N° 219
du 15/12/2000

Comores


Nouveau Premier ministre,
nouveau gouvernement sans l'opposition

Le nouveau Premier ministre comorien, Ahamada Madi "Boléro", a formé le 10 décembre un gouvernement composé uniquement de partisans de la junte militaire au pouvoir. M. Madi a été nommé le 29 novembre par le chef de la junte militaire au pouvoir à Moroni, le colonel Azali Assoumani, dont il était jusqu'alors le directeur de cabinet.
Deux semaines de négociations entre le régime issu du coup d'Etat du 30 avril 1999 et un regroupement de petits partis d'opposition n'ont pas abouti à l'ouverture souhaitée par certains partisans du colonel Azali, mais vivement rejetée par d'autres. Ces négociations étaient menées grâce à la médiation d'une mission de la Francophonie conduite par le Nigérien André Salifou, pour tenter de rapprocher les positions entre le pouvoir et l'opposition.
Ce nouveau gouvernement comprend, outre M. Madi, 13 ministres, dont huit nouveaux.
M. Madi, qui avait été nommé à la place de M. Bianrifi Tarmidi, a éprouvé les pires difficultés à composer son équipe.
La CSN (Coordination de Salut National), la coalition de petits mouvements politiques qui soutient le pouvoir du colonel Azali, n'appréciait guère une ouverture en direction de l'opposition, considérée pourtant comme décisive par une partie des officiers.
"Nous avons préparé le dîner et ce sont nos adversaires qu'on voudrait inviter à la table des convives", ironisait un membre de la CSN.
Les partisans de l'ouverture vers l'opposition estimaient quant eux qu'elle constituerait une condition nécessaire pour une sortie honorable de l'armée de la crise institutionnelle.
La nomination de ce gouvernement "fermé", selon un membre de l'opposition, intervient alors que la crise séparatisme ouverte par la déclaration unilatérale de l'île d'Anjouan en 1997, n'a toujours pas trouvé de solution. Les travaux piétinent entre représentants des trois îles qui formaient l'ancienne République Fédérative Islamique des Comores (RFIC) chargés d'élaborer une nouvelle constitution plus fédéraliste, en vertu d'un accord de réconciliation signé le 28 août dernier entre les pouvoirs militaires de Moroni et d'Anjouan.


Retour au sommaire COMORES

Retour Home