N° 255
du 17/09/2002

Comores


Avenir sombre pour l’économie des Iles, selon la Banque mondiale

Les conflits de compétences entre l’Union des Comores et les îles autonomes, la détérioration des infrastructures et la situation “critique” du secteur de l’énergie ont “assombri les perspectives de croissance” de l’archipel de l’océan Indien, estime la Banque mondiale.
Un récent rapport de la Banque (dressé par une équipe de la BM qui a séjourné aux Comores du 13 au 27 juillet) conclut que ces trois facteurs remettent en cause “la modeste amélioration observée en 2001”.
Ces trois facteurs “contribueront selon toute vraisemblance à une accélération de la dégradation du déficit fiscal”, assurent les experts.
Le rapport indique que “la détérioration des infrastructures” hypothèque toute reprise de la croissance économique, qui avait enregistré une hausse de 2% en 2001, “fragilisant les opérateurs économiques locaux, et conduisant à un renforcement de la pauvreté”.
Le “blocage prolongé” des ports “présenterait un risque majeur pour la stabilité économique et sociale du pays”, selon la même source.
Le blocage des ports est l’une des principales conséquences du conflit de compétences né de la nouvelle constitution adoptée le 23 décembre 2001. Elle donne une large autonomie à chacune des trois îles: Grande-Comore, Anjouan et Mohéli.
Dans l’attente d’élections législatives pour élire les parlements de l’Union et locaux, la répartition des compétences n’est pas encore fixée dans le détail par la loi.
Le pouvoir du président de l’Union, le colonel Azali Assoumani, et de celui de l’île de Grande-Comore, Abdou Soulé Elbak, se disputent différentes prérogatives, nomment sur l’autorité des ports.
“La situation du port de Moroni est devenue très préoccupante, ne serait-ce qu’à cause de ses retombées sur les recettes de l’Etat”, et celle du port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan, “s’est encore davantage compliquée en raison du conflit de compétences”, estiment les experts.
“Dans un pays dont les ressources financières proviennent essentiellement de la douane”, une gestion saine du port de Moroni “est actuellement le seul moyen d’éviter une poursuite de la hausse des prix, des pénuries, de la dégradation des recettes et donc de l’incapacité de l’Etat à payer les salaires de ses agents”, estime la mission qui encourage “vivement” les autorités comoriennes “à privatiser les ports”.
La mission relève en outre que “la situation dans le secteur de l’électricité demeure particulièrement préoccupante”, ce dernier se trouvant “au bord de la rupture”.
Enfin, la mission avertit enfin que “les perspectives futures d’assistance de la Banque Mondiale dépendront de la capacité du gouvernement à parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international sur le terrain des réformes structurelles”.


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