- Le gouverneur de Fianarantsoa résiste
- Premiers combats entre militaires
- Le sabotage des ponts continue
- Les partisans de Marc
Ravalomanana qui tentent depuis le mardi 27 mars
d'installer en force le député Pety
Rakotonirina, nouveau Président de la
délégation spéciale (PDS,
gouverneur) de Fianarantsoa (capitale du
même nom que la province), n'avaient toujours pas
atteint leur but, le 15 avril. Le gouverneur
"ratsirakiste" Emilson, retranché dans son
palais a organisé la résistance. Cette
situation a provoqué les premiers combats entre
militaires, le samedi 13 avril, cinq militaires
envoyés à Fianarantsoa par le camp du
président Ratsiraka ayant été
tués dans une embuscade tendue par des soldats
pro-Ravalomanana. L'embuscade visait à l'aube, aux
portes de Fianarantsoa, 25 militaires de l'Ecole
Nationale des sous-officiers d'Antsirabe. Outre les cinq
tués, 18 militaires ont été
blessés, dont au moins neuf grièvement.
- Autour du palais, les combats opposent des soldats,
gendarmes et policiers fidèles à M.
Ravalomanana, épaulés par des civils qu'ils
ont armés, à des gendarmes et des
militaires restés fidèles au gouverneur
Emilson.
- Pour monter sa détermination à
s'emparer du gouvernorat de Fianarantsoa, le gouvernement
de Ravalomanana a dépêché sur place
son ministre de l'Intérieur, Jean-Seth
Rambeloalijaona.
- Au total, les affrontements de Fianarantsoa ont fait
déjà au moins six morts : un moine
canadien, atteint de cinq balles dans le dos
tirées par des gendarmes légalistes, et les
cinq militaires de l'embuscade.
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- Au lendemain de ce week-end sanglant à
Fianarantsoa, alors que Marc Ravalomanana et Didier
Ratsiraka s'apprêtaient à s'envoler pour
Dakar à l'appel du président
sénégalais Abdoulaye Wade, d'autres
incidents sanglants ont eu lieu, le lundi 15 avril, cette
fois à Mahajanga, la quatrième ville
du pays, à quelque 600 km au nord-ouest
d'Antananarivo, où les forces de l'ordre ont
blessé au moins 37 partisans de M. Ravalomanana en
dispersant une manifestation. Deux jeunes gens ont
été grièvement blessés par
des tirs tendus de grenades lacrymogènes, dont un
qui a dû être amputé d'une jambe. Les
manifestations quotidiennes des pro-Ravalomanana avaient
été interdites la veille par le gouverneur
de Mahajanga, Etienne Razafindehibe, fidèle
à M. Ratsiraka.
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- Pour entretenir ce climat de tension, le pont
d'Ambohimandroso (situé près de la
localité d'Ambatolampy, environ 90 km au sud
d'Antananarivo) a été totalement
détruit à l'explosif dans la nuit du lundi
15 avril.
- Ce nouveau sabotage non revendiqué contribue
à renforcer le blocus mis en place par le camp du
président sortant Didier Ratsiraka pour asphyxier
la capitale Antananarivo. Le 29 mars, sur la même
route nationale, le grand pont de Fatihita, à
environ 300 km au sud de la capitale, avait
été partiellement détruit à
l'explosif. La circulation avait été
rétablie une semaine plus tard grâce
à la construction d'un pont temporaire.
- Ce blocus, qui engendre en particulier des
pénuries de carburants dans la capitale et les
villes des hauts-plateaux, a été rendu
possible grâce à des barrages routiers et
des sabotages de ponts, la plupart du temps partiellement
démontés ou barrés par des
containers soudés.
- La route du sud menant à Fianarantsoa,
à 400 km au sud-est d'Antananarivo, et au port de
Manakara, sur la côte est, peut permettre de briser
le blocus de la capitale. La pièce maîtresse
du dispositif reste le barrage de Brickaville, à
265 km à l'est d'Antananarivo, sur une autre route
menant au plus grand port de l'île, Toamasina, fief
de M. Ratsiraka.
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