| L’opposant Saïd
Larifou, assigné à résidence à Moroni,
est hospitalisé depuis le 20 décembre dans la capitale comorienne
pour des problèmes cardiaques et les autorités refusent
jusqu’ici son évacuation sanitaire.
Le cardiologue de Me Larifou, le Dr Sounhadj Attoumane,
a été appréhendé le 30 décembre par
la gendarmerie pour lui avoir délivré quelques jours plus
tôt un certificat d’évacuation vers La Réunion.
Par ailleurs, Me Djalil Gangate, avocat de Me Larifou
à La Réunion, a déposé une plainte pour «séquestration
et détention arbitraire» contre les autorités comoriennes
auprès du parquet de Saint-Pierre de La Réunion.
Saïd Larifou, avocat franco-comorien, dirige le parti d’opposition
des Comores Ridja (Rassemblement pour une initiative de développement
avec une jeunesse avertie).
Il a été écroué le 24 septembre pour «attentat
à la sécurité de l’Etat, déstabilisation
et incitation à la violence», à la suite de manifestations
en octobre puis assigné à résidence à Moroni.
Me Larifou a expliqué avoir eu « un malaise « quand
il a été interpellé une nouvelle fois par la gendarmerie
comorienne le 20 décembre, après avoir annoncé à
la justice son intention de se rendre à La Réunion.
Mouvement de soutien pour l’avocat ...
L’Association comorienne des droits de l’Homme (ACDH)
a accusé le président Azali Assoumani
de «non-assistance à personne en danger» en refusant
l’évacuation sanitaire de Saïd Larifou.
Le cas de Saïd Larifou «constitue une violation flagrante du
droit au soin et à la vie d’une personne», a estimé
l’ACDH pour qui le dossier médical de Larifou «décèle
des anomalies cardiaques qui exigent que le patient soit pris en charge
par une unité de soin très spécialisée et
dont les Comores ne disposent malheureusement pas».
«Personne ne comprendrait qu’après avoir signé
un accord de réconciliation (...) on refuse à un citoyen
comorien, et de surcroît leader politique, le droit de se faire
soigner», a conclu l’ACDH.
L’Union des Comores et les trois îles autonomes qui la composent
ont signé le 20 décembre un accord de réconciliation.
... y compris à la Réunion
Une douzaine d’associations, dont l’Association islamique
sunnite du Tampon, la Fédération réunionnaise
des associations musulmanes, l’Association Réunion-Palestine,
la Fraternité des Musulmans Réunionnais,
Run Muslim, ont signé une lette de soutien à
l’avocat comorien.
Dans cette lettre également signée par Monseigneur
Gilbert Aubry, l’évêque de La Réunion,
ces associations ont demandé aux Réunionnais d’écrire
à leurs élus (député, maire, sénateur,
etc.), pour leur demander de «tout faire pour faire rapatrier Maître
Larifou à La Réunion, et mettre fin à une atteinte
fondamentale aux Droits de l’Homme.»
Interpellation de journalistes
Saïd Omar Allaoui, directeur de la Gazette des Comores, et Mohamed
Maoulana, journaliste, ont été interpellés le 2 janvier
par la brigade de recherche de la gendarmerie de Moroni, après
la publication par La Gazette des Comores d’une interview du Dr
Sounhadj, le seul cardiologue de la Grande Comore qui a examiné
Maître Larifou et demandé son évacuation sanitaire.
Le directeur de la Gazette et son journaliste doivent être entendus
par le substitut du procureur de la République du tribunal de Moroni.
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