N° 250
du 24/05/2002

Comores


Le candidat soutenu par le chef de l’Etat,
le colonel Azali Assoumani,
devancé par l’opposant Abdou Soulé Elbak au 1er tour
de la présidentielle dans l’île de la Grande Comore

La Commission d’homologation (CH) a validé les résultats du premier tour de la présidentielle organisé le 12 mai sur l’île de la Grande-Comore, confirmant que le second tour opposera l’ancien député d’opposition Abdou Soulé Elbak au gouverneur sortant, Bakari Abdallah Boina.
M. Elbak est arrivé en tête, avec 17,15% des suffrages exprimés, devant M. Bakari, qui en a obtenu 14,48%. Quinze candidats étaient en lice.
L’ex-gouverneur Boina est soutenu par le chef de l’Etat, le colonel Azali Assoumani, élu président de l’Union des Comores le 14 avril. M. Elbak, ancien député du Parti comorien pour le développement et le progrès (PCDP), est propriétaire d’une agence de voyages.
La commission a noté quelques anomalies dans les résultats, et par exemple “des cas où le total des répartitions des suffrages entre les candidats est supérieur ou inférieur aux suffrages exprimés”.
La Commission d’homologation était composée de cinq magistrats, dont deux étrangers, un Mauricien et un Béninois.
M. Elbak, arrivé en tête au premier tour, a dénoncé une “fraude électorale”. “ L a présence du gouverneur Bakari Abdallah Boina au second tour est le résultat de la corruption et de la fraude électorale”, avait-il déclaré.
Cette élection présidentielle en Grande-Comore est la dernière étape d’un processus institutionnel visant à sortir les Comores d’une crise née de l’autoproclamation d’indépendance de l’île d’Anjouan, en août 1997, et aggravée par le coup d’Etat militaire qui a amené le colonel Azali au pouvoir, le 30 avril 1999. Anjouan et Mohéli, la plus petite des trois îles, ont déjà élu leurs présidents, le 31 mars et le 7 avril. La présidentielle en Grande-Comore avait été reportée à deux reprises.


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