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Tadjidine ben Saïd
Massounde, président par intérim de la
République fédérale Islamique des
Comores, est un technocrate discret et l'un des rares grands
commis de l'Etat à avoir fait carrière de la
période coloniale à l'époque
actuelle.
Ce bureaucrate, aux commandes du pays depuis la mort, du
président Mohamed Taki Abdoulkarim, a
traversé les turbulences de la vie politique
comorienne.
Malgré une carrière à l'ombre du
pouvoir, le nouveau président par intérim est
politiquement peu marqué.
Tadjidine, qui aura 65 ans dans un mois, est né
à Domoni sur l'ile d'Anjouan, aujourd'hui
sécessionniste. Il a fait ses études
secondaires à Madagascar, avant d'être admis
à l'école des services extérieurs du
Trésor français à Paris, d'où il
sortira avec le titre d'inspecteur du Trésor.
Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah Abderemane, son
beau-frère, proclame unilatéralement
l'indépendance des Comores. Moins d'un mois plus
tard, il est renversé par Ali Soilih, qui
confie à Tadjinine le ministère des Finances
et du Commerce.
Le 13 mai 1978, Ahmed Abdallah renverse à son
tour Ali Soilih. Tadjidine est nommé premier
fondé de pouvoir au Trésor Public, puis
directeur des Finances. Il devient Trésorier payeur
général en 1988, poste qu'il occupera jusqu'en
mars 1990.
Après l'assassinat du président Abdallah,
le 26 novembre 1988, Tadjidine est un moment pressenti par
son parti, Ludzima, pour briguer la présidence de la
République, mais c'est finalement Saïd
Mohamed Djohar qui est retenu comme candidat.
Elu président, Djohar confie à Tadjidine
le portefeuille des Finances et du Budget avant de le nommer
délégué à la Présidence
chargé des questions financières.
Homme de petite taille, au physique frêle,
Tadjidine est aux antipodes du leader charismatique.
On le dit posé mais parfois trop prudent.
Ces traits de caractère peuvent expliquer en
partie le choix du président Taki d'en faire son
Premier ministre, en mars 1996. L'homme ne risquait pas de
lui faire de l'ombre.
Taki le désignera ensuite comme deuxième
personnalité de l'Etat en le nommant président
de Haut Conseil de la République.
Il a vainement tenté de refuser ses nouvelles
fonctions de chef de l'Etat par intérim, invoquant
des raisons de santé et un désir de passer une
retraite paisible.
Mais ses premières déclarations semblent
indiquer qu'il n'est pas pressé de laisser le pouvoir
: s'exprimant devant l'Assemblée nationale, il est
resté très évasif sur l'organisation de
l'élection du futur président de la
République, se contentant de dire que "des
échéances beaucoup plus importantes"
l'attendaient.
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