L'Afrique du Sud n'en finit plus de donner des "leçons" aux
autres pays africains englués dans leurs traditions. Depuis le
3 février 1997, une nouvelle loi sur l'avortement est
entrée en vigueur.
Cette nouvelle loi sur l'avortement qui a
déchaîné passions et colères avant
d'être finalement votée, fin octobre, grâce
à l'appui de l'ANC et de Nelson Mandela, est loin, pour le
moment, de justifier les pires craintes de ses adversaires. La
nouvelle loi, très libérale, autorise toutes les femmes
y compris les mineures, à avoir recours à l'I.V.G.
jusqu'à la 12 ème semaine de grossesse. De la 13
ème à la 20 ème semaine, une intervention peut
être décidée sur avis médical en cas de
viol, d'inceste, de risque vital pour la mère ou de
malformation du f¦tus.
L'Eglise catholique, l'Eglise réformée
néerlandaise et différents groupes musulmans ont
organisé de virulentes manifestations assimilant l'avortement
à un meurtre. Le Parti National (NP, conservateur) de Frederik
de Klerk (le dernier président du régime de
l'apartheid) s'est également constamment opposé
à la libéralisation de l'avortement,
préférant s'en tenir aux lois restrictives qu'il avait
lui-même mises en place sous l'apartheid. On croit rêver
þ
La précédente législation, en vigueur
depuis 1975, n'autorisait les avortements qu'après de
multiples avis médicaux, et seulement en cas de viol ou de
malformation f¦tale.
Le Parti National a estimé que l'entrée en
vigueur de la nouvelle législation marquait une
"journée noire" au plan de la moralité pour l'Afrique
du sud.
En revanche, pour les partisans de la légalisation,
le 3 février a marqué peut-être la fin du
"carnage des arrière-cours" et le début de "soins
décents accessibles à tous".
De fait, jusqu'à présent, les services médicaux recensaient chaque année au moins 13.000 hospitalisations et 425 décès liés à ces pratiques, car environ 250.000 femmes, en majorité des Noires, recouraient à des interventions illégales dites "d'arrière-cour". Seul un millier d'avortements par an étaient légaux.
En pratique, il faudra que les services de santé aient suffisamment de médecins pour satisfaire la demande des plus démunis. Avant cette loi, seule la classe aisée pouvait s'offrir les services des cliniques privées qui, "discrètement", réglaient l'affaire sans problème, moyennant 1.500 rands (350 dollars) ou plus. Il est bien évident que sous le régime d'apartheid, la police ne pouvait pas avoir d'yeux, à la fois pour les "terroristes" de l'ANC et pour les avorteurs. Is'nt it M. de Klerk ?