N° 245
du 28/02/2002

Angola


Savimbi en dates

3 août 1934 : naissance de Jonas Malheiro Savimbi à Munhango, dans la province de Bié (centre), fils de Loth Malheiro Savimbi, chef de gare et pasteur, et de Helena Mbundu Sakatu.
1955 : études secondaires au Collège des frères Maristes de Silva Porto-Bié, sous la protection du Frère Cordeiro.
18 mai 1958 : Savimbi s'envole pour le Portugal. Etudes secondaires au Lycée Passos Manuel de Lisbonne, suivies par deux années d'étude en médecine, un cursus qui restera inachevé.
octobre 1959 : Savimbi se frotte à la politique à Lisbonne au sein du Mouvement pour l'indépendance des colonies portugaises, où il côtoie Agostinho Neto, fondateur du MPLA (Mouvement populaire pour la Libération de l'Angola).
février 1960 : départ pour la Suisse où il s'inscrit à l'institut des Sciences Sociales de la Faculté de Droit de Lausanne.
décembre 1960 : séjour à Kampala en Ouganda pour suivre une rencontre internationale d'étudiants progressistes, au cours de laquelle il y fait une rencontre décisive : celle de Tom M'Boya, ministre de l'Economie du Kenya et conseiller du président Jomo Kenyata, qui le pousse à adhérer à l'Union des Peuples de l'Angola (UPA), dirigée par Holden Roberto.
1961/1962 : Savimbi est secrétaire Général de l'UPA. Le Parti Démocratique Angolais (PDA) fusionne avec l'UPA, pour former le Front National de Libération de l'Angola (FNLA), parti qui aujourd'hui encore est dirigé par Holden Roberto.
Création et proclamation du Gouvernement de la République d'Angola en Exil (GRAE) dont Savimbi est ministre des Affaires étrangères. Commencent alors ses nombreux contacts avec tout ce que l'Afrique compte de progressistes : de Sekou Touré (président de la Guinée) à Nasser (président égyptien) en passant par Kwame N'Krumah (président du Ghana).
15 Juillet 1964: sommet de l'OUA du Caire. Savimbi quitte le FNLA et cherche des appuis en Algérie, en Allemagne de l'Est, en Hongrie, en Tchécoslovaquie et en Union Soviétique. Echec complet, l'axe Moscou/Luanda passe déjà par le MPLA.
1965 : Savimbi se tourne alors vers la Chine Populaire, qui le forme, en compagnie d'autres Angolais aux techniques de la guérilla.
13 mars 1966 : retour clandestin en Angola.
Congrès fondateur de l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola (UNITA) à Muangai, dans l'Est du pays.
Savimbi est élu président de l'UNITA, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort.
25 décembre 1966: les Forces armées de l'UNITA attaquent la ville de Teixera de Souza. C'est le début de la lutte armée de l'UNITA contre le pouvoir central.
juillet 1967 : exil au Caire.
28 juillet 1968 : retour en Angola, pour ouvrir un maquis dirigé contre les forces du pays colonisateur, le Portugal.
14 juillet 1974 : signature d'un cessez-le feu à Cangombe, dans l'est de l'Angola, avec des représentants des nouveaux dirigeants portugais qui ont mis fin à la dictature de Salazar, lors de la "révolution des Oeillets".
3 janvier 1975 : conférence de Mombassa au Kenya où se retrouvent les trois dirigeants nationalistes angolais, Savimbi, Agostinho Neto et Holden Roberto. l'ordre du jour ? La gestion de l'Angola indépendant.
15 janvier 1975 : signature de l'accord d'Alvor par lequel l'Angola accède officiellement à l'indépendance. Un gouvernement de transition est formé dans lequel l'UNITA est représentée par 3 ministres et 3 secrétaires d'Etat.
16 juin 1975 : premiers affrontements à Luanda entre partisans de l'UNITA et du MPLA.
septembre 1975 : l'Afrique du Sud de l'apartheid s'engage aux côtés de l'UNITA.
8 février 1976 : Jonas Savimbi et des milliers de partisans abandonnent Huambo où ils s'étaient installés et prennent de nouveau le maquis, contre le nouveau régime angolais dirigé par le MPLA. Début d'une " longue marche " de 2.000 kilomètres entre Gago Coutinho et Kwando Cubango qui durera sept mois.
20 septembre 1979 : José Eduardo dos Santos devient président après le décès de Agostinho Neto.
décembre 1979 : création à l'extrême sud du pays de Jamba, qui devient le siège politique et militaire de l'UNITA.
décembre 1981 : premier voyage aux Etats Unis de Savimbi qui reçoit l'appui de Washington.
1986 : Savimbi est fait "Combattant de la liberté" par le président américain Ronald Reagan, à la Maison Blanche.
22 juin 1989 : première rencontre avec le président Eduardo Dos Santos, lors du sommet de Gbadolite, au Zaïre, sous l'égide de Mobutu.
31 mai 1991 : Savimbi et Dos Santos signent les accords de paix de Bicesse au Portugal, en présence du secrétaire général de l'ONU, Xavier Peres de Cuellar, de Yoweri Museveni, président en exercice de l'OUA, du secrétaire d'Etat américain, James Baker, du ministre russe des Relations Extérieures, Edouard Chevarnadze et de Mario Soares, le président portugais.
29 septembre 1991 : Premier retour sous haute protection de Savimbi à Luanda, en vue de la campagne électorale pour l'élection présidentielle.
29 et 30 septembre 1992 : devancé par Dos Santos dès le premier tour de la présidentielle, Savimbi dénonce la fraude mais reconnaît la victoire du MPLA aux législatives quelques semaines plus tard. Le deuxième tour de la présidentielle n'a jamais pu être organisé.
3 octobre 1992 : Savimbi fuit Luanda pour se réfugier à Huambo, son fief du centre du pays, arguant de menaces contre sa vie.
31 octobre 1992 : début du massacre à Luanda des sympathisants de l'UNITA, restés dans la capitale.
Parmi les victimes, le vice président de l'UNITA, Jeremias Chitunda, le secrétaire général, Adolosi Mango Alicerces, le représentant de l'UNITA à la Commission conjointe politico militaire, Elias Salupeto Pena. Le gouvernement de Luanda argue de mesures préventives pour justifier ces faits, affirmant que l'UNITA avait infiltré la capitale à l'occasion des élections et s'apprêtait à prendre le pouvoir par la force. De fait, l'arsenal de guerre dont disposait les forces de l'UNITA à Luanda était impressionnant, pour une simple "campagne électorale".
6 mai 1995 : sommet de Lusaka en Zambie, entre Jose Eduardo dos Santos et Jonas Savimbi après la signature des accords de Lusaka signés sous l'égide des Nations Unies. Les accords de Lusaka prévoyaient un "statut spécial " pour Savimbi.
18 mai 1995 : Savimbi déclare accepter le résultat des élections de septembre 1992.
16 septembre 1995 : Savimbi participe à la conférence de Bruxelles sur l'Angola.
juin 1995 : le MPLA, majoritaire à l'Assemblée, vote une réforme de la Constitution pour créer deux postes de vice-présidents de la République. L'un d'entre eux est proposé à Jonas Savimbi, qui le refuse.
2 septembre 1998 : des anciens proches de Jonas Savimbi décident de faire scission sous le nom de Comité de rénovation. Le gouvernement rompt tout dialogue avec l'UNITA de Savimbi, en reconnaissant les dissidents comme seuls interlocuteurs.
27 octobre 1998 : le Parlement annule le "statut spécial" accordé en 1997 à Savimbi en tant que chef du principal parti d'opposition.
novembre 1998 : l'armée gouvernementale lance officiellement une offensive générale contre l'UNITA.
24 juillet 1999 : un mandat d'arrêt est lancé contre Jonas Savimbi pour "crimes de rébellion armée, sabotage et tuerie".
septembre 1999 : l'offensive de l'armée gouvernementale fait perdre à Savimbi ses fiefs d'Andulo, Bailundo, Mungo et Nhareya, puis son ancien quartier général à Jamba.
30 novembre 2000 : Le Parlement angolais vote une loi d'amnistie générale qui s'applique aux rebelles de l'UNITA et à leur chef.
L'UNITA rejette la loi d'amnistie et maintient son exigence de négociations directes avec Luanda.
10 août 2001 : une attaque contre un train de voyageurs dans la province de Cuanza Sul, revendiquée par l'UNITA, fait 259 morts et 412 disparus.
24 septembre 2001 : Le président américain George W. Bush proroge d'un an les sanctions contre l'UNITA, estimant que ce mouvement représente toujours une menace pour la paix.
18 février 2002 : l'armée gouvernementale annonce qu'elle s'est emparée de bases de la rébellion, capture sept de ses officiers et tue 8 maquisards dans la province de Moxico où Jonas Savimbi s'est réfugié
22 février 2002 : Jonas Malheiro Savimbi est tué les armes à la main, dans la province de Moxico.


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