N° 239
du 20/11/2001

Comores


Abeid Abdérémane
appelle au boycott du référendum constitutionnel

Quelques jours après son échec, et de nouveau réfugié dans l'île de Mayotte, le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane a appelé le 18 novembre les anjouanais à boycotter le référendum constitutionnel des Comores, dans une interview au correspondant de l'AFP.
Selon lui, la dernière mouture du projet de constitution des îles des Comores n'est pas conforme à l'esprit des accords du 17 février 2001. Ces accords offraient, estime-t-il, une très large autonomie à chacune des îles, contrairement au texte du référendum prévu le 23 décembre.
"La communauté internationale avait une seule exigence à savoir que l'Ensemble Comorien soit le seul sujet de droit international mais tout le reste pouvait être négocié afin que chaque île puisse se gérer librement sans risque de se faire écraser par une autre", a-t-il précisé.
Il reproche à son successeur, le Commandant Bacar, d'avoir bradé les intérêts des anjouanais en acceptant ce projet de constitution qui ramène la cause anjouanaise à la case départ.
Le lieutenant-colonel Abeid Abdérémane est ensuite parti pour la région toulousaine en France. Il s'était replié à Mayotte après l'échec de sa tentative de putsch sur Anjouan, dont il dit ne pas en être à l'origine. Son explication ? Après s'être rendu à Anjouan pour rendre visite à sa belle-mère malade, "le chef milicien Allaoui Ahmed dit Baprouk, auteur du coup de force du 2 novembre, a fait appel à moi pour reprendre la direction de l'île", a-t-il indiqué, tout en reconnaissant avoir répondu favorablement à cet appel. Le lieutenant-colonel Abeid a également souhaité attirer l'attention sur le sort de ses anciens collaborateurs parmi lesquels deux anciens ministres, Chamouali et Ali Soubira, qui ont été arrêtés à Anjouna, après l'échec du putsch.


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