N° 224
du 28/02/2001

Comores


Moroni, Anjouan et l'opposition
s'entendent sur un accord de réconciliation

La junte militaire de Moroni, le pouvoir séparatiste de l'île d'Anjouan et l'opposition aux Comores ont signé le 17 février, un d'accord de réconciliation destiné à mettre fin à la crise séparatiste et institutionnelle.
Cet accord intervient après plus d'un mois de négociations sous la médiation de l'OUA, de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de l'Union européenne.
L'accord appelle Anjouan à rejoindre les autres îles des Comores au sein d'une union plus large, prévoit la mise en place d'une nouvelle Constitution et la fin du régime militaire en place depuis 1999 à Moroni.
Il prévoit la création "d'un Nouvel ensemble comorien, seul sujet de droit international (...) fondé sur le respect de l'unité nationale, de la souveraineté et de l'intangibilité des frontières des Comores telles qu'internationalement reconnues".
Il prévoit un partage du pouvoir entre ce nouvel Ensemble et les îles afin de permettre à ces entités de "concrétiser leurs aspirations légitimes pour administrer et gérer librement leurs propres affaires."
Selon l'accord signé, la future "Constitution déterminera les domaines de compétence de l'Ensemble et des îles". La religion, la nationalité, la monnaie, les relations extérieures, la défense, les symboles et emblèmes nationaux (hymne, drapeau, etc) relèveront "du domaine exclusif du Nouvel ensemble comorien".
Les îles auront un plus large contrôle sur leurs propres finances et sur leur administration.
Un référendum constitutionnel devrait intervenir au mois de juin "au plus tard" et la mise en place des nouvelles institutions devra être effective en décembre, selon le texte.
"Le chef de l'Etat en place (le colonel Azali Assoumani, au pouvoir à Moroni, ndlr) assumera les fonctions de président durant la période de transition", précise l'accord, et "les structures en place dans les îles continueront d'exercer leurs fonctions jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions."
L'accord stipule qu'"après l'adoption de la Constitution (...), le gouvernement (actuel de Moroni) sera dissout et remplacé par un gouvernement d'union nationale de transition".
Le Gouvernement d'union nationale de transition "sera chargé notamment de la mise en place des nouvelles institutions", ainsi que du "ramassage des armes".
L'Accord précise qu'"Anjouan se joindra à ce gouvernement selon des modalités qui seront établies ultérieurement".

La République fédérale islamique des Comores (RFIC) est agitée par une crise séparatiste provoquée par la déclaration unilatérale d'indépendance de l'île d'Anjouan en 1997, doublée d'une crise institutionnelle depuis le coup d'Etat du colonel Assoumani à Moroni le 30 avril 1999.
Les différentes parties signataires ont exhorté "la communauté internationale à agir comme garant des dispositions prises et à donner les moyens techniques, logistiques et financiers aux Comores pour assurer une transition pacifique". Les parties signataires ont également appelé l'OUA à abandonner l'embargo imposé à Anjouan après la sécession unilatérale de l'île.
Un comité de suivi sera mis en place, avec la participation de l'OUA, de l'OIF et de l'UE, pour surveiller l'application du document et "arbitrer tout différend entre les parties".


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