N° 239
du 20/11/2001

Comores


Le Lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane
tente sans succès de reprendre le pouvoir à Anjouan

Le lieutenant-colonel Said Abeid Abdérémane a échoué dans sa tentative pour reprendre le pouvoir dans l'île séparatiste d'Anjouan le 3 novembre et a pris la fuite.
Des affrontements entre ses partisans et ceux du commandant Mohamed Bacar, qui lui a succédé à la tête de l'île en août dernier, ont fait un mort dans la population civile, une jeune fille tuée par un obus qui avait frappé un hôpital. Quatre autres enfants ont été blessés par ce tir d'obus, dont deux gravement atteints.
Le lieutenant-colonel Abeid a pris la fuite en compagnie du chef de son commando, l'ancien chef de milice Allaoui Ahmed, qui s'était proclamé nouveau "chef de la Police et de la Sécurité" de l'île dès le début de cette énième tentative de putsch.
Le lieutenant-colonel Abeid avait débarqué d'un voilier sur la plage de Moya, en provenance de Mayotte, où il avait trouvé refuge après sa destitution en août dernier. Said Abeid a ensuite pris ses quartiers dans une maison toute proche des installations de la radio, rapidement investie par ses partisans.
Le commandant Bacar, chef de la gendarmerie anjouanaise, avait participé au putsch contre le lieutenant-colonel Abeid le 9 août dernier. D'abord membre d'un présidium de trois officiers à la tête de l'île, il s'était ensuite autoproclamé "chef de l'autorité anjouanaise" après avoir fait échouer une autre tentative de coup, en septembre. Il a déclaré que les auteurs de cette tentative "ont voulu saboter le processus de réconciliation nationale". Le gouvernement comorien (à Moronoi) a "condamné avec fermeté" cette tentative de coup, estimant qu'elle constituait "une menace grave pour le processus de réconciliation nationale en cours, visant la mise en place du Nouvel ensemble comorien", dans un communiqué publié par les services du Premier ministre, Hamada Madi Boléro. Le gouvernement a renouvelé "son soutien aux autorités de l'île et les (a exhortés) à persévérer dans le dialogue pour consolider la paix et la sécurité", ajoute le texte.


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