient devenus un symbole de ces «opérations coup de poing» des forces de l’apartheid pour éliminer, par groupes, des militants anti-apartheid influents. Gideon Nieuwoudt avait aussi été lié à l’assassinat à la bombe de quatre policiers en 1989 à Motherwell, un cas pour lequel il n’obtint pas non plus l’amnistie de la TRC, et pour lequel il attend son procès. Un mandat d’arrêt a été lancé contre Johannes van Zyl, qui est en ce moment à l’étranger. L’arrestation de M. Nieuwoudt, tristement célèbre aussi pour avoir été présent à l’interrogatoire et la torture du leader de la Conscience Noire, Steve Biko, en 1977, est un signal fort de l’intention des autorités de continuer leurs poursuites d’auteurs d’atrocités sous l’apartheid, à la suite du travail de la TRC. La TRC avait un pouvoir d’amnistie des auteurs de crime, à condition qu’ils fassent des aveux complets et puissent invoquer un mobile politique à l’époque. Elle a reçu plus de 7.000 demandes d’amnistie, et n’en a accordé que 1.500 environ. Elle a laissé la porte ouverte à la poursuite d’auteurs de crimes sous l’apartheid et le président Thabo Mbeki a laissé en 2003 aux services du procureur national le soin de décider de poursuivre les cas «qui méritent d’être ou qui peuvent être poursuivis». Mais l’Etat, comme l’a rappelé récemment le ministre de la Justice, est d’avis que des poursuites en masse des criminels ou responsables seront peu probables, car coûteuses et difficiles, en raison des faibles chances d’obtenir des preuves devant un tribunal, donc des condamnations. Ce dilemme avait été cruellement mis en relief par le coûteux procès pour meurtres de Wouter Basson, l’ex-cerveau du programme militaro-chimique de l’apartheid, acquitté en 2002 au terme de 30 mois de procès. |
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