- Le "oui" l'a
officiellement emporté aux Comores, avec 76,99%
des suffrages exprimés, dans le
référendum du 23 décembre pour
l'adoption d'une nouvelle Constitution destinée
à mettre fin à la double crise
séparatiste et institutionnelle.
- Le "oui" l'emporte avec 76,99% des voix, contre
23,01% au "non", selon les résultats
prononcés par la Commission nationale
électorale indépendante et d'homologation
(CNEIH).
- Le taux de participation a atteint 75,37%, avec
173.521 votants sur un total de 230.211 inscrits sur les
trois îles de l'archipel, Anjouan, Mohéli et
Grande Comore.
- En créant une fédération,
l'Union des Comores, en dotant chaque île
d'une large autonomie, et en prévoyant des
élections libres, dès le 31 mars prochain,
la nouvelle Constitution a pour objectif de mettre un
terme à la double crise séparatiste et
institutionnelle qui bloque le développement
socio-économique de l'archipel. (Cf.
l'intégralité de la nouvelle constitution
dans le N° 240)
- Cette double crise est née de la proclamation
unilatérale d'indépendance par l'île
d'Anjouan, le 3 août 1997, et du coup d'Etat de
l'actuel chef de l'Etat, le colonel Azali
Assoumani, le 30 avril 1999.
- La victoire officielle du "oui" au
référendum marque donc le retour formel
d'Anjouan dans le giron de Moroni. Une victoire attendue
puisque tous les pouvoirs à Moroni et Anjouan,
ainsi que la quasi-totalité de l'opposition
avaient appelé à voter "oui". Ils avaient
tous signé, le 17 février dernier, un
accord de réconciliation, à l'origine de ce
référendum.
- Le référendum s'est
déroulé sans violence sur les trois
îles, mais a été marqué par de
nombreuses difficultés logistiques dues à
"des problèmes de saisie informatique", selon le
Programme des Nations unies pour le développement
(PNUD), en charge de l'organisation du scrutin.
- De nombreux électeurs, dans la
quasi-totalité des bureaux de vote,
n'étaient pas inscrits sur les listes
électorales alors qu'ils avaient reçu leur
carte d'électeur en bonne et due forme. D'autres
s'y retrouvaient inscrits deux fois, voire trois.
-
- Trois jours avant ce référendum, le
mercredi 20 décembre, les Comores furent une
nouvelle fois livrées à une
énième tentative de coup d'Etat qui a
lamentablement échoué, au propre comme au
figuré, sur l'île de Mohéli. Faute de
carburant, les putschistes, mercenaires français
pour la plupart, sont tombés en rade à
quelques encablures de la plus petite île des
Comores, Mohéli, où ils se sont fait
prendre les uns après les autres par les forces de
gendarmerie ou même les populations locales.
- Six des mercenaires ont été
tués. Trois d'entre eux par une petite trentaine
de soldats envoyés de Moroni. Et deux autres ont
été tabassés à mort par des
habitants alors qu'ils tentaient de se procurer de
l'essence. .
- Si l'on en croit le Premier ministre comorien
Hamada Madi Boléro, qui cite les mercenaires
faits prisonniers, mais aussi des témoins,
Mohéli, qui n'abrite que 5% de la population des
Comores et quelques bâtiments administratifs,
n'était pas la cible. Les mercenaires avaient pour
mission de prendre le pouvoir à Moroni.
- Les prisonniers ont avoué être venus de
France et avoir embarqué à Nosy Be, une
île au nord de Madagascar, pour les Comores
à bord de canots pneumatiques. Le commando de
treize hommes encagoulés avait tenté dans
un premier temps de se faire passer pour des membres des
forces spéciales américaines pourchassant
des hommes d'Oussama ben Laden.
- Soupçonné de complicité avec ce
coup, le colonel Hassan Harouna a aussitôt
été arrêté à Moroni.
- Pour le procureur de la République de Moroni,
c'est un ancien ministre comorien de
l'Intérieur, Ashirafi Saïd Hachim,
qui vit actuellement en France, qui est à
l'origine de cette tentative de coup d'Etat. M. Ashirafi
était ministre de l'Intérieur en 1996 et
1997. Un mandat d'arrêt international a
été délivré contre lui alors
que les 13 membres du commando ont rapidement
été présentés à un
juge d'instruction à Moroni.
- Un autre, blessé au pied par une balle, a
été soigné à l'hôpital
de la capitale avant d'être
déféré devant la justice.
- Devant le juge, deux mercenaires ont reconnu que M.
Achirafi les avait mandatés pour "s'emparer du
pouvoir à Moroni, déposer le
président Azali Assoumani et le remplacer par
Achirafi", selon le procureur.
- Dick Bertrand, 30 ans, dit "Denton", né
à Châlons-sur-Marne (nord-est de la France)
et Sébastien Delcus, 29 ans, dit "Steve Delmar",
né à Auxerre (centre-est de la France), ont
été inculpés notamment d'atteinte
à la sûreté de l'Etat, et encourent
la peine de mort (qui n'est appliquée que
très rarement, pour des crimes de sang
particulièrement horribles) ou aux travaux
forcés à perpétuité, a
précisé le procureur.
- En même temps que les deux mercenaires, le
colonel Hassan Harouna a également
été présenté au juge et
inculpé de complicité d'atteinte à
la sûreté de l'Etat. Cet ancien
délégué à la Défense -
l'équivalent d'un ministre - en 1996 et 1997,
était le "correspondant" du groupe à
Moroni, et devait les y réceptionner. Il a reconnu
les faits, selon le procureur.
- Les cinq mercenaires tués à
Mohéli étaient: Laurent Van Pottalsberghe,
James Georges, dit "Drek", Daniel Pope Saurin, dit
"Steven", d'origine roumaine tout comme Stephane
Mihailesc, dit "Demon", et Nicolas Boncou, dit "Walch".
Tous sont d'anciens soldats de la Légion
étrangère. Le mercenaire blessé,
Christian Pintoiu, dit "Dixon Chris", né en
Roumanie, est également un ancien
légionnaire.
- Deux derniers mercenaires français du commando
sont toujours en fuite mais localisés dans le nord
de l'île de Mohéli, mais, craignant que la
population ne les lynche, ils ont contacté la
gendarmerie de Fomboni (capitale de Mohéli) pour
se rendre.
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