- Le nouveau président
de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel
Mohamed Bacar, a été investi le 14
avril à Mutsamudu, la capitale de l'île. Le
président Bacar, élu le 31 mars, a
prêté serment devant les membres de la Cour
d'appel, les conseillers municipaux, et les
députés de l'île.
- "Nous sommes en droit de penser que les choses ne
seront plus comme avant" a déclaré le
président de l'île dans son allocution,
précisant que "désormais l'Accord-cadre de
réconciliation nationale et la Constitution de
l'Union des Comores demeurent les seuls documents qui
fondent l'acceptation par Anjouan de faire partie de
l'Union des Comores."
- L'île d'Anjouan avait fait sécession, le
3 août 1997, de la République
fédérale Islamique des Comores,
remplacée depuis, dans le cadre de l'actuel
processus de réconciliation par un nouvel ensemble
institutionnel, l'Union des Comores.
- "Nous demandons au futur président de l'Union
d'éviter toute manŠuvre de révision de la
Constitution aux fins de renforcer les pouvoirs de
l'Union au détriment des îles" au risque de
rompre l'accord "convenu entre tous les Comoriens" a-t-il
prévenu. Dans sa réponse, le Premier
ministre comorien et chef de l'Etat comorien par
intérim Hamada Madi Boléro, a
déclaré que "les Comores d'aujourd'hui ne
seront plus comme celles d'hier (...) parce qu'une
nouvelle génération est en train de
s'installer peu à peu aux commandes dans nos
îles."
- Deux candidats à l'élection
présidentielle de l'Union qui se déroule
dimanche dans l'archipel, le colonel Azali Assoumani et
le colonel Mahamoud Mradabi, assistaient à la
cérémonie d'investiture.
- Etaient également présents notamment,
l'ambassadeur de France aux Comores, Jean-Pierre
Lajaunie, le président du Conseil régional
de la Réunion, Paul Vergès, ainsi que
l'envoyé spécial du Secrétaire
général de l'OUA, Francisco José
Caetano Madeira.
-
- Une élection contestée
- Une candidate à l'élection
présidentielle d'Anjouan a lancé des
accusations de fraude dans le scrutin. "Le scrutin a
été truqué", a accusé Mme
Roukiat Ibrahim Abdoulmadjid, la seule femme parmi
les six candidats à la présidentielle
d'Anjouan, dans une déclaration publiée,
où elle dénonce les
"irrégularités flagrantes constatées
et dénoncées... sans être
corrigées". A Anjouan, Mme Ibrahim parle de listes
"falsifiées", de "corruption" d'électeurs,
de déplacements de bureaux de vote, d'agression ou
de refoulement de représentants des candidats, et
dénonce le "déploiement non
justifié" de l'armée la veille du scrutin.
- "Le nombre de bureaux de vote officiellement
communiqué aux candidats par la Commission
électorale était de 176, mais il est
passé à 188 dans les résultats",
ajoute-t-elle.
- "Aucun membre de la Commission électorale
n'était en mesure de fournir le nombre exact
d'inscrits", affirme-t-elle encore.
- Un autre candidat à Anjouan, Antoy
Abdou, a déclaré que l'élection
était "une véritable mascarade", ajoutant
que "cela ne vaut même pas la peine" de
déposer des réclamations.
- Seule candidate à la présidentielle de
l'ile, Roukiat Ibrahim Abdoulmadjid occupe la
troisième place avec 5,87% des voix.
|