N° 291
du 06/04/2004

Afrique du Sud

Elections générales
Dernier grand meeting de l’ANC
La fête et la certitude de gagner
Chants, danses et confiance dans la victoire annoncée ont marqué le 4 dimanche avril à Soweto, près de Johannesburg, le dernier grand meeting du président sud-africain Thabo Mbeki avant les élections générales du 14 avril, auquel ont assisté quelque 85.000 personnes.
L’ancien président Nelson Mandela, le vice-président Jacob Zuma et la majorité des dirigeants du Congrès national africain (ANC, au pouvoir depuis 1994) sont venus soutenir Thabo Mbeki dans l’immense stade du township de Soweto, haut lieu de la lutte anti-apartheid. Mais aussi des dizaines de milliers de militants anonymes arborant visières, drapeaux, maillots aux couleurs noire, jaune et verte de l’ANC sur lesquels on peut lire en résumé le programme du parti: «un contrat populaire pour la création d’emploi et la lutte contre la pauvreté».
Ceux qui n’ont pas pu entrer dans le stade de 80.000 places, suivent festivités et discours sur des écrans géants installés à l’extérieur.
Comme toujours, l’arrivée de Nelson Mandela a été marquée par une immense clameur. Le vieil homme de 85 ans, lui aussi vêtu d’un polo ANC, a semblé en pleine forme, dansant, en dépit de la chaleur, au son rythmé de différents groupes et disques qui «chauffent» l’assistance. Même clameur lorsque d’une voix puissante, le vice-président Zuma a entonné un chant de lutte de l’ANC, repris avec ferveur par le stade.
Dans un discours entrecoupé des cris «Amandla’ (pouvoir au peuple) et «Viva ANC», le chef de l’Etat a martelé que l’ANC est «le parti du peuple», des «Noirs, Blancs, hommes, femmes, hommes d’affaires, universitaires, gens sans formation».
Rappelant qu’il a fait beaucoup de porte-à-porte à travers tout le pays pendant sa campagne électorale, M. Mbeki a affirmé l’avoir fait «pour écouter les gens». «Les gens nous ont dit qu’ils voulaient des maisons, de l’eau, des cliniques et ils nous l’ont dit car ils nous font confiance et savent que l’ANC écoute. Ce que lui disent les gens, l’ANC le fait et quand cela ne peut pas être fait, nous disons que nous ne pouvons pas le faire», a-t-il ajouté.
Il a raillé l’opposition «déjà vaincue» dont le seul programme est de s’opposer à l’ANC. «Nous, nous vous disons votez pour nous pour que nous gouvernions afin de vous rendre la vie meilleure», a-t-il lancé.
Le programme de l’ANC, donné très largement vainqueur le 14 avril face à une opposition divisée, est centré sur la lutte contre la pauvreté qui, dix ans après la fin de l’apartheid, reste un fléau en Afrique du sud où le taux de chômage, qui touche essentiellement la majorité noire, atteint 30%.
Le chef de l’Etat a également exprimé sa volonté de faire plus dans le secteur de la santé, lutte contre le sida - l’Afrique du sud est l’un des pays les plus touchés au monde - et autres maladies mortelles comme la tuberculose ou la malaria, mais aussi contre la malnutrition.
Il a tenu à rappeler qu’après «dix ans de liberté», son pays avait la chance de vivre «en paix», alors qu’en «Irak, en Côte d’Ivoire, en Palestine et en Israël, des gens meurent».
L’ex-président Mandela a apporté son soutien total à celui qui lui a succédé en 1999. «Aucun président ne peut dire qu’il a fait plus pour le peuple que le président de ce pays», a-t-il dit.
Il a appelé les Sud-Africains à voter le 14 avril «avec la même passion et le même enthousiasme qu’en 1994» lors des premières élections démocratiques d’Afrique du sud, en «reconnaissance» pour tous ceux qui sont morts dans la lutte contre l’apartheid.
Si comme prévu l’ANC l’emporte à ces élections générales - législatives et provinciales - Thabo Mbeki sera réélu pour cinq ans à la tête de l’Etat par le Parlement le 23 avril, avant d’être intronisé en grande pompe le 27, date anniversaire des élections de 1994.

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