- Des officiers
fidèles au président Ratsiraka,
véritables "chefs de guerre", mènent dans
le nord du pays une chasse aux partisans de Ravalomanana.
La vaste province d'Antsiranana, du nom du grand
port du nord de l'île (Diego-Suarez sous
l'ère coloniale), a été
partagée en zones d'influences confiées
à trois officiers selon plusieurs
témoignages. "La population est
terrorisée", ont affirmé à l'unisson
un homme d'affaires de l'île touristique de Nosy Be
(nord-ouest) et un responsable militaire de la
région de la Sava, dans le "triangle de la
vanille", au nord-est. Nosy Be est le
théâtre des plus grandes violences.
- Le gouverneur d'Antsiranana, Jean-Robert Gara,
fidèle à M. Ratsiraka, y a installé
le 1er février son chef de la
sécurité, le lieutenant-colonel Ancelin
Coutiti, qui, depuis, à la tête d'un
commando de 6 à 12 militaires, organise une chasse
aux membres du Comité de Soutien à
Ravalomanana (KMMR).
- Le 1er mars, en pleine nuit, le "commando Coutiti"
avait enlevé Olivier Ratsimba et un ami
chef d'entreprise, tous deux du KMMR. Ils ont
été tabassés et leurs corps
précipités dans un fossé, a
raconté l'ami, qui a "fait le mort". Olivier
Ratsimba n'a pas survécu.
- Les témoignages des violences du "commando
Coutiti" sont légion. Meurtre d'un homme qui
défendait sa fiancée en discothèque,
tabassages en public, réquisitions l'arme au poing
de voitures, bateaux, essence, racket des
commerçants.
- A Sambava, chef-lieu de la Sava, porter le
tee-shirt à l'effigie de Ravalomanana est
prohibé de facto. Le gouverneur Gara y a
dépêché une mission spéciale
de 16 éléments de l'armée,
dirigée par le colonel Jean-Victor Rahitso,
pour rétablir l'ordre. Cinq membres du KMMR ont
été arrêtés il y a trois
semaines à Sambava et trois à Andapa,
à 100 km au sud. Ils ont été
conduits à Diego où ils sont
torturés, a assuré un membre du KMMR qui a
fui jusqu'à Antananarivo. Une source militaire
parle d'ongles arrachés, les familles de "genoux
pelés et recouverts de piment".
- A Diego, les violences et intimidations ne vont pas
aussi loin. La ville, fief électoral de M.
Ratsiraka, est bien contrôlée par le
gouverneur Gara et un autre lieutenant-colonel
"détaché" de l'armée, selon des
témoignages concordants.
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- Bavure à Antananarivo
- Mort suspecte d'un partisan de Ratsiraka
- arrêté par les nouvelles
autorités
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- Arrêté le 10 avril dans un hôtel
de la capitale, Gaby Rolland Rajaonarivelo, dit
"Ravolomaso", partisan notoire de Didier
Ratsiraka, est mort le soir même des suites de
blessures après son arrestation. Gaby Rolland
Rajaonarivelo avait été arrêté
en compagnie de deux autres personnes par des policiers
et gardes du corps du camp de Marc Ravalomanana. Les deux
autres hommes arrêtés ont été
hospitalisés, souffrant de "polytraumatismes".
Après leur arrestation, ils avaient
été conduits dans les locaux des services
de renseignements, un bâtiment attenant à la
mairie, devenue "palais présidentiel" de M.
Ravalomanana, puis dans ceux de la police.
- Le décès de "Ravolomaso", survenu dans
la nuit, a provoqué l'affolement dans le camp de
M. Ravalomanana. Ses conseillers les plus proches se
retranchant derrière le "secret d'Etat" avant de
reconnaître un "accident" puis un
"dérapage". Le Premier ministre Jacques Sylla
serait lui entré dans une colère noire en
apprenant la nouvelle.
- "Ravolomaso" était un ancien policier devenu
"homme de main" du ministre de l'Aménagement du
territoire, l'un des durs du régime Ratsiraka.
- Le camp de Ravalomanana, a justifié ces
arrestations arguant que les trois personnes
étaient des complices au sein d'un "complot visant
à enlever le Premier ministre Jacques Sylla".
- Tous trois figuraient sur un mandat d'arrêt
collectif lancé la veille par le procureur de la
République d'Antananarivo.
- Selon des sources concordantes, ce mandat
d'arrêt comprend notamment les noms de la fille de
M. Ratsiraka, Sophie, et de deux de ses ministres
considérés comme des "durs" du
régime.
- Le premier est le ministre de l'aménagement du
territoire, Herivelona Ramanantsoa, connu pour
avoir payé à plusieurs reprises des jeunes
gens des quartiers pauvres pour mener des actions
violentes contre le camp Ravalomanana.
- Le second est le ministre des Travaux publics,
Jean-Emile Tsaranazy, qui est accusé
d'avoir participé au dynamitage d'un pont pour
intensifier le blocus de la capitale.
- Le week-end précédent cette bavure, les
maisons de plusieurs caciques du régime Ratsiraka
ont été pillées et incendiées
y compris celle de l'ancien Premier ministre Guy
Razanamasy, prédécesseur de M.
Ravalomanana à la mairie de la capitale ou encore
celle de Mme Lalatiana Ravololomanana, une
conseillère du président Ratsiraka.
- Un militant pro-Ravalomanana de 17 ans a
été tué par des militaires qui
protégeaient la maison de Gérard
Andrialemirovason, directeur général de la
présidence de M. Ratsiraka.
- Pour ramener le calme, le général
Ferdinand Razakarimanana, nouveau PDS (gouverneur)
d'Antananarivo avait dû lancer à la radio et
la télévision un "appel au civisme des
Malgaches", leur ordonnant de ne "toucher ni aux biens ni
aux personnes" et menaçant de faire arrêter
les "meneurs" de ces pillages.
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