Thabo Mbeki, 56 ans, président de l'ANC,
futur chef de l'Etat
(sa
biographie)
Président du Congrès
national africain (ANC) depuis décembre 1997, successeur
prévisible de Nelson Mandela, Thabo Mbeki exerce
déjà la réalité du pouvoir Afrique du Sud
depuis des mois.
Mbeki a tenté de gommer la réputation d'homme
d'appareil qui lui colle à la peau. Reconnu pour ses
capacités intellectuelles et sa force de travail, mais
manquant de charisme, il a cherché à donner dans la
campagne l'image un homme politique proche des préoccupations
du peuple. Mbeki doit, dans le même temps, convaincre le monde
des affaires et les investisseurs étrangers que l'Afrique du
Sud va poursuivre dans la voie d'une politique économique
libérale. Il s'est fixé pour tâche de maintenir
à tout prix l'unité de l'ANC et d'accroître son
rôle dans le fonctionnement de l'Etat, au nom d'une plus grande
efficacité.
Winnie Madikizela-Mandela, 64 ans,
président de la Ligue des Femmes de l'ANC
Neuvième sur la liste nationale de
l'ANC, l'ex-épouse de Mandela a démontré une
nouvelle fois sa capacité à rebondir sur la
scène politique. Chassée du gouvernement par son
ex-mari en avril 1995, marginalisée par l'ANC après les
auditions de la Commission Vérité et
Réconciliation (TRC) qui l'ont impliquée dans des
affaires de meurtres, de kidnapping et de violences dans les
années 80, Winnie est en position de revenir au gouvernement.
Au moment où Nelson Mandela va quitter la scène
politique, Thabo Mbeki a redonné vie à sa
carrière politique en soulignant qu'elle avait
été "injustement crucifiée pour des actes se
situant dans l'atmosphère politique d'une époque". De
son côté, l'enfant terrible du parti ne cesse de
répéter que l'Afrique du Sud sera mieux
gouvernée après le 2 juin que sous Nelson Mandela.
Mangosuthu Buthelezi, 70 ans, chef du parti zoulou Inkatha (IFP)
Autrefois ennemi juré de l'ANC, Mangosuthu Buthelezi, ministre des Affaires intérieurs, s'est aujourd'hui rapproché du parti au pouvoir. L'IFP est entré dans le gouvernement de coalition en 1994. Sa participation au sein du prochain gouvernement a fait l'objet d'âpres négociations, alors que son audience s'est peu à peu rétrécie à son bastion, la région du KwaZulu-Natal, gagnée d'une courte majorité en 1994. Les sondages lui accordent moins de 4% des intentions de vote au niveau national, tandis que sa domination sur le KwaZulu-Natal semble menacée par l'ANC. Bien que la rumeur ait été démentie par lui-même et Thabo Mbeki, beaucoup donnent Buthelezi comme futur vice-président de l'Afrique du Sud dans le prochain cabinet.
Marthinus van Schalkwyck, 39 ans, dirigeant du
Nouveau Parti national (NNP)
Depuis qu'il a succédé
à l'ancien président Frederik de Klerk à la
tête du parti au pouvoir sous l'apartheid, Van Schalkwyck tente
de se forger une crédibilité au sein de
l'électorat traditionnel du NP, les Afrikaners et les
Métis. Surnommé "culottes courtes" par ses
détracteurs ou, pire, ignoré par ses opposants
politiques, Van Schalkwyck a néanmoins entrepris une campagne
active contre l'ANC, incapable selon lui de lutter contre le crime la
corruption et le chômage.
Tony Leon, 42 ans, leader du Parti
démocratique (DP)
Libéral de combat, orateur incisif,
Tony Leon, s'est fixé pour tache de faire du Parti
démocratique (DP) le premier parti d'opposition à l'ANC
et enlever ce titre au Parti national (NNP). Cette tache aurait pu
sembler impossible à atteindre quand ce jeune avocat avait
pris les rênes d'un DP qui semblait moribond en 1994, alors que
les libéraux avaient obtenu 1,7% des voix. Mais
élection locale après élection locale, sondage
après sondage, le paysage politique de l'opposition en Afrique
du Sud s'est modifié au détriment du NP et au profit du
DP, en particulier au sein de l'électorat blanc. Cette
tendance à la hausse du DP est le fruit d'une opposition sans
concession à l'ANC systématiquement accusée de
corruption, d'incompétence et d'une nouvelle forme de racisme
avec la politique d' "affirmative action".
Bantu Holomisa, 43 ans, président du
Mouvement démocratique uni (UDM)
Ancien militaire de carrière - il a
le grade de général - Bantu Holomisa est le
président du principal nouveau né de la politique
sud-africaine, l'UDM. Il a créé ce mouvement en
septembre 1997 avec Roelf Meyer, ancien ministre du NP, l'un des
principaux négociateurs de la transition démocratique.
Bantu Holomisa est un banni de l'ANC dont il avait pourtant
été l'un des dirigeants les plus populaires : au
congrès de 1994, c'est lui qui avait obtenu le plus grand
nombre de voix à l'élection au comité
exécutif.
Vice-ministre du gouvernement Mandela, il
fut exclu de l'ANC et du gouvernement en 1996 après avoir
dénoncé un de ses collègues du gouvernement pour
corruption. L'objectif de l'UDM est d'affronter l'ANC sur son propre
terrain, dans ses bastions politiques à majorité noire.
Bantu Holomisa s'est ainsi attaqué à la région
symbolique du Transkei (sud), la région natale de Mandela, et
dont il est lui même originaire.