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Ahamada Madi
"Boléro", homme de confiance du chef de la junte
militaire, le colonel Azali Assoumani, plus
jeune chef du gouvernement depuis l'indépendance, est
parvenu au sommet du pouvoir à la faveur du coup
d'Etat du 30 avril 1999.
Directeur de cabinet du colonel Azali depuis mai 1999,
quelques jours après le putsch sans effusion de sang
qui a conduit ce dernier au pouvoir, "Boléro" a
remplacé Bianrifi Tarmidi à la
tête du gouvernement.
A 35 ans, Ahamada Madi "Boléro" est le plus jeune
Premier ministre depuis que les Comores ont pris leur
indépendance de la France en 1975. Mais ses proches
et ses ennemis le qualifient volontiers d'ambitieux qui veut
accaparer le pouvoir.
"Il n'a pas que des amis", estimait l'hebdomadaire
gouvernemental Al-Watwan du 1er décembre. Sa
nomination a provoqué des réactions de
réprobation, y compris dans les rangs des partisans
du pouvoir, civils comme militaires.
"L'homme de confiance aux commandes", titrait Al-Watwan,
assurant que "l'homme peut se targuer aujourd'hui d'avoir
réussi tout seul (...), de n'avoir de comptes
à rendre qu'au chef de l'Etat", le colonel Azali. et
d'ajouter : "Partout, c'est la part du lion qu'il veut
envers et contre tout", Al-Watwan le décrivant comme
ambitieux et hégémonique.
L'homme, de petite taille, ne souffre pas la contradiction.
Il est né sur l'île de Mohéli, l'une des
trois qui composaient la République
Fédérale Islamique des Comores avant
qu'Anjouan ne déclare unilatéralement son
indépendance en juillet 1997.
Il est titulaire d'un diplôme de Droit public
international obtenu en 1992 à l'université
d'Etat de Kiev.
De retour aux Comores, il est nommé conseiller du
président de l'Assemblée
fédérale de l'époque, Mohamed Said
Abdallah Mchangama, avec qui il créé le
Parti républicain des Comores (PRC), dont il
occupe le poste de secrétaire général
jusqu'au coup d'Etat du colonel Azali, auprès duquel
il s'est affiché dès le lendemain. Le PRC est
aujourd'hui dans l'opposition.
Il passe pour être l'inspirateur et le concepteur de
l'accord de réconciliation de Fomboni (sur
Mohéli) entre Moroni et Anjouan, le 26 août
dernier, qui crée un Nouvel Ensemble Comorien. A ce
titre, ses détracteurs l'accusent de vouloir brader
la souveraineté nationale et
l'intégrité territoriale.
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