N° 251
du 18/06/2002

Comores


Abdou Soulé Elbak, le président de la Grande Comore

Abdou Soulé Elbak, vainqueur de la présidentielle de l’île de la Grande-Comore, aime à se présenter comme “fils de paysan”, pour rappeler ses origines modestes.
Né en 1954 à Moroni, il est allé terminer ses études secondaires en Arabie saoudite, où il a obtenu en 1981 l’équivalent arabe du baccalauréat, suivi d’une maîtrise d’anglais au King Abdul’Aziz University, l’Université islamique de Médine.
“C’est peut-être à cause de mon séjour en Arabie saoudite qu’on me colle l’étiquette d’islamiste”, dit-il aujourd’hui.
Peut-être aussi parce que l’organisation du pèlerinage à La Mecque tient une place importante dans l’activité de cet agent de voyages. Comme d’ailleurs, dans celle de tous ses confrères.
Peut-être encore en raison de son passage dans les rangs du Front National pour la Justice (FNJ), le parti islamiste comorien, qui l’a soutenu activement pendant sa campagne présidentielle.
“Ce parti ne correspondait pas à mon engagement politique”, affirme-t-il maintenant. Il a choisi ensuite le Parti comorien pour le développement et le progrès (PCDP, opposition), avec lequel il a été élu député en 1992, laissant de son passage de six mois à l’Assemblée fédérale l’image d’un homme combatif, n’hésitant pas à bousculer à l’occasion les civilités parlementaires pour défendre ses arguments.
L’agent de voyage avait commencé comme chercheur et traducteur au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), en 1986, après ses études en Arabie saoudite.
Il avait ensuite enseigné l’anglais pendant un an au Lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni, avant de rejoindre l’année suivante le ministère comorien des Affaires étrangères et de la Coopération où il était responsable des ONG, outre son travail de traducteur.
Cet homme trapu, aux allures de boxeur, s’est forgé au fil des ans la réputation d’un fonceur, d’un juste, d’un défenseur des faibles et des déshérités.


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