N° 248
du 18/04/2002

Comores


Le colonel Azali se déclare
vainqueur de la présidentielle de l'Union

Le chef d'Etat des Comores, le colonel Azali Assoumani, s'est déclaré le 15 avril vainqueur de l'élection présidentielle de l'Union des Comores organisée la veille, déclenchant ainsi des manifestations de mécontentement dans la capitale, Moroni.
Le scrutin, boycotté par les deux rivaux du colonel Azali, le colonel Mahamoud Mradabi et le prince Saïd Ali Kemal, a été marqué par une faible participation et par des incidents à Moroni. Les résultats officiels doivent être confirmés par la commission électorale.
Selon les chiffres fournis par le ministre de l'Intérieur, le colonel Azali, 43 ans, a obtenu 56.256 des 56.256 suffrages exprimés sur l'île de la Grande-Comore, soit 100%.
Il a également remporté 88,3% des suffrages exprimés sur l'île d'Anjouan, selon les chiffres publiés par son bureau de campagne à Mutsamudu, la capitale de l'île. Aucun chiffre n'était disponible en provenance de l'île de Mohéli, la moins peuplée de l'Union des Comores.
Le taux de participation à la Grande-Comore a été de 44,43%, selon le ministère de l'Intérieur, et de 34% à Anjouan, selon l'équipe du colonel Azali.
Le scrutin a été perturbé par des incidents qui ont fait cinq blessés légers sur l'île de la Grande-Comore et à Moroni.
Nombre de bureaux de vote n'avaient pas été ouverts, ou ont été fermés quelque temps après leur ouverture par des partisans de MM. Mradabi et Kemal.
A Moroni, seulement sept bureaux sur 29 sont restés ouverts.
Une dizaine de bureaux ont été saccagés à la Grande-Comore et à Anjouan.
Sans attendre la publication des résultats officiels, le colonel Azali a annoncé sa victoire : "Cette victoire est celle de la volonté de changer" et "l'expression de la sagesse de notre peuple qui sait choisir son destin", a-t-il déclaré dans un message diffusé par la radio. "Nous avons gagné aujourd'hui parce que nous y avons cru", a-t-il déclaré. "N'oublions pas que le plus difficile reste devant nous", a-t-il conclu.
 
Dès cette proclamation de victoire du chef de l'Etat, de jeunes manifestants ont dressé des barricades dans la capitale, notamment dans le quartier de Mtsangani, en centre-ville. Le vieux marché s'est littéralement vidé, alors que la plupart des commerces fermaient leurs portes.
 
Le colonel Azali est arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire le 30 avril 1999. Dans cette présidentielle, il était opposé au riche homme d'affaires Mahamoud Mradabi et au descendant du dernier sultan des Comores, le prince Saïd Ali Kemal, qui avaient tous deux appelé au report du scrutin pour permettre une révision des listes électorales. La Commission électorale avait elle aussi réclamé un nouveau calendrier, pour permettre à la Grande Comore d'élire son président avant le désignation du président de l'Union. Mais elle est revenue à la dernière minute sur son refus, estimant que les conditions étaient réunies pour la tenue du à la date prévue.
Les primaires, remportées largement par le colonel Azali le 17 mars, avaient été entachées d'anomalies, selon eux.
L'élection du président de l'Union des Comores constitue l'étape cruciale du processus de réconciliation engagé il y a plus d'un an pour mettre fin à la crise provoquée par l'indépendance unilatérale d'Anjouan, en 1997, et aggravée par le putsch du colonel Azali.
Les dirigeants des trois îles et l'opposition ont signé le 17 février 2001 un accord de réconciliation nationale, sous l'égide notamment de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) et de l'Organisation de la Francophonie (OIF).
Une nouvelle Constitution a été adoptée par référendum en décembre 2001, donnant à chaque île une large autonomie et laissant autorité au pouvoir central de l'Union en matière de monnaie, de diplomatie, de défense extérieure et de religion.


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