N° 248
du 18/04/2002

Comores


Investiture du président Bacar à Anjouan

Le nouveau président de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar, a été investi le 14 avril à Mutsamudu, la capitale de l'île. Le président Bacar, élu le 31 mars, a prêté serment devant les membres de la Cour d'appel, les conseillers municipaux, et les députés de l'île.
"Nous sommes en droit de penser que les choses ne seront plus comme avant" a déclaré le président de l'île dans son allocution, précisant que "désormais l'Accord-cadre de réconciliation nationale et la Constitution de l'Union des Comores demeurent les seuls documents qui fondent l'acceptation par Anjouan de faire partie de l'Union des Comores."
L'île d'Anjouan avait fait sécession, le 3 août 1997, de la République fédérale Islamique des Comores, remplacée depuis, dans le cadre de l'actuel processus de réconciliation par un nouvel ensemble institutionnel, l'Union des Comores.
"Nous demandons au futur président de l'Union d'éviter toute manŠuvre de révision de la Constitution aux fins de renforcer les pouvoirs de l'Union au détriment des îles" au risque de rompre l'accord "convenu entre tous les Comoriens" a-t-il prévenu. Dans sa réponse, le Premier ministre comorien et chef de l'Etat comorien par intérim Hamada Madi Boléro, a déclaré que "les Comores d'aujourd'hui ne seront plus comme celles d'hier (...) parce qu'une nouvelle génération est en train de s'installer peu à peu aux commandes dans nos îles."
Deux candidats à l'élection présidentielle de l'Union qui se déroule dimanche dans l'archipel, le colonel Azali Assoumani et le colonel Mahamoud Mradabi, assistaient à la cérémonie d'investiture.
Etaient également présents notamment, l'ambassadeur de France aux Comores, Jean-Pierre Lajaunie, le président du Conseil régional de la Réunion, Paul Vergès, ainsi que l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'OUA, Francisco José Caetano Madeira.
 
Une élection contestée
Une candidate à l'élection présidentielle d'Anjouan a lancé des accusations de fraude dans le scrutin. "Le scrutin a été truqué", a accusé Mme Roukiat Ibrahim Abdoulmadjid, la seule femme parmi les six candidats à la présidentielle d'Anjouan, dans une déclaration publiée, où elle dénonce les "irrégularités flagrantes constatées et dénoncées... sans être corrigées". A Anjouan, Mme Ibrahim parle de listes "falsifiées", de "corruption" d'électeurs, de déplacements de bureaux de vote, d'agression ou de refoulement de représentants des candidats, et dénonce le "déploiement non justifié" de l'armée la veille du scrutin.
"Le nombre de bureaux de vote officiellement communiqué aux candidats par la Commission électorale était de 176, mais il est passé à 188 dans les résultats", ajoute-t-elle.
"Aucun membre de la Commission électorale n'était en mesure de fournir le nombre exact d'inscrits", affirme-t-elle encore.
Un autre candidat à Anjouan, Antoy Abdou, a déclaré que l'élection était "une véritable mascarade", ajoutant que "cela ne vaut même pas la peine" de déposer des réclamations.
Seule candidate à la présidentielle de l'ile, Roukiat Ibrahim Abdoulmadjid occupe la troisième place avec 5,87% des voix.


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