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L'Avant-Garde du
Renouveau de Madagascar (AREMA) du président
malgache Didier Ratsiraka a remporté les
élections provinciales dans les grandes villes du
pays, à l'exception de la capitale, gagnée par
le parti conservateur.
Quelque 60 à 70% des électeurs inscrits
n'ont pas voté pour ces premières
élections provinciales de l'histoire de Madagascar,
premier pas vers la décentralisation et la
création de provinces autonomes.
Les résultats des circonscriptions
électorales rurales ne sont pas encore connus.
Six millions d'électeurs malgaches étaient
appelés aux urnes le 3 décembre, pour
élire 336 conseillers provinciaux appelés
à mettre en place six provinces autonomes de
Madagascar, après un siècle de centralisme.
Les résultats actuellement connus portent sur 570
des 1.648 bureaux de vote. Le taux de participation sur
1.056.389 inscrits est de 28,05%.
Selon ces résultats, la majorité des
sièges dans les grandes villes ont été
remportés par l'AREMA, alors qu'à
Antananarivo, le parti conservateur de l'ancien Premier
ministre Norbert Ratsirahonana a maintenu sa
suprématie en s'adjugeant 10 des 18 sièges
à pouvoir.
A Toamasina, premier port de Madagascar sur
l'océan Indien et région natale du
Président de la République Didier Ratsiraka, 2
des 4 sièges sont allés à l'AREMA et
deux autres à des formations indépendantes
soupçonnées d'être proches du pourvoir.
A l'extrême nord du pays, à Antsiranana
(ex-Diego Suarez), fief traditionnel de l'ancien
président Albert Zafy, son parti n'obtient
qu'un des quatre sièges, les trois autres allant au
parti au pouvoir.
A Mahajanga, sur la côte nord-ouest, l'AREMA
obtient deux sièges sur quatre, les deux autres sont
gagnés par des formations politiques
indépendantes.
Tout au sud de l'île, à Toliara sur la
côte ouest le canal de Mozambique, des
résultats partiels donnaient un avantage à une
liste dissidente AREMA.
A Fianarantsoa, au sud des hauts plateaux centraux,
région d'origine du premier ministre Tantely
Andrianarivo, l'AREMA emporte deux des quatre
sièges, les deux autres allant au parti "Leader
Fanilo" d'Herizo Razafimahaleo, deuxième
force politique du pays, et à une liste
indépendante.
Dans cette ville très catholique où la
Conférence des évêques de Madagascar
avait été la première à
s'opposer à ces élections en raison de la
méconnaissance, selon elle, des enjeux
véritable de l'autonomie provinciale par la
population, la participation est de 32,65%.
Enfin, dans la capitale, Antananarivo, la population a
fait bloc autour de son leader naturel Norbert
Ratsirahonana, donnant à son parti 49,43% des 82.019
suffrages exprimés sur 488.777 inscrits, soit 19,16 %
de participation.
Avec 10 sièges sur les 18 à pouvoir et ses
12 députés élus à
l'Assemblée nationale en 1998, membres de droit des
futurs Conseils provinciaux, l'ancien Premier ministre se
place en bonne position d'éligibilité pour
être gouverneur de la province d'Antananarivo.
L'opposition radicale au président Didier
Ratsiraka ainsi que l'influent Conseil des églises
chrétiennes de Madagascar (FFKM) avaient
appelé au boycott du scrutin en raison, selon eux, du
manque de préparation de la population aux enjeux de
l'autonomie des provinces.
Composée de six provinces - Antananarivo au
centre, Antsiranana au nord, Fianarantsoa au centre-sud,
Mahajanga au nord-ouest, Toamasina sur le littoral est et
Toliara au sud -, la Grande Île de l'océan
Indien, d'une superficie de 587.000 km2 et peuplée de
15 millions d'habitants, est régie, depuis sa
colonisation à la fin du siècle dernier et son
indépendance en 1960, par un pouvoir et une
administration centralisés à l'extrême.
Une fois élus, les conseillers provinciaux
désigneront à bulletin secret, à une
date qui n'est pas encore fixée, les gouverneurs des
provinces autonomes. Ces nouvelles entités auront
compétence dans les secteurs du développement
économique, de l'éducation et de la
santé.
Cette élection constituait un test politique pour
le président Ratsiraka, à un an des
présidentielles pour lesquelles il n'a toujours pas
annoncé s'il briguera ou non un cinquième
mandat.
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