- Madagascar, un des pays
les plus pauvres du monde avec un PNB annuel ne
dépassant pas 250 dollars par habitant, a une
économie "sous perfusion" et est minée par
la corruption.
- Bénéficiaire de l'Initiative pour
les pays pauvres très endettés
(IPPTE), Madagascar est même dans
l'incapacité d'utiliser les millions de dollars
qui lui ont été accordés.
- Le pays affiche pourtant une croissance
estimée à plus de 6% pour 2001, et
une réduction du déficit
budgétaire. Mais le salaire minimum mensuel,
dans le secteur privé, est inférieur
à 30 euros. Cette main-d'¦uvre bon marché
fait de Madagascar un pays attractif pour les industries
étrangères qui cherchent à se
délocaliser. Les zones franches, qui ont
fêté récemment leur 10ème
anniversaire, ont créé 100.000 emplois,
textiles essentiellement, et uniquement dans les villes.
Le textile est ainsi devenu le premier pourvoyeur
net de devises du pays, avec 200 millions d'euros par an.
- Selon les chiffres officiels de 2001, le tourisme
arrive en deuxième position, avec 96 M EUR, au
rythme de 100.000 touristes par an, en croissance
régulière, et ensuite les crevettes, de
pêche ou d'aquaculture, avec quelque 12.000 tonnes
exportées, pour 81 M EUR.
- Cette embellie ne profite qu'aux villes, qui
concentrent 10 à 15% des 15 millions d'habitants
de l'île, et où subsistent d'importants
bidonvilles. Les 12 millions de Malgaches du secteur
rural vivent dans une quasi-misère.
-
- Vanille, café, girofle, viande de zébu
et même riz, qui faisaient la richesse de
Madagascar, ont subi de plein fouet la
désorganisation chronique des filières,
après 10 ans de libéralisation totale,
souvent anarchique, et les aléas des cours
mondiaux, affectés par l'émergence de pays
concurrents.
- La corruption s'est installée "et même
institutionnalisée". Elle accueille le visiteur
dès l'aéroport, aux contrôles de
douane et de police. L'étendue de ces pratiques
dissuade de plus en plus les capitaux privés
étrangers, malgré les mesures fiscales
incitatives. Et d'autant plus que, malgré la
libéralisation de l'économie, la terre
reste celle des ancêtres: les étrangers
n'ont toujours pas le droit d'être
propriétaires.
-
- Le Fonds monétaire international (FMI) a
estimé dans son dernier rapport annuel sur le
pays, que les performances de Madagascar sont
satisfaisantes tout en soulignant que la pauvreté
reste généralisée. Dans cette revue
annuelle, effectuée le 5 décembre, le Fonds
indique que "la croissance économique s'est
accélérée et l'économie s'est
davantage diversifiée. L'inflation a
été fortement réduite et le
déficit de la balance des paiements
extérieurs est inférieur aux
prévisions alors que les réserves
officielles ont augmenté".
- Concernant les finances publiques, le FMI signale que
les résultats pour la première
moitié de 2001 ont été
mitigés "avec un déficit
général inférieur aux
prévisions mais un objectif manqué pour les
recettes". Le Fonds s'inquiète des faibles
résultats des recettes en 2001 ce qui a eu un
impact négatif sur les dépenses sociales et
les investissements. Mais le Fonds s'est
félicité des réformes en cours pour
améliorer la collecte des impôts et a
appelé à la poursuite de la réforme
des douanes. Les privatisations en 2002 devrait faire
augmenter les recettes de l'Etat. Au programme, cettes du
secteur des télécommunications, du coton et
du sucre. La croissance réelle du PIB sera de 6,7%
en 2001 avec une inflation autour de 4,5%, selon les
prévisions du FMI.
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