- Ils seront finalement
six à briguer la magistrature suprême
à Madagascar lors du scrutin du 16
décembre, puisque l'ancien Premier ministre,
Norbert Ratsirahonana, s'est désisté
en faveur du maire d'Antananarivo, Marc
Ravalomanana. Les six ont déposé leur
dossier auprès de la Haute cour constitutionnelle
malgache (HCC), seule habilitée à juger de
la validité de leur candidature, statuera aussi
sur tous les contentieux qui émaneraient du
scrutin.
- L'éventail des candidats reflète celui
des principales origines ethniques, considération
toujours importante à Madagascar: MM.
Razafimahaleo et Rajaonary sont
Betsileo (centre-sud), MM. Zafy et
Rajakoba sont Sakalave (nord/nord-ouest), M.
Ratsiraka un Betsimisaraka du centre-est, et M.
Ravalomanana un Merina des hauts-plateaux du centre
- Six à sept millions d'électeurs seront
appelés aux urnes dans environ 15.000 bureaux de
vote, répartis sur les 587.000 km2 d'un pays
peuplé de 15 millions d'habitants et classé
parmi les plus pauvres du monde, avec un PNB par
tête et par an de 250 dollars.
- La campagne électorale, d'une durée de
21 jours, devait commencer le dimanche 25 novembre.
L'amiral Didier Ratsiraka
Président sortant. A presque 67 ans, il brigue un
cinquième mandat de cinq ans, après plus de
20 ans de pouvoir.
- Le "père de la révolution socialiste
malgache", fondateur du parti "Avant-garde du renouveau
de Madagascar" (Arema), et aujourd'hui converti au
libéralisme économique, avait
été destitué de ses fonctions en
1991 par un mouvement populaire, puis battu à
l'élection présidentielle de février
1993 par le Pr. Albert Zafy, élu au second tour
avec 66,75% des voix. Il est revenu au pouvoir
début 1997, en prenant sa revanche sur le Pr.
Zafy, au second tour et de très peu (50,71% des
voix).
-
- Le Pr. Albert Zafy
- Ancien président de la République (75
ans), le doyen des candidats. "L'homme au chapeau de
paille", professeur de chirurgie, avait été
destitué de son mandat présidentiel par
l'Assemblée nationale en août 1996 pour viol
de la Constitution. Battu au 2ème tour par Didier
Ratsiraka en 1997, il revient à la charge,
à la tête de son parti éclaté,
Affa.
-
- Marc Ravalomanana
- Le maire d'Antananarivo (élu à cette
fonction en novembre 1999), 51 ans, sans parti politique
structuré, mais puissant homme d'affaires. Sa
seule structure politique est une association de
sympathisants créée sur le slogan "Tiako
Antananarivo" (J'aime Antananarivo).
- Mais il a reçu le soutien de l'ancien Premier
ministre Norbert Ratsirahonana. M. Ratsirahonana,
président du parti AVI et dernier Premier ministre
du président Albert Zafy, a expliqué qu'il
avait décidé de se désister en
faveur de M. Ravalomanana car ce dernier l'avait soutenu
lors de l'élection présidentielle de 1996.
Ce désistement regroupe désormais de
façon manifeste les populations merina des hauts
plateaux autour d'un seul et unique candidat. L'AVI est
implanté surtout sur les hauts plateaux.
- Le maire d'Antananarivo comptera aussi sur
l'important appui des courants catholiques et
protestants, regroupés dans le très
influent "Conseil des églises chrétiennes
de Madagascar" (FFKM).
-
- Herizo Razafimahaleo
- Le plus jeune candidat, 46 ans. Economiste et homme
d'affaires, il est président du parti
libéral "Leader Fanilo". Arrivé 3ème
au premier tour de la présidentielle fin 1996
(15,13% des suffrages), il a été ancien
ministre et vice-Premier ministre de différents
gouvernements. Il représente la deuxième
force politique organisée du pays, derrière
l'Arema, en nombre d'élus et de voix.
-
- Patrick Rajaonary
- Homme d'affaires apolitique, âgé de 46
ans.
-
- Pasteur Daniel Rajakoba
- Un inconnu issu de la diaspora malgache, membre de
l'église réformée, âgé
de 61 ans.
|