N° 245
du 28/02/2002

Comores


Neufs candidats retenus pour l'élection présidentielle

Conformément à la constitution adoptée par référendum en décembre, la présidence tournante de l'Union revient pour quatre ans à l'île de la Grande Comore.
Les habitants de cette île voteront dans quelques semaines lors d'une élection primaire pour désigner trois candidats parmi les 14 en lice.
Tous les électeurs de l'Union des Comores - qui comprend également les îles d'Anjouan et de Mohéli - voteront ensuite pour ces trois candidats, le 14 avril.
Quinze candidats s'étaient affrontés lors de la dernière élection présidentielle de mars 1996, qui avait vu la victoire de Mohamed Taki Abdoulkarim, décédé en 1998. Abbas Djoussouf était arrivé en deuxième position avec près de 36% des suffrages exprimés.
 
Voici la liste des neuf candidats retenus par la Commission Nationale électorale Indépendante et d'Homologation (CNEIH) pour l'élection présidentielle de l'Union des Comores, qui aura lieu en avril:
 
- Colonel Azali Assoumani (sans parti), chef de l'Etat sortant
- Abbas Djoussouf (MDP-NGDC : Mouvement pour le Progrès et la Démocratie et sa branche anjouanaise la Nouvelle Génération démocratique des Comores), ancien Premier ministre renversé le 30 avril 1999 par le colonel Azali.
- Abdallah Halifa (Espoir 2000), ancien président de l'Assemblée Fédérale
- Mtara Maecha (RND-R : Rassemblement National pour le Développement-Rénovateur)
- Commandant Mahamoud Mrabadi (parti Shawiri : le Recours) A dirigé pendant près de 21 ans la puissante Société comorienne des hydrocarbures (SCH)
- Ali Mroudjae (Parti comorien pour la Démocratie et le Progrès (PCDP)), ancien Premier ministre
- Youssouf Said (parti Djawabu, la Réponse)
- Kemal Said Ali (parti Chuma) Ancien ambassadeur des Comores à Paris, candidat malheureux à la présidence en 1990 et 1996.
- Moustoifa Said Cheick (Front Démocratique des Comores -FDC)
 
A part le colonel Azali, le commandant Mahamoud Mradabi, et Mohamed Nourdine, tous les autres candidats se réclament de l'opposition.
Cinq prétendants à la présidence dont la candidature a été invalidée par la commission électorale ont dénoncé une machination pour les écarter de la compétition électorale
Les cinq candidats déboutés l'ont été au motif qu'ils n'ont pas résidé "sans interruption" sur le territoire national durant les six derniers mois comme l'exige le nouveau code électoral.
"J'ai la conviction profonde qu'il s'agit d'un complot", a déclaré le candidat Mohamed Zeina, président du Rassemblement pour le Changement aux Comores (RPC).
L'ancien ministre Omar Tamou a dénoncé lui une "collusion manifeste" entre le pouvoir et les autres candidats de l'opposition pour les écarter de la course. Les candidats déboutés font valoir que le code ne donne aucune précision sur le début de la période considérée, et que plusieurs candidats dont les dossiers ont été validés n'ont pas séjourné sans interruption aux Comores durant ces six derniers mois puisqu'ils "ont tous fait des déplacements à l'extérieur".
Le communiqué s'interroge sur "l'impartialité" de la commission électorale et affirme que "certains candidats ont bénéficié, au détriment des autres, d'un traitement de faveur dans l'examen de leurs dossiers."
Les candidatures rejetées sont celles des anciens ministres Omar Tamou (RNDC - Rassemblement National pour la Développement aux Comores) et Said Achiraf Hachime (RDC: Rassemblement Démocratique des Comores), de l'ancien Premier ministre Said Said Hamadi (leader du parti Mzingara), du représentant du Mouvement Associatif Diaspora Mohamed Nourdine, et de l'ancien député Mohamed Zeina.
Arrêté le 9 février à sa descente d'avion, l'ancien Premier ministre du président défunt Mohamed Taki Abdoulkarim, Said Said Hamadi, dit "Laguerra", est toujours en prison. Il est accusé de complicité dans une tentative de coup d'Etat contre le colonel Azali Assoumani en mars 2000.
Quant à Mohamed Zeina, retraité de l'administration française, il est accusé lui d'être parmi les commanditaires de la dernière tentative de coup d'Etat qui a eu lieu sur l'île de Mohéli, en décembre. "Je ne suis pas concerné par quoi que ce soit, ce qui vient de se passer à Mohéli, ce n'est pas mon problème", a-t-il déclaré. Selon lui, un membre du commando de mercenaires ayant mené la tentative, qui l'avait d'abord mis en cause, lui a présenté "des excuses publiques devant le juge". Le 11 février, Alain Madelin, président de Démocratie Libérale (DL) et candidat à la prochaine élection présidentielle française, avait écrit au ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, pour lui demander d'"intervenir fermement auprès du pouvoir comorien pour que M. Zeina soit libéré." M. Zeina a longtemps assuré la présidence de la Coordination Nationale des Musulmans de France.
 
A Anjouan
Le colonel Bacar candidat à sa propre succession
 
Le chef de l'autorité d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar, a annoncé sa candidature à sa propre succession à la présidence de cette île des Comores, dont l'élection est prévue le 31 mars, un mois avant celle du président de l'Union des Comores.
Cinq autres candidats déclarés à Anjouan ont estimé dans une lettre ouverte, que la candidature éventuelle du colonel Bacar serait "inacceptable" s'il ne démissionnait pas de "ses fonctions de chef de l'autorité d'Anjouan et de chef des forces armées anjouanaises".
Le colonel Bacar est arrivé au pouvoir à Anjouan le 9 août dernier à la tête d'une junte militaire, à l'occasion d'un coup d'Etat qui a renversé le lieutenant-colonel Said Abeid. Il a été investi le 10 février comme président d'honneur et candidat du Mouvement populaire anjouanais (MPA), un des mouvements séparatistes toujours actifs dans l'île.


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