N° 177
du 12/11/1998

Comores


Tadjidine Ben Said Massounde,
un technocrate discret

Tadjidine ben Saïd Massounde, président par intérim de la République fédérale Islamique des Comores, est un technocrate discret et l'un des rares grands commis de l'Etat à avoir fait carrière de la période coloniale à l'époque actuelle.
Ce bureaucrate, aux commandes du pays depuis la mort, du président Mohamed Taki Abdoulkarim, a traversé les turbulences de la vie politique comorienne.
Malgré une carrière à l'ombre du pouvoir, le nouveau président par intérim est politiquement peu marqué.
Tadjidine, qui aura 65 ans dans un mois, est né à Domoni sur l'ile d'Anjouan, aujourd'hui sécessionniste. Il a fait ses études secondaires à Madagascar, avant d'être admis à l'école des services extérieurs du Trésor français à Paris, d'où il sortira avec le titre d'inspecteur du Trésor.
Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah Abderemane, son beau-frère, proclame unilatéralement l'indépendance des Comores. Moins d'un mois plus tard, il est renversé par Ali Soilih, qui confie à Tadjinine le ministère des Finances et du Commerce.
Le 13 mai 1978, Ahmed Abdallah renverse à son tour Ali Soilih. Tadjidine est nommé premier fondé de pouvoir au Trésor Public, puis directeur des Finances. Il devient Trésorier payeur général en 1988, poste qu'il occupera jusqu'en mars 1990.
Après l'assassinat du président Abdallah, le 26 novembre 1988, Tadjidine est un moment pressenti par son parti, Ludzima, pour briguer la présidence de la République, mais c'est finalement Saïd Mohamed Djohar qui est retenu comme candidat.
Elu président, Djohar confie à Tadjidine le portefeuille des Finances et du Budget avant de le nommer délégué à la Présidence chargé des questions financières.
Homme de petite taille, au physique frêle, Tadjidine est aux antipodes du leader charismatique.
On le dit posé mais parfois trop prudent.
Ces traits de caractère peuvent expliquer en partie le choix du président Taki d'en faire son Premier ministre, en mars 1996. L'homme ne risquait pas de lui faire de l'ombre.
Taki le désignera ensuite comme deuxième personnalité de l'Etat en le nommant président de Haut Conseil de la République.
Il a vainement tenté de refuser ses nouvelles fonctions de chef de l'Etat par intérim, invoquant des raisons de santé et un désir de passer une retraite paisible.
Mais ses premières déclarations semblent indiquer qu'il n'est pas pressé de laisser le pouvoir : s'exprimant devant l'Assemblée nationale, il est resté très évasif sur l'organisation de l'élection du futur président de la République, se contentant de dire que "des échéances beaucoup plus importantes" l'attendaient.


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