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Pénurie de
carburant, flambée des prix du riz, grève des
enseignants : la grogne monte à Moroni où la
situation sociale se dégrade, plus d'un mois
après la signature d'un accord de
réconciliation avec l'île séparatiste
d'Anjouan.
Le 6 octobre, quelques centaines de jeunes ont
brûlé des pneus en travers de la route du bord
de mer, après avoir manifesté à
à la sortie de la prière du vendredi, pour
soutenir les Palestiniens. Une cinquantaine d'enfants et
d'adolescents ont jeté quelques pierres sur
l'enceinte de l'ambassade de France, sans faire de
dégâts. Non loin de la manifestation, trois
jeunes brandissaient une pancarte proclamant "d'accord
pour les Palestiniens, mais du riz et de l'essence pour la
rentrée". Dès 10 heures, ce vendredi 9
octobre, des dizaines de voitures étaient
garées devant les stations service de Moroni dans
l'espoir d'obtenir quelques litres d'essence. Mais
malgré l'arrivée la veille d'une cargaison de
200.000 litres de carburant en provenance de Zanzibar, les
pompes étaient toujours à sec, de même
que les distributeurs du pétrole lampant
utilisé dans la plupart des foyers pour faire la
cuisine.
L'île de la Grande Comore, qui compte 280.000
habitants et environ 7.000 véhicules privés,
connaît depuis près d'un mois l'une des pires
pénuries de carburant de ces récentes
années.
La directeur de la société nationale des
hydrocarbures a récemment justifié la
pénurie par la hausse du prix du pétrole,
évitant de parler des problèmes de
gestion.
Un comble : c'est un boutre en provenance de l'île
d'Anjouan qui a apporté à Moroni du carburant
pour une journée, environ 20.000 litres d'essence.
Monopole d'Etat, l'importation du riz bon marché,
aliment favori des Comoriens, a également
été retardée et les prix ont
doublé.
Quant aux écoles du secteur public, elles sont
fermées depuis la rentrée, initialement
prévue le 2 octobre, car les enseignants
réclament le paiement d'au moins deux mois de
salaires en retard. Depuis l'arrivée du régime
actuel, les enseignants ont cumulé six mois de
retard.
Le gouvernement a proposé la reprise des cours et le
paiement de deux mois fin octobre, accord refusé par
les professeurs qui veulent être payés d'abord.
Les autres fonctionnaires ne sont pas mieux lotis. Depuis
novembre 1999, certains n'ont été payés
que quatre fois. Les employés de la Banque
industrielle des Comores (BIC) ont menacé à
leur tour de se mettre en grève illimitée pour
protester contre le calcul de l'impôt sur le revenu,
qu'ils jugent injuste.
Ces mouvements de protestation sociale surviennent dans un
contexte politique bloqué. L'accord de
réconciliation de Fomboni, dénoncé par
de nombreux secteurs économiques et sociaux, a permis
la reprise des échanges entre les îles mais n'a
pas pour l'instant été suivi d'un
progrès dans la crise institutionnelle que traverse
l'archipel. L'expulsion récente de Mayotte, île
sous administration française, de 300 Anjouanais en
situation irrégulière a été
condamnée par le régime militaire comorien
dont le leader, le colonel Azali Assoumani, a
signé le 26 août un accord de
réconciliation avec le chef séparatiste
anjouanais le lieutenant-colonel Said Abeid
Abderemane.
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