N° 241
du 17/12/2001

Comores


Référendum constitutionnel,
dans l'attente de l'élection présidentielle

Quelque 225.000 électeurs comoriens doivent approuver le 23 décembre par référendum le projet d'une nouvelle constitution qui ramènera l'île séparatiste d'Anjouan au sein d'une union dont les dirigeants seront élus au suffrage universel. 82.000 personnes sont inscrites à Anjouan, un peu plus de 12.000 à Mohéli et le reste sur la Grande Comore.
Le projet de constitution doit mettre fin à la double crise, séparatiste et institutionnelle, nées de la proclamation unilatérale de son indépendance par l'île d'Anjouan le 3 août 1997 et du coup d'Etat du 30 avril 1999 qui a porté au pouvoir à Moroni une junte militaire dirigée par l'actuel président, le colonel Azali Assoumani.
Le texte prévoit de transformer la République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) en une nouvelle fédération, l'Union des Comores, avec une très large autonomie pour chaque île.
 
Ce scrutin déjà joué d'avance puisque le pouvoir à Moroni, les autorités d'Anjouan et la quasi-totalité de l'opposition ont appelé à voter "oui". Ce référendum ouvre la voie à des élections pour élire le futur président de l'Union. Cette élection a été fixée au 31 mars 2002. Si l'actuel chef de l'Etat comorien, le colonel Azali Assoumani, veut se présenter à la présidence de l'Union, il devra démissionner dans les sept jours suivant l'adoption solennelle de la Constitution, prévue le 7 janvier. Le dépôt des candidatures à la présidence de l'Union des Comores sera clos le 7 février.
La période de transition, avant cette élection, devra être gérée par gouvernement d'union nationale, dirigé un Premier ministre issu de la mouvance présidentielle actuelle, et secondé par un vice-Premier ministre anjouanais. L'actuel Premier ministre, Hamada Madi Boléro, pourrait vraisemblablement être reconduit à la tête du gouvernement, sous l'étiquette "mouvance présidentielle".
Le futur gouvernement sera chargé de mettre en place les institutions prévues par la nouvelle Constitution et de préparer les modalités de transfert des compétences aux îles.
Du 10 au 31 mars, auront lieu les référendums sur les Constitutions des îles, les élections primaires, ainsi que les élections des chefs exécutifs des Iles.
Autant dire que les Comores vont entrer dans une période électorale intense, au cours de laquelle on risque de voir beaucoup de réfractaires à ce processus donner de la voix si ce n'est des armes.
A Mutsamudu, "capitale" d'Anjouan, on a toutefois vu fleurir sur les mûrs des slogans du genre "Mohamed Bacar a vendu Anjouan", "Non aux élections". Ce référendum sera observé par l'OUA et l'OIF, qui ont parrainé l'accord de réconciliation signé le 17 avril 2001 par les pouvoirs à Moroni et Anjouan, ainsi que par l'opposition comorienne.


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