N° 253
du 30/07/2002

Comores


La fête nationale sous le signe de la division

La cérémonie samedi 6 juillet marquant le 27e anniversaire de l’indépendance des Comores, placée sous le signe de “la réconciliation nationale” a été boycottée par les présidents des deux principales îles de l’archipel.
Les présidents des îles autonomes d’Anjouan et de la Grande-Comore, le colonel Mohamed Bacar et M. Abdou Soulé Elbak, n’ont pas assisté aux festivités, qui n’ont rassemblé que quelque 600 personnes sur la place de l’Indépendance à Moroni.
Seul Mohamed Said Fazul, président de Mohéli, la plus petite et la moins peuplée des trois îles des Comores, a fait le déplacement.
Le président d’Anjouan s’était fait représenter par une délégation de trois personnes conduite par M. Hakim Allaoui, le ministre anjouanais de la justice et de la fonction publique de l’île.
Quant au président Elbak, il s’est rendu avec quelque trois cents de ses partisans à la mosquée Al Quassimi, la grande mosquée de la capitale pour une prière.
Il avait annoncé qu’il n’assisterait pas à la cérémonie officielle pour marquer son désaccord avec le président de l’Union des Comores, le colonel Azali Assoumani sur le partage des compétences entre l’Union et l’île de la Grande-Comore.
“Nous ne boycottons pas la fête nationale, mais pour cette année et compte tenu des circonstances, nous avons choisi une autre manière de commémorer notre fête de l’indépendance” avait-t-il déclaré.
L’allocution que le président de l’Union devait prononcer sur la place de l’indépendance a été annulée sans explication. La traditionnelle garden-party de l’après-midi a été également supprimée.
A Anjouan, la fête nationale a été célébrée par un cocktail organisé dans une maison privée et présidé par M. Soifaoui Halidi Makani, le porte-parole de la présidence anjouanaise, qui n’a rassemblé qu’une cinquantaine de personnes.

Toutefois, une fois les “festivités” terminées, le colonel Azali Assoumani a rencontré les présidents des îles autonomes de Mohéli et de la Grande-Comore, MM. Said Mohamed Fazul et Abdou Soulé Elbak, pour examiner avec eux “les problèmes immédiats du pays”. Selon le président Azali, les quatre responsables (les président des trois ïles, et lui-même) ont décidé de se rencontrer “au moins deux fois par mois” pour lever les divers obstacles. Ils se sont également mis d’accord pour “reprendre au plus vite le processus électoral” pour la mise en place des assemblées tant au niveau de l’Union que des îles, “fin août au plus tard”.


Sommaire COMORES

Sommaire Home Page