N° 285
du 06/01/2004

Comores


Toujours sous le coup d’une inculpation
L’opposant Saïd Larifou hospitalisé pour problèmes cardiaques

L’opposant Saïd Larifou, assigné à résidence à Moroni, est hospitalisé depuis le 20 décembre dans la capitale comorienne pour des problèmes cardiaques et les autorités refusent jusqu’ici son évacuation sanitaire.
Le cardiologue de Me Larifou, le Dr Sounhadj Attoumane, a été appréhendé le 30 décembre par la gendarmerie pour lui avoir délivré quelques jours plus tôt un certificat d’évacuation vers La Réunion.
Par ailleurs, Me Djalil Gangate, avocat de Me Larifou à La Réunion, a déposé une plainte pour «séquestration et détention arbitraire» contre les autorités comoriennes auprès du parquet de Saint-Pierre de La Réunion.
Saïd Larifou, avocat franco-comorien, dirige le parti d’opposition des Comores Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie).
Il a été écroué le 24 septembre pour «attentat à la sécurité de l’Etat, déstabilisation et incitation à la violence», à la suite de manifestations en octobre puis assigné à résidence à Moroni.
Me Larifou a expliqué avoir eu « un malaise « quand il a été interpellé une nouvelle fois par la gendarmerie comorienne le 20 décembre, après avoir annoncé à la justice son intention de se rendre à La Réunion.

Mouvement de soutien pour l’avocat ...

L’Association comorienne des droits de l’Homme (ACDH) a accusé le président Azali Assoumani de «non-assistance à personne en danger» en refusant l’évacuation sanitaire de Saïd Larifou.
Le cas de Saïd Larifou «constitue une violation flagrante du droit au soin et à la vie d’une personne», a estimé l’ACDH pour qui le dossier médical de Larifou «décèle des anomalies cardiaques qui exigent que le patient soit pris en charge par une unité de soin très spécialisée et dont les Comores ne disposent malheureusement pas».
«Personne ne comprendrait qu’après avoir signé un accord de réconciliation (...) on refuse à un citoyen comorien, et de surcroît leader politique, le droit de se faire soigner», a conclu l’ACDH.
L’Union des Comores et les trois îles autonomes qui la composent ont signé le 20 décembre un accord de réconciliation.

... y compris à la Réunion

Une douzaine d’associations, dont l’Association islamique sunnite du Tampon, la Fédération réunionnaise des associations musulmanes, l’Association Réunion-Palestine, la Fraternité des Musulmans Réunionnais, Run Muslim, ont signé une lette de soutien à l’avocat comorien.
Dans cette lettre également signée par Monseigneur Gilbert Aubry, l’évêque de La Réunion, ces associations ont demandé aux Réunionnais d’écrire à leurs élus (député, maire, sénateur, etc.), pour leur demander de «tout faire pour faire rapatrier Maître Larifou à La Réunion, et mettre fin à une atteinte fondamentale aux Droits de l’Homme.»

Interpellation de journalistes

Saïd Omar Allaoui, directeur de la Gazette des Comores, et Mohamed Maoulana, journaliste, ont été interpellés le 2 janvier par la brigade de recherche de la gendarmerie de Moroni, après la publication par La Gazette des Comores d’une interview du Dr Sounhadj, le seul cardiologue de la Grande Comore qui a examiné Maître Larifou et demandé son évacuation sanitaire.
Le directeur de la Gazette et son journaliste doivent être entendus par le substitut du procureur de la République du tribunal de Moroni.


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