N°256
du 02/10/2002

Madagascar


Difficile sortie de crise
Le secteur privé demande 472 millions d’euros

Le secteur privé de Madagascar, pays dont l’économie a été touché de plein fouet par une grave crise politique au premier semestre, demande une aide de 472 millions d’euros pour “relancer l’économie et sortir de la crise”.
Cette demande figure dans un document publié par le “Fonds d’appui au secteur privé” (FASP), un des programmes sectoriels malgaches financés par la Banque mondiale à Madagascar.
Le FASP, qui demande un véritable “plan Marshall pour l’économie de Madagascar”, indique que ces besoins ont été établis sur la base d’une enquête effectuée du 20 août au 10 septembre auprès des opérateurs économiques malgaches, tous secteurs confondus.
Les besoins “immédiats et urgents” en trésorerie des secteurs productifs sont de 256 millions euros (environ 1690 milliards Fmg) sur 2 ans et de 216 millions euros en investissements sur la même période.
Selon les résultats de cette enquête, “la baisse des effectifs dans les entreprises est de 27%, la chute de leurs chiffres d’affaires de 65%, la réduction de leurs ventes locales de 69%, celle des exportations de 47%, la diminution du taux d’activité de 65% et des stocks de 37%”.
Le secteur le plus touché par la crise politique du premier semestre est celui des entreprises franches, spécialisées dans l’industrie textile à l’exportation, suivi de l’agriculture. Ces deux secteurs sont fortement dépendants des achats extérieurs. Or, les clients de Madagascar se sont tournés vers d’autres pays pour s’approvisionner.
Dans le meilleur des cas, conclut ce document, la bonne situation économique de 2001, avec un taux de croissance de 6,7% -alors qu’il sera proche de -10% cette année- ne sera rétablie qu’au milieu de 2003 si les aides sont rapidement décaissées.
Pour le secteur privé, environ 100 millions de dollars de soutiens multilatéraux sont disponibles jusqu’à la fin de l’année, selon la Banque mondiale, si les autorités malgaches présentent un programme de relance “précis et rigoureux”.
Fin juillet, Madagascar avait obtenu auprès des bailleurs de fonds internationaux une promesse d’aide -plus importante que prévue- de 2,3 milliards de dollars sur quatre ans, dont 1,4 milliard devrait être débloqué d’ici la fin de l’année, avait déclaré le Premier ministre malgache Jacques Sylla.
Or, les bailleurs de fonds ne se pressent pas de mettre la main à la poche et ne débloqueront sans doute rien, avant que ne se tiennent des élections législatives anticipées que vient d’annoncer le président Ravalomanana (Cf. pages politiques)

Mesures gouvernementales pour la relance

De son côté, le président Marc Ravalomanana a annoncé un futur “abaissement des taxes et droits douaniers sur les matières premières importées” et la “baisse du taux directeur de la Banque centrale” pour relancer l’économie. Pour l’heure, selon le porte-parole de la présidence, il ne s’agit que de “propositions”. L’abaissement des droits de douane vise à relancer la production des entreprises en zone franche. Environ 80.000 ouvriers de ces sociétés installées à Antananarivo dans le secteur textile sont encore en chômage technique.
La baisse du taux directeur de la Banque centrale, actuellement de 12%, permettrait aux banques de relancer le crédit aux entreprises, dont la trésorerie a été affectée par la crise.


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