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Le nouveau Premier
ministre comorien, Ahamada Madi "Boléro",
a formé le 10 décembre un gouvernement
composé uniquement de partisans de la junte militaire
au pouvoir. M. Madi a été nommé le 29
novembre par le chef de la junte militaire au pouvoir
à Moroni, le colonel Azali Assoumani, dont il
était jusqu'alors le directeur de cabinet.
Deux semaines de négociations entre le régime
issu du coup d'Etat du 30 avril 1999 et un regroupement de
petits partis d'opposition n'ont pas abouti à
l'ouverture souhaitée par certains partisans du
colonel Azali, mais vivement rejetée par d'autres.
Ces négociations étaient menées
grâce à la médiation d'une mission de la
Francophonie conduite par le Nigérien André
Salifou, pour tenter de rapprocher les positions entre le
pouvoir et l'opposition.
Ce nouveau gouvernement comprend, outre M. Madi, 13
ministres, dont huit nouveaux.
M. Madi, qui avait été nommé à
la place de M. Bianrifi Tarmidi, a éprouvé les
pires difficultés à composer son
équipe.
La CSN (Coordination de Salut National), la coalition
de petits mouvements politiques qui soutient le pouvoir du
colonel Azali, n'appréciait guère une
ouverture en direction de l'opposition,
considérée pourtant comme décisive par
une partie des officiers.
"Nous avons préparé le dîner et ce sont
nos adversaires qu'on voudrait inviter à la table des
convives", ironisait un membre de la CSN.
Les partisans de l'ouverture vers l'opposition estimaient
quant eux qu'elle constituerait une condition
nécessaire pour une sortie honorable de
l'armée de la crise institutionnelle.
La nomination de ce gouvernement "fermé", selon un
membre de l'opposition, intervient alors que la crise
séparatisme ouverte par la déclaration
unilatérale de l'île d'Anjouan en 1997, n'a
toujours pas trouvé de solution. Les travaux
piétinent entre représentants des trois
îles qui formaient l'ancienne République
Fédérative Islamique des Comores (RFIC)
chargés d'élaborer une nouvelle constitution
plus fédéraliste, en vertu d'un accord de
réconciliation signé le 28 août dernier
entre les pouvoirs militaires de Moroni et d'Anjouan.
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