- Quelque 225.000
électeurs comoriens doivent approuver le 23
décembre par référendum le projet
d'une nouvelle constitution qui ramènera
l'île séparatiste d'Anjouan au sein d'une
union dont les dirigeants seront élus au suffrage
universel. 82.000 personnes sont inscrites à
Anjouan, un peu plus de 12.000 à Mohéli et
le reste sur la Grande Comore.
- Le projet de constitution doit mettre fin à la
double crise, séparatiste et institutionnelle,
nées de la proclamation unilatérale de son
indépendance par l'île d'Anjouan le 3
août 1997 et du coup d'Etat du 30 avril 1999 qui a
porté au pouvoir à Moroni une junte
militaire dirigée par l'actuel président,
le colonel Azali Assoumani.
- Le texte prévoit de transformer la
République Fédérale Islamique des
Comores (RFIC) en une nouvelle
fédération, l'Union des Comores, avec une
très large autonomie pour chaque île.
-
- Ce scrutin déjà joué d'avance
puisque le pouvoir à Moroni, les autorités
d'Anjouan et la quasi-totalité de l'opposition ont
appelé à voter "oui". Ce
référendum ouvre la voie à des
élections pour élire le futur
président de l'Union. Cette élection a
été fixée au 31 mars 2002. Si
l'actuel chef de l'Etat comorien, le colonel Azali
Assoumani, veut se présenter à la
présidence de l'Union, il devra
démissionner dans les sept jours suivant
l'adoption solennelle de la Constitution, prévue
le 7 janvier. Le dépôt des candidatures
à la présidence de l'Union des Comores sera
clos le 7 février.
- La période de transition, avant cette
élection, devra être gérée par
gouvernement d'union nationale, dirigé un Premier
ministre issu de la mouvance présidentielle
actuelle, et secondé par un vice-Premier ministre
anjouanais. L'actuel Premier ministre, Hamada
Madi Boléro, pourrait vraisemblablement
être reconduit à la tête du
gouvernement, sous l'étiquette "mouvance
présidentielle".
- Le futur gouvernement sera chargé de mettre en
place les institutions prévues par la nouvelle
Constitution et de préparer les modalités
de transfert des compétences aux îles.
- Du 10 au 31 mars, auront lieu les
référendums sur les Constitutions des
îles, les élections primaires, ainsi que les
élections des chefs exécutifs des Iles.
- Autant dire que les Comores vont entrer dans une
période électorale intense, au cours de
laquelle on risque de voir beaucoup de
réfractaires à ce processus donner de la
voix si ce n'est des armes.
- A Mutsamudu, "capitale" d'Anjouan, on a toutefois vu
fleurir sur les mûrs des slogans du genre "Mohamed
Bacar a vendu Anjouan", "Non aux élections". Ce
référendum sera observé par l'OUA et
l'OIF, qui ont parrainé l'accord de
réconciliation signé le 17 avril 2001 par
les pouvoirs à Moroni et Anjouan, ainsi que par
l'opposition comorienne.
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