- Le chef d'Etat des
Comores, le colonel Azali Assoumani, s'est
déclaré le 15 avril vainqueur de
l'élection présidentielle de l'Union des
Comores organisée la veille,
déclenchant ainsi des manifestations de
mécontentement dans la capitale, Moroni.
- Le scrutin, boycotté par les deux rivaux du
colonel Azali, le colonel Mahamoud Mradabi et
le prince Saïd Ali Kemal, a été
marqué par une faible participation et par des
incidents à Moroni. Les résultats officiels
doivent être confirmés par la commission
électorale.
- Selon les chiffres fournis par le ministre de
l'Intérieur, le colonel Azali, 43 ans, a obtenu
56.256 des 56.256 suffrages exprimés sur
l'île de la Grande-Comore, soit 100%.
- Il a également remporté 88,3% des
suffrages exprimés sur l'île d'Anjouan,
selon les chiffres publiés par son bureau de
campagne à Mutsamudu, la capitale de l'île.
Aucun chiffre n'était disponible en provenance de
l'île de Mohéli, la moins peuplée de
l'Union des Comores.
- Le taux de participation à la Grande-Comore a
été de 44,43%, selon le ministère de
l'Intérieur, et de 34% à Anjouan, selon
l'équipe du colonel Azali.
- Le scrutin a été perturbé par
des incidents qui ont fait cinq blessés
légers sur l'île de la Grande-Comore et
à Moroni.
- Nombre de bureaux de vote n'avaient pas
été ouverts, ou ont été
fermés quelque temps après leur ouverture
par des partisans de MM. Mradabi et Kemal.
- A Moroni, seulement sept bureaux sur 29 sont
restés ouverts.
- Une dizaine de bureaux ont été
saccagés à la Grande-Comore et à
Anjouan.
- Sans attendre la publication des résultats
officiels, le colonel Azali a annoncé sa victoire
: "Cette victoire est celle de la volonté de
changer" et "l'expression de la sagesse de notre peuple
qui sait choisir son destin", a-t-il
déclaré dans un message diffusé par
la radio. "Nous avons gagné aujourd'hui parce que
nous y avons cru", a-t-il déclaré.
"N'oublions pas que le plus difficile reste devant nous",
a-t-il conclu.
-
- Dès cette proclamation de victoire du chef de
l'Etat, de jeunes manifestants ont dressé des
barricades dans la capitale, notamment dans le quartier
de Mtsangani, en centre-ville. Le vieux marché
s'est littéralement vidé, alors que la
plupart des commerces fermaient leurs portes.
-
- Le colonel Azali est arrivé au pouvoir
à la faveur d'un coup d'Etat militaire le 30 avril
1999. Dans cette présidentielle, il était
opposé au riche homme d'affaires Mahamoud Mradabi
et au descendant du dernier sultan des Comores, le prince
Saïd Ali Kemal, qui avaient tous deux appelé
au report du scrutin pour permettre une révision
des listes électorales. La Commission
électorale avait elle aussi réclamé
un nouveau calendrier, pour permettre à la Grande
Comore d'élire son président avant le
désignation du président de l'Union. Mais
elle est revenue à la dernière minute sur
son refus, estimant que les conditions étaient
réunies pour la tenue du à la date
prévue.
- Les primaires, remportées largement par le
colonel Azali le 17 mars, avaient été
entachées d'anomalies, selon eux.
- L'élection du président de l'Union des
Comores constitue l'étape cruciale du processus de
réconciliation engagé il y a plus d'un an
pour mettre fin à la crise provoquée par
l'indépendance unilatérale d'Anjouan, en
1997, et aggravée par le putsch du colonel Azali.
- Les dirigeants des trois îles et l'opposition
ont signé le 17 février 2001 un accord de
réconciliation nationale, sous l'égide
notamment de l'Organisation de l'Unité
Africaine (OUA) et de l'Organisation de la
Francophonie (OIF).
- Une nouvelle Constitution a été
adoptée par référendum en
décembre 2001, donnant à chaque île
une large autonomie et laissant autorité au
pouvoir central de l'Union en matière de monnaie,
de diplomatie, de défense extérieure et de
religion.
|