N° 235
du 17/09/2001

Comores


Difficiles négociations sur la nouvelle constitution

Les représentants des trois îles comoriennes se sont séparés sur l'île de Mohéli au cours du week-end du 9 septembre sans pouvoir se mettre d'accord sur le texte d'une nouvelle constitution prévue dans l'accord de réconciliation signé en février dernier. La commission tripartite chargée d'examiner un avant-projet de constitution s'est séparée sur un constat d'échec total.
Les divergences portent sur la dénomination du futur Etat comorien, le mode d'élection du président de la République, ainsi que la répartition des compétences entre les îles et le pouvoir central.
Les délégations d'Anjouan et de Mohéli veulent une "Union des Etats des Comores" et non une "Union des Iles Comores" et soutiennent l'option d'une présidence collégiale "tournante", formée des trois chefs d'Etat des trois îles, selon la proposition retenue dans l'avant-projet de Constitution actuellement en cours d'examen. Selon cet avant-projet, le futur président de la République comorienne devrait être choisi au sein d'une direction collégiale composée des trois chefs des trois îles, pour un mandat de quatre ans, les deux autres occupant un poste de vice-président.
La seule avancée des négociations réside dans l'acceptation du terme "peuple comorien" au lieu "des populations des Comores".
Selon le calendrier initial, la mise en place du nouvel ensemble comorien devrait être achevée au plus tard à la fin de l'année. La nouvelle Constitution aurait dû être déjà adoptée par référendum le 30 juin dernier au plus tard.

Rappel : les travaux de la Commission des lois avaient été interrompus le 9 août par le coup d'Etat à Anjouan. Conséquence de ce coup de force, la délégation anjouanaise a été remaniée par les nouveaux tenants du pouvoir dans l'île séparatiste. Le chef de la délégation anjouanaise, le commandant Halidi Charif, a été remplacé par le Dr Abdou Bacar, présenté à Anjouan comme un ancien "rattachiste", et qui aurait milité au début de la crise séparatiste anjouanaise en 1997, pour le rattachement d'Anjouan à la France.
Le Dr Abdou Bacar est le frère du commandant Mohamed Bacar, membre, avec les cdts Halidi Charif et Toilha, du "présidium" qui a pris le pouvoir le 9 août à Anjouan.


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