N° 246
du 14/03/2002

Madagascar


Les réactions internationales

La France joue la carte du référendum
Le 9 mars, de passage dans l'île française de la Réunion pour sa campagne électorale dans le cadre de l'élection présidentielle en France, le Premier ministre Lionel Jospin a plaidé pour un "compromis" entre Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, en se prononçant pour "une sanction du peuple, par des élections, par un référendum". Tout en ajoutant que ce qui se passe à Madagascar est une "situation qui nous préoccupe gravement", le Premier ministre s'est prudemment retranché derrière d'autres avis : "Comme l'OUA et les Nations unies, la France s'efforce de proposer une solution politique", a-t-il simplement ajouté.
 
De son côté, le ministre français de la Coopération Charles Josselin, a mis en exergue la "solution" référendaire, le mardi 12 mars dans un entretien au quotidien La Croix. "A un moment ou un autre, il faudra bien qu'il y ait une sanction du peuple à cette crise politique par des élections ou par un référendum. Et si le référendum peut être la solution, alors, «Vive le référendum»", a déclaré M. Josselin, ajoutant: "Il faut faire valoir l'état de droit contre l'état de force. C'est d'ailleurs le souci de la nouvelle médiation de l'OUA qui se poursuit".
Interrogé sur des récentes critiques de la Conférence épiscopale malgache envers Paris, l'accusant de protéger le président sortant Didier Ratsiraka, M. Josselin les a qualifiées de "faux procès". "Il n'est pas question de cautionner un hold-up électoral en faveur de l'un ou de l'autre", a-t-il souligné.
Pour lui, "à Madagascar on a jugé, à tort, que la condamnation ferme par la France de l'auto-proclamation signifiait que les autorités françaises condamnaient Marc Ravalomanana en tant que tel". "C'est un malentendu", ajoute M. Josselin. "Incontestablement Marc Ravalomanana a réuni le plus grand nombre de suffrages", a-t-il ajouté.
Le ministre de la Coopération a enfin assuré que "la France a bien entendu la volonté forte de changement du peuple malgache". Mais "si nous devons nous soucier d'une solution politique, comment procéder autrement qu'en préservant un cadre juridique?", a-t-il encore dit.
 
Les Etats-Unis appellent à la retenue
Les Etats-Unis, qui eux aussi semblent se raccrocher à l'idée d'un référendum pour "légaliser" toute prise du pouvoir, ont surtout lancé un appel au calme. Le porte-parole du département d'Etat Richard Boucher a notamment demandé à l'armée de Madagascar de rester calme, alors que Marc Ravalomanana installait son "ministre" de la Défense. Les USA ont aussi appuyé fortement la mission de l'OUA: "Nous demandons instamment aux deux parties de travailler avec l'OUA", a ajouté M. Boucher.
 
Le Canada appelle au calme
Le Canada s'est dit préoccupé le 4 mars par la dégradation de la situation politique et a lancé un appel aux deux parties pour un retour au calme dans l'Ile, dans un communiqué officiel. "Nous exhortons toutes les parties à s'abstenir de recourir à la violence et à rechercher une solution négociée à la crise actuelle, qui soit conforme aux normes juridiques de Madagascar", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé de l'Afrique, l'Amérique Latine et la Francophonie, Denis Paradis, dans le communiqué. Lui aussi a appuyé les tentatives de médiation de l'OUA.
 
Le pape pour le dialogue
Le pape Jean Paul II a appelé le 3 mars les leaders politiques de Madagascar à retrouver la voie du dialogue : "Je suis confiant dans la retenue et la non violence du peuple malgache et j'exhorte les dirigeants à reprendre avec confiance et courage la voie du dialogue pour trouver rapidement une solution à la grave crise, pour le bien commun", a déclaré le pape dans son intervention sur la place Saint Pierre après l'Angélus.


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