- L'opposition comorienne
et le camp du président, le colonel Azali
Assoumani, ont entamé un bras de fer sur la
question de son maintien au pouvoir jusqu'aux
élections.
- Le chef de l'Etat, s'il veut être candidat
à la présidentielle prévue le 31
mars, doit démissionner dans les sept jours
suivant la proclamation officielle des résultats
du référendum.
- Et ce, en vertu de l'accord de réconciliation
nationale signé à Fomboni (île de
Mohéli), le 17 février 2001, par les
pouvoirs à Moroni et sur l'île
séparatiste d'Anjouan, ainsi que par la
quasi-totalité de l'opposition.
- Le colonel Azali, qui a pris le pouvoir par les armes
le 30 avril 1999, a assuré qu'il n'avait pas
encore pris sa décision. Mais proches et ministres
ne font pas mystère de son intention de se
présenter. Et ils évoquent avec insistance
la nécessité de changer les disposition de
l'accord, afin que le président-candidat soit
maintenu pendant la transition.
- "Si c'est le cas, il rompt l'accord de Fomboni et
renie sa signature, c'est un second coup d'Etat", s'est
emporté le leader de la coalition de 16 partis de
l'opposition, l'ancien Premier ministre Abbas
Djoussouf, renversé par le coup d'Etat du
colonel Azali. "Il va tenter le bras de fer, mais
l'opposition ne cédera pas", a assuré aussi
le porte-parole de la coalition, Ali
Msaïdié Houmed.
- Selon l'opposition, le camp du président voit
d'un très mauvais oeil la perspective d'abandonner
le poste durant trois mois, et de perdre ainsi la "prime
au sortant" avant l'élection.
- Le camp présidentiel, lui, invoque les risques
pour la sécurité d'un pays qui a connu une
vingtaine de coups d'Etat ou tentatives depuis son
indépendance de la France en 1975. "On a pu
gérer facilement la dernière tentative de
putsch parce que le président est le chef de
l'armée. S'il veut se présenter, n'est-ce
pas un risque de laisser le poste trois mois?", a
déclaré de son côté le
Premier ministre, Hamada Madi
Boléro.
- Le ministre de la Communication, Ali
Toihir, est favorable à une solution de
compromis. "Le colonel Azali reste président
jusqu'au dépôt des candidatures en
février", a-t-il proposé, invoquant lui
aussi la dernière tentative de putsch "qui nous
oblige à une nouvelle lecture des dispositions
prises pour la transition".
- Est-ce à dire que cette énième
tentative de putsch est tombée à point
nommé pour justifier le maintien à la
tête de l'Etat du colonel Azali ?
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- Avec Azali ou non à la tête de
l'État, le calendrier électoral sera bien
difficile à tenir, avec une cascade
d'élections au suffrage universel, en trois mois.
- Les trois îles doivent d'abord voter le 10
mars, par référendum, sur leur propre
constitution. Elles doivent également choisir,
lors de primaires à deux tours, trois candidats
pour les représenter à l'élection du
président de l'Union.
- Du 10 au 31 mars, chaque île doit élire
le chef de son exécutif ("président" ou
"gouverneur", le terme n'a pas encore été
choisi), ainsi que son Parlement.
- Le 31 mars, la présidentielle, à deux
tours, doit désigner le président comorien
pour un mandat de quatre ans, et deux
vice-présidents.
- Enfin, avant fin avril 2002, les Comoriens doivent
élire 33 députés à
l'Assemblée de l'Union, l'organe
législatif, pour un mandat de cinq ans.
- D'ores et déjà, l'actuel dirigeant
d'Anjouan, Mohamed Bacar, a laissé entendre
qu'il pourrait se présenter à
l'élection présidentielle du 31 mars 2002.
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