N° 248
du 18/04/2002

Madagascar


La Cour suprême invalide la Haute Cour Constitutionnelle
qui avait proclamé les résultats

La chambre administrative de la Cour suprême de Madagascar a annulé le 10 avril, lors d'une audience publique, la nomination de six des neuf membres de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), qui avait proclamé les résultats officiels de l'élection présidentielle à l'origine de la crise politique dans l'île.
La chambre administrative de la juridiction suprême est composée de magistrats nommés sous le régime du président Didier Ratsiraka.
Le décret de nomination de la HCC est "entaché d'irrégularités et donc annulé (...) "avec toutes les conséquences de droit qui en découlent", selon l'arrêt.
Selon un magistrat à l'origine d'une des requêtes en annulation examinées par la Cour suprême, cette décision ne signifie pas pour autant automatiquement l'annulation des résultats officiels du premier tour de l'élection présidentielle, proclamés le 25 janvier 2002 par la HCC et contestés par le rival de M. Ratsiraka, Marc Ravalomanana.
Ces résultats plaçaient M. Ravalomanana, le maire d'Antananarivo, en ballottage favorable avec 46,21% des suffrages contre 40,89% à l'amiral Ratsiraka, contraignant les deux hommes à s'affronter lors d'un second tour.
La chambre a joint les requêtes en annulation présentées, pour des motifs différents, par M. Ravalomanana lui-même et par un membre du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), Jean-Michel Rasolonjatovo, candidat malheureux à un des sièges de la HCC.
Les neuf membres de la HCC avaient été renouvelés le 22 novembre, à trois jours de l'ouverture de la campagne.
Cette décision ouvre toutefois la voie à un nouveau décompte des résultats par une HCC démarquée du camp Ratsiraka.


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