N° 264
du 17/02/2003

Comores


Vague d’arrestations
après une tentative présumée de coup d’Etat

Deux ministres de l’île autonome de la Grande-Comore et une douzaine de gendarmes ont été arrêtés aux Comores après une tentative présumée de coup d’Etat contre le président de l’Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, au pouvoir depuis près de quatre ans.
Le porte-parole du gouvernement de l’Union, Houmed M’Saidié, qui a annoncé le 13 février ces arrestations, a accusé l’entourage du président de l’île autonome de la Grande-Comore, Abdou Soulé Elbak, d’être à l’origine de cette tentative de coup d’Etat.
Un grave conflit sur le partage des compétences oppose depuis plusieurs mois MM. Azali et Elbak.
Les deux ministres arrêtés sont Cheikh Ali Bacar Kassim et Abdou Raouf, respectivement en charge de l’Intérieur et de la Justice dans le gouvernement de l’île autonome de la Grande-Comore présidé par M. Elbak.
Le porte-parole de l’Union a affirmé que Cheikh Ali Bacar Kassim avait recruté une cinquantaine d’anciens militaires à la retraite en vue du coup d’Etat. Parmi les autres personnes arrêtées figure notamment Aboubacar Salim, l’un des gardes de corps du colonel Azali Assoumani qui était en pélerinage à La Mecque.
Selon les autorités de l’Union, l’opération devait se dérouler le 9 février.

Le gouvernement de la Grande-Comore “n’est impliqué dans aucune tentative de déstabilisation”, a réagi Dini Nassur, ministre de l’Agriculture et de la pêche du gouvernement de cette île. “Le président Azali cherche les moyens d’éliminer le pouvoir d’Elbak pour s’accaparer de l’île. C’est une manière de parachever son coup d’Etat” de 1999, a-t-il assuré.
Le président de la Grande-Comore, M. Elbak, accuse fréquemment le président de l’Union, le colonel Azali, d’empiéter sur ses prérogatives et de vouloir accaparer le pouvoir sur l’île, la plus grande de l’Union.
Composée des trois îles d’Anjouan, de Mohéli, et de la Grande-Comore, l’Union des Comores sort difficilement de plusieurs années d’une crise séparatiste provoquée par la sécession d’Anjouan en août 1997, et aggravée à partir d’avril 1999 par un coup d’Etat militaire du colonel Azali, alors chef d’état-major de l’armée.
Un accord-cadre de réconciliation nationale a été obtenu en février 2001, et une nouvelle constitution a été adoptée en décembre de la même année. Le colonel Azali a été élu président de l’Union le 14 avril 2002.
Le président Azali avait estimé fin janvier que son pays “fonctionne bel et bien” et qu’”il n’y a pas de blocage”.
Concernant le conflit de compétences, il avait affirmé que cette situation est l’œuvre d’”esprits bloqués, immobiles, haineux, imperméables à toute logique, et qui ne rêvent que de violence et de chaos”.
Depuis son indépendance de la France en 1975, le pays a connu une vingtaine de coups d’Etat ou tentatives, dont quatre ont réussi. La dernière tentative de coup d’Etat remonte à décembre 2001.


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