N° 242
du 02/01/2002

Comores


Azali et l'opposition entament un bras de fer

L'opposition comorienne et le camp du président, le colonel Azali Assoumani, ont entamé un bras de fer sur la question de son maintien au pouvoir jusqu'aux élections.
Le chef de l'Etat, s'il veut être candidat à la présidentielle prévue le 31 mars, doit démissionner dans les sept jours suivant la proclamation officielle des résultats du référendum.
Et ce, en vertu de l'accord de réconciliation nationale signé à Fomboni (île de Mohéli), le 17 février 2001, par les pouvoirs à Moroni et sur l'île séparatiste d'Anjouan, ainsi que par la quasi-totalité de l'opposition.
Le colonel Azali, qui a pris le pouvoir par les armes le 30 avril 1999, a assuré qu'il n'avait pas encore pris sa décision. Mais proches et ministres ne font pas mystère de son intention de se présenter. Et ils évoquent avec insistance la nécessité de changer les disposition de l'accord, afin que le président-candidat soit maintenu pendant la transition.
"Si c'est le cas, il rompt l'accord de Fomboni et renie sa signature, c'est un second coup d'Etat", s'est emporté le leader de la coalition de 16 partis de l'opposition, l'ancien Premier ministre Abbas Djoussouf, renversé par le coup d'Etat du colonel Azali. "Il va tenter le bras de fer, mais l'opposition ne cédera pas", a assuré aussi le porte-parole de la coalition, Ali Msaïdié Houmed.
Selon l'opposition, le camp du président voit d'un très mauvais oeil la perspective d'abandonner le poste durant trois mois, et de perdre ainsi la "prime au sortant" avant l'élection.
Le camp présidentiel, lui, invoque les risques pour la sécurité d'un pays qui a connu une vingtaine de coups d'Etat ou tentatives depuis son indépendance de la France en 1975. "On a pu gérer facilement la dernière tentative de putsch parce que le président est le chef de l'armée. S'il veut se présenter, n'est-ce pas un risque de laisser le poste trois mois?", a déclaré de son côté le Premier ministre, Hamada Madi Boléro.
Le ministre de la Communication, Ali Toihir, est favorable à une solution de compromis. "Le colonel Azali reste président jusqu'au dépôt des candidatures en février", a-t-il proposé, invoquant lui aussi la dernière tentative de putsch "qui nous oblige à une nouvelle lecture des dispositions prises pour la transition".
Est-ce à dire que cette énième tentative de putsch est tombée à point nommé pour justifier le maintien à la tête de l'Etat du colonel Azali ?
 
Avec Azali ou non à la tête de l'État, le calendrier électoral sera bien difficile à tenir, avec une cascade d'élections au suffrage universel, en trois mois.
Les trois îles doivent d'abord voter le 10 mars, par référendum, sur leur propre constitution. Elles doivent également choisir, lors de primaires à deux tours, trois candidats pour les représenter à l'élection du président de l'Union.
Du 10 au 31 mars, chaque île doit élire le chef de son exécutif ("président" ou "gouverneur", le terme n'a pas encore été choisi), ainsi que son Parlement.
Le 31 mars, la présidentielle, à deux tours, doit désigner le président comorien pour un mandat de quatre ans, et deux vice-présidents.
Enfin, avant fin avril 2002, les Comoriens doivent élire 33 députés à l'Assemblée de l'Union, l'organe législatif, pour un mandat de cinq ans.
D'ores et déjà, l'actuel dirigeant d'Anjouan, Mohamed Bacar, a laissé entendre qu'il pourrait se présenter à l'élection présidentielle du 31 mars 2002.


Retour au sommaire COMORES

Retour Home

Retour en haut de page