- Le chef de l'Etat
sortant, le colonel Azali Assoumani, affirme avoir
largement remporté l'élection qui s'est
déroulée le 17 avril, alors que ses deux
adversaires, Mahamoud Mradabi et Said Ali
Kemal, avaient introduit un recours en annulation.
Ils contestaient la victoire du colonel Azali en
invoquant "des irrégularités frauduleuses"
constatées lors des primaires du 17 mars, qui les
ont amené à boycotter l'élection
proprement dite, le 14 avril.
- La Commission nationale électorale
indépendante et d'homologation (CNEIH), qui
avait été saisie de ces recours en
annulation, a décidé le 21 avril d'annuler
purement ce scrutin. Mais cette décision
d'annulation a été prise après la
démission de plusieurs membres de la
sous-commission d'homologation qui, eux, étaient
favorables à la validation des résultats,
dont son président, Issiaka Abdourazak.
- Dès cette décision d'annulation connue,
le gouvernement et le colonel Azali en personne ont
vivement contesté sa justesse. Las, les Comores
étant les Comores, dès le lendemain, c'est
à dire le mardi 23 avril, la CNEIH a
été dissoute par les autorités et
aussitôt remplacée par deux instances
distinctes, une Commission nationale électorale
indépendante (CNEI), et une Commission
d'homologation (CH). Une décision qui fleure
bon le tripatouillage, le tout avec l'aval de l'OUA,
puisque Francisco Caetano José Madeira,
l'envoyé spécial aux Comores du
Secrétaire général de l'OUA, a
déclaré aussitôt que l'OUA
"acceptera son verdict".
- Il a donc été décidé in
fine que cette nouvelle Commission d'Homologation sera
mise en place le 5 mai, et qu'elle aura trois jours pour
se prononcer sur la validité de l'élection
du président de l'Union des Comores. Un calendrier
de circonstance car l'on se doute bien que cette nouvelle
instance va valider la victoire du colonel Azali.
- Pour mémoire, et ça mérite
d'être su, selon les chiffres fournis par le
ministre de l'Intérieur sur la
présidentielle de l'Union, le colonel Azali, 43
ans, aurait obtenu 56.256 des 56.256 suffrages
exprimés sur l'île de la Grande-Comore, soit
100%. Il a également remporté 88,3% des
suffrages exprimés sur l'île d'Anjouan,
selon les chiffres publiés par son bureau de
campagne à Mutsamudu, la capitale de l'île.
- On se demande bien pourquoi les adversaires du
colonel Azali se plaignent face à un adversaire si
"brillant" qui fait du 100 %, le tout devant les
observateurs de l'OUA et de l'Organisation de la
francophonie (OIF) qui ne trouvent rien à redire.
- Deux jours après le scrutin du 17 avril, le
groupe d'observateurs internationaux conduit par
l'ex-ambassadeur de Guinée auprès de
l'Organisation de l'unité africaine (OUA), Mamadou
Diawara, avait en effet jugé que l'élection
du président de l'Union des Comores s'était
"déroulée dans un climat calme",
malgré "des incidents divers (...) dont certains
ont pu être constatés par les observateurs
eux-mêmes". Courageusement cette Mission a
souligné que le retrait de deux des trois
candidats, le colonel Mahamoud Mradabi et le prince Said
Ali Kemal, semblait "avoir eu un certain effet sur le
taux de participation électorale."
- Et cette Mission d'observateurs d'affirmer que les 46
équipes qu'elle a déployées dans
l'archipel ont pu observer le déroulement du
scrutin présidentiel dans 37 bureaux sur 37 sur
l'île de Moheli, 116 bureaux sur 176 à
Anjouan, et 321 bureaux sur 321 sur la Grande-Comore,
soit 474 bureaux de vote sur un total de 534. Bravo. Seul
problème, tous les observateurs
indépendants ont pu remarquer que dans la Grande
Comore, de nombreux bureaux de vote de la capitale
n'avaient pas ouvert ou avaient été
fermés de force par des militants de certains
candidats. Des incidents ont fait cinq blessés
légers sur l'île de la Grande-Comore et
à Moroni où, seulement sept bureaux sur 29
sont restés ouverts.
- Une dizaine de bureaux ont été
saccagés à la Grande-Comore et à
Anjouan. Rien vu l'OUA ? Rien vu l'OIF ?
|