N° 239
du 20/11/2001

Madagascar


Les six candidats déclarés
pour la présidentielle du 16 décembre à Madagascar

Ils seront finalement six à briguer la magistrature suprême à Madagascar lors du scrutin du 16 décembre, puisque l'ancien Premier ministre, Norbert Ratsirahonana, s'est désisté en faveur du maire d'Antananarivo, Marc Ravalomanana. Les six ont déposé leur dossier auprès de la Haute cour constitutionnelle malgache (HCC), seule habilitée à juger de la validité de leur candidature, statuera aussi sur tous les contentieux qui émaneraient du scrutin.
L'éventail des candidats reflète celui des principales origines ethniques, considération toujours importante à Madagascar: MM. Razafimahaleo et Rajaonary sont Betsileo (centre-sud), MM. Zafy et Rajakoba sont Sakalave (nord/nord-ouest), M. Ratsiraka un Betsimisaraka du centre-est, et M. Ravalomanana un Merina des hauts-plateaux du centre
Six à sept millions d'électeurs seront appelés aux urnes dans environ 15.000 bureaux de vote, répartis sur les 587.000 km2 d'un pays peuplé de 15 millions d'habitants et classé parmi les plus pauvres du monde, avec un PNB par tête et par an de 250 dollars.
La campagne électorale, d'une durée de 21 jours, devait commencer le dimanche 25 novembre.

L'amiral Didier Ratsiraka
Président sortant. A presque 67 ans, il brigue un cinquième mandat de cinq ans, après plus de 20 ans de pouvoir.

Le "père de la révolution socialiste malgache", fondateur du parti "Avant-garde du renouveau de Madagascar" (Arema), et aujourd'hui converti au libéralisme économique, avait été destitué de ses fonctions en 1991 par un mouvement populaire, puis battu à l'élection présidentielle de février 1993 par le Pr. Albert Zafy, élu au second tour avec 66,75% des voix. Il est revenu au pouvoir début 1997, en prenant sa revanche sur le Pr. Zafy, au second tour et de très peu (50,71% des voix).
 
Le Pr. Albert Zafy
Ancien président de la République (75 ans), le doyen des candidats. "L'homme au chapeau de paille", professeur de chirurgie, avait été destitué de son mandat présidentiel par l'Assemblée nationale en août 1996 pour viol de la Constitution. Battu au 2ème tour par Didier Ratsiraka en 1997, il revient à la charge, à la tête de son parti éclaté, Affa.
 
Marc Ravalomanana
Le maire d'Antananarivo (élu à cette fonction en novembre 1999), 51 ans, sans parti politique structuré, mais puissant homme d'affaires. Sa seule structure politique est une association de sympathisants créée sur le slogan "Tiako Antananarivo" (J'aime Antananarivo).
Mais il a reçu le soutien de l'ancien Premier ministre Norbert Ratsirahonana. M. Ratsirahonana, président du parti AVI et dernier Premier ministre du président Albert Zafy, a expliqué qu'il avait décidé de se désister en faveur de M. Ravalomanana car ce dernier l'avait soutenu lors de l'élection présidentielle de 1996. Ce désistement regroupe désormais de façon manifeste les populations merina des hauts plateaux autour d'un seul et unique candidat. L'AVI est implanté surtout sur les hauts plateaux.
Le maire d'Antananarivo comptera aussi sur l'important appui des courants catholiques et protestants, regroupés dans le très influent "Conseil des églises chrétiennes de Madagascar" (FFKM).
 
Herizo Razafimahaleo
Le plus jeune candidat, 46 ans. Economiste et homme d'affaires, il est président du parti libéral "Leader Fanilo". Arrivé 3ème au premier tour de la présidentielle fin 1996 (15,13% des suffrages), il a été ancien ministre et vice-Premier ministre de différents gouvernements. Il représente la deuxième force politique organisée du pays, derrière l'Arema, en nombre d'élus et de voix.
 
Patrick Rajaonary
Homme d'affaires apolitique, âgé de 46 ans.
 
Pasteur Daniel Rajakoba
Un inconnu issu de la diaspora malgache, membre de l'église réformée, âgé de 61 ans.


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