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16 avril : Début dune médiation africaine, sous légide de lOUA à Dakar où Ratsiraka et Ravalomanana sont arrivés, à linvitation du président sénégalais Abdoulaye Wade
La Cour suprême malgache annule les résultats officiels du premier tour de la présidentielle, confiant de facto le soin deffectuer un nouveau décompte des suffrages à la Haute Cour constitutionnelle (HCC).
La Cour suprême dans un arrêt du 10 avril avait annulé la composition de la HCC. Cette Haute cour avait en effet été remaniée par le président Ratsiraka, à la veille de lélection de décembre.
Ce sera donc la Haute cour originelle, qui aura la charge dun nouveau décompte. La HCC, à cette date du 16 avril, ne compte plus que six membres sur neuf, soit le minimum du quorum requis pour être fonctionnelle. Elle est privée de son président, Victor Boto, qui a démissionné le 17 avril pour raisons de santé, et de deux autres membres. Sur les six membres restants, quatre avaient participé à lauto proclamation de M. Ravalomanana comme président, le 22 février. La composition de cette HCC est importante, car si le camp de Ravalomanana naccordait aucun crédit de neutralité à la Cour remaniée par le président Ratsiraka, à cette date, cest le camp des Ratsirakistes qui ne croît plus à la partialité de la HCC.
Mercredi 17 avril : Première rencontre entre MM. Ratsiraka et Ravalomanana depuis le 13 février
Jeudi 18 avril : Signature au Sénégal de lAccord de Dakar par Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka (Cf. encadré). Laccord a été paraphé par MM. Ratsiraka et Ravalomanana, ainsi que par Amara Essy pour lOUA, Ibrahima Fall, représentant spécial de Kofi Annan, pour lONU, et par le président sénégalais Abdoulaye Wade, au nom du groupe des chefs dEtat facilitateurs.
Vendredi 19 avril : A Antananarivo, le Premier ministre Jacques Sylla déclare que Marc Ravalomanana demeure président tant que le nouveau décompte des suffrages nest pas achevé et les résultats officiels proclamés. Il précise quil ny aura pas de gouvernement de transition avant la proclamation des résultats et donne quelques jours au président Ratsiraka pour faire lever les barrages routiers qui asphyxient la capitale Antananarivo et la région des hauts plateaux.
Sil ne le fait pas, il aura une fois de plus trompé le peuple malgache et laccord, cosigné avec des représentants de la communauté internationale, deviendra caduc, avertit M. Sylla. Le ton est donné quant à viabilité de lAccord de Dakar.
Samedi 20 avril : les Malgaches, et notamment les partisans de Didier Ratsiraka, commencent à prendre connaissance de la clause non-écrite de lAccord de Dakar, clause qui en fait prévoit une sortie honorable pour le président Ratsiraka. Tout le calendrier de laccord, le nouveau décompte des voix, ne seraient que poudre aux yeux.
Du coup, rien ne bouge du côté des barrages.
Certains Ratsirakistes se sentent trahis par Accord de Dakar. Un partisan de Ratsiraka, se confiant à lAFP, résume ce sentiment en ces termes : Sil (NDLR : Ratsiraka) veut quitter le pouvoir, quil le quitte seul mais quil ne parle pas au nom de tout le monde dans son camp, ou alors quil nous dise clairement «on abandonne la partie» et, dans ce cas, on na plus quà faire nos valises.
Du côté des pro-Ravalomanana, alors que lon sest battu, que lon a défilé dans la rue pendant des mois pour faire accepter sa victoire, cest aussi la grogne rien quà lidée quil va falloir à nouveau aller voter. Dans ce camp-là, les jeux sont faits, pas question de refaire un tour de table.
Ce même samedi 20 avril, le gouvernement de Marc Ravalomanana installe à Fianarantsoa (capitale de la province du même nom) son Président de la Délégation Spéciale (PDS) en la personne de Pety Rakotoniaina, à la place du gouverneur fidèle au président sortant Didier Ratsiraka. Pety Rakotoniaina (membre du MFM, le parti de Manandafy), a enfin pu prendre place dans le bureau du gouverneur ratsirakiste Emilson, qui sest replié dans le port de Manakara, sur la côte sud-est.
Les partisans de M. Ravalomanana, qui contrôlaient de facto la ville de Fianarantsoa depuis plus dun mois, avaient assiégé le gouvernorat trois semaines durant, avant que les militaires qui protégeaient le gouverneur ne désertent la place trois jours avant cette cérémonie dinstallation de Pety Rakotoniaina, qui a eu lieu en présence du ministre de lIntérieur de M. Ravalomanana, Jean-Seth Rambeloalijaona.
Fianarantsoa, la troisième ville du pays, est celle qui a payé le plus lourd tribut aux affrontements, avec au moins 15 morts.
Dimanche 21 avril : Trois jours après la signature dun accord qui prévoyait leur levée immédiate, rien ne bouge du côté des barrages routiers.
Pas question de les lever avant le retour du président Ratsiraka, nous lattendons pour avoir des précisions, déclare une porte-parole de Samuel Lahady, le gouverneur de la province de Toamasina. Ratsiraka est en séjour privé en France depuis la fin du rendez-vous de Dakar.
Encore plus inquiétant, la porte-parole tient à préciser que M. Lahady parle au nom des gouverneurs des cinq provinces du pays. Et elle ajoute : Nous considérons que la prise du gouvernorat de la province de Fianarantsoa samedi est illégale, et il nest pas question de mettre en application laccord tant que lon ne respecte pas la légalité.
Lapplication de laccord de Dakar est bien mal partie.
Du Burkina Faso où il est en visite, le secrétaire général de lOUA, Amara Essy, reconnaît la fragilité de cet accord mais annonce quil va mettre en place un comité de suivi et nommer un envoyé spécial pour Madagascar.
Lundi 22 avril : Laccord de Dakar est mort-né
Les gouverneurs des cinq provinces, fidèles au président Ratsiraka, annoncent quils ne lèveront pas les barrages routiers sans retour à la légalité, en particulier la démission du gouvernement de Marc Ravalomanana. Les prétentions du gouvernement insurrectionnel à son maintien constituent un agissement contraire à lesprit et la lettre de laccord de Dakar, déclarent les cinq gouverneurs dans un communiqué commun.
Leur décision viole laccord de Dakar qui prévoyait la levée des barrages dès la signature.
A noter que durant ce week-end, le gouverneur de Mahajanga (nord-ouest) avait fait lever le barrage principal sur la route qui mène à Antananarivo, pour se conformer à laccord. Mais sur intervention de ses pairs et dautres personnalités, il la fait remettre en place ce lundi. Même dans le camp de Ratsiraka, il y a donc un clan des durs et un clan des modérés.
La Haute Cour Constitutionnelle (HCC), dans sa nouvelle composition, commence à recompter les résultats de la présidentielle.
Après avoir annoncé la levée des barrages de sécurité, dressés par la population dans la capitale et ses environs pour parer à déventuelles attaques des partisans de M. Ratsiraka, Ravalomanana demande la levée des barrages routiers en province.
Mardi 23 avril : Le gouvernement de Jacques Sylla annonce quil va se contenter dexpédier les affaires courantes jusquà la proclamation des résultats officiels de la présidentielle, face au refus des partisans de Didier Ratsiraka de lever le blocus dAntananarivo.
Amara Essy, qui sent bien que ça coince, sen va à Libreville demander de laide au président Omar Bongo. Ravalomanana avait fait le 19 avril, à son retour de Dakar, une brève escale dans la capitale gabonaise, pour remercier le président Bongo pour son aide dans la conclusion de cet accord.
Ce même mardi, Samuel Lahady, le gouverneur de Toamasina, par décret, fait renforcer le blocus en interdisant tout transbordement de carburants sur la côte qui dépend de sa province. Ces dix derniers jours, 300.000 litres de carburants avaient pu quitter Toamasina pour le port de Manakara, plus au sud, doù ils avaient été acheminés par route jusquà Antananarivo. Samuel Lahady ferme donc le robinet.
Sur lîle touristique de Nosy Be (nord-ouest), le gouverneur de la province dAntsiranana organise une sorte de sécession, épaulé par des élus locaux et un commando de militaires qui ont mis la population en coupe réglée depuis deux mois. Ces élus de Nosy Be, se proclamant ministres du gouvernement provincial, réunissent ce mardi tous les opérateurs économiques de lîle pour leur signifier que les impôts seraient désormais levés et utilisés localement. Ils semploient à rechercher des compagnies aériennes et maritimes prêtes à desservir ce haut lieu du tourisme malgache sans passer par Antananarivo.
Sur la côte nord-est, un autre commando mandaté par le gouverneur et dirigé par une députée ratsirakiste a renforcé sa chasse aux pro-Ravalomanana, multipliant les arrestations musclées.
Mercredi 24 avril : ce nest plus leuphorie du côté des négociateurs en chef de Dakar. Le président sénégalais Abdoulaye Wade demande limplication de son homologue zambien, Lévy Patrick Mwanawasa, président en exercice de lOrganisation de lunité africaine (OUA), dans la médiation de la crise. Dans une lettre, Wade demande à Mwanawasa dassurer la présidence du groupe des chefs dEtat facilitateurs qui sont Joaquim Chissano (Mozambique), Omar Bongo (Gabon), Mathieu Kérékou (Bénin) et Laurent Gbagbo (Côte dIvoire), et sous légide de lOUA, Abdoulaye Wade.
Du côté des barrages, rien ne bouge, Ratsiraka est toujours en France et se mure dans le silence.
Vendredi 26 avril : jour de rupture. LAccord de Dakar va être définitivement enterré.
Lorgane central de lOUA pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits, réuni à Addis Abeba en session ordinaire au niveau des ambassadeurs, exhorte le président Ratsiraka et M. Ravalomanana à loyalement mettre en uvre laccord quils ont signé, dans la lettre et dans lesprit, déclare lorganisation panafricaine dans un communiqué. Le matin même, Amara Essy avait déjà exhorté les deux rivaux à appliquer laccord de manière scrupuleuse et sans délai.
Le camp de Didier Ratsiraka annonce quil rejette par avance les résultats officiels de la présidentielle qui seront proclamés lundi 29 avril et quil maintiendra les barrages routiers qui asphyxient la capitale Antananarivo. Les proches et conseillers de M. Ratsiraka sont maintenant persuadés que la Haute Cour Constitutionnelle va déclarer Marc Ravalomanana élu au premier tour.
Ils ont déposé une requête en récusation des membres de la HCC au motif que quatre dentre eux ont participé à linvestiture de M. Ravalomanana comme président le 22 février dernier. Nous récusons par avance le décompte des suffrages auquel elle se livre parce quil nest pas contradictoire et se déroule hors la présence de représentants de M. Ratsiraka, déclare le sénateur Annick Dahy, fidèle de lamiral Ratsiraka, au nom des gouverneurs ratsirakistes des cinq provinces autonomes du pays.
Nous ne lèverons pas les barrages routiers, même après ces résultats, tant quil ny aura pas de retour à la légalité, notamment la disparition du gouvernement insurrectionnel de M. Ravalomanana, réaffirme Mme Daahy, conseiller du gouverneur de Toamasina.
Les provinces autonomes de Toliara (sud-ouest) et dAntsiranana (nord) menacent de proclamer leur indépendance si la HCC déclare Ravalomanana élu au premier tour. Dans ce cas, la province autonome dAntsiranana se réserve le droit de convoquer une assemblée constituante pour la mise en place de lEtat fédéral de Madagascar, au sein duquel les provinces autonomes seront les Etats fédérés, ou, sil le faut, la mise en place de lindépendance de chaque province autonome, déclare le gouverneur dAntsiranana, Jean-Robert Gara.
Dimanche 28 avril : Je ne reconnais pas cette HCC, cest la HCC invalidée que je reconnais, déclare M. Ratsiraka à son arrivée ce dimanche matin à laéroport de Toamasina, après avoir passé prés de 10 jours en France.
Les résultats (de lundi) sont par avance nuls et non avenus, déclare de son côté, le directeur général de la présidence, Gérard Andrialemirovason et Ratsiraka ajoute : Pour moi, si lon veut une réconciliation nationale, dans le cadre du référendum à venir, il faut laisser le peuple faire son choix à la Malgache. Nous naccepterons pas les résultats de lundi, déclare également son Premier ministre, Tantely Andrianarivo. Ratsiraka enfonce le clou : Le premier des barrages, cest le gouvernement Sylla, qui aurait dû être dissous dés la signature de laccord, déclare-t-il encore, assurant que cette mesure coulait de source dans laccord.
Cest donc le retour à la case départ. Et dire que le président Wade ne peut même plus sarracher les cheveux.
Lundi 29 avril: le grand jour
Marc Ravalomanana est déclaré vainqueur officiel de lélection présidentielle, plus de quatre mois après le premier tour du 16 décembre, par la Haute Cour constitutionnelle, qui a siégé en audience solennelle à Antananarivo. LA HCC le déclare élu au premier tour avec 51,46% des suffrages exprimés contre 35,90% au président sortant Didier Ratsiraka, après un nouveau décompte des voix.
Les représentants du corps diplomatique à Madagascar, représenté dans sa totalité à la cérémonie, restent réservés : Il faut attendre la position de lOUA, déclarent-ils.
Amara Essy appelle les deux présidents malgaches à la raison, à la sérénité et au sens de lEtat et les conjure de tout mettre en uvre pour préserver la paix sociale et lunité nationale du pays. Le secrétaire général de lOUA réaffirme son respect pour les institutions judiciaires du pays, notamment la HCC, mais souligne dans un communiqué quil prend note avec préoccupation de la décision de cette dernière qui pourrait porter préjudice à la gestion de la mise en uvre de lAccord de Dakar.
Monsieur Amara Essy naurait-il donc pas tout dit à Dakar ?
Les Etats-Unis déclarent quils examinent la décision de la HCC, sans prendre position sur cette décision. Paris ne dit mot.
M. Ravalomanana lance aussitôt un appel à lunité nationale, appelant M. Ratsiraka à sen tenir à ses engagements, et ajoute : Jappelle larmée, vous les militaires, à prendre vos responsabilités. Vous savez maintenant qui est dans la légalité.
Le Premier ministre de Didier Ratsiraka, le président du Sénat et celui de lAssemblée nationale déposé par les députés pro-Ravalomanana, récusent aussitôt la proclamation de Marc Ravalomanana comme président de la République. Cette proclamation constitue manifestement une trahison de laccord de Dakar qui préconise un décompte contradictoire des voix et une consultation populaire dans le cadre dun processus de réconciliation, écrivent Honoré Rakotomanana, président du Sénat, Ange Andrianarisoa, président de lAssemblée nationale, et Tantely Andrianarivo, Premier ministre, dans une déclaration commune publiée à Toamasina.
Ce lundi après-midi, létat-major de la partie de larmée malgache fidèle à M. Ratsiraka se réunit aussi à Toamasina.
De son côté, le gouverneur de la province dAntsiranana, Jean-Robert Gara, annonce quil va déclarer lindépendance de sa province.
Etienne Razafindehibe, gouverneur de la province de Mahajanga, déclare lui quil redoute maintenant des manifestations de violence.
Les ministres des Affaires étrangères des pays facilitateurs de laccord de Dakar annoncent quil vont se rendre à Antananarivo. Cette nouvelle mission comprendra notamment, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, et le secrétaire général adjoint de lOUA chargé des affaires politiques, Said Djinitt, qui avait déjà réussi à décrocher un premier accord qui fut enterré tout aussi rapidement que celui de Dakar.
Lobjet de cette mission, soutenue par la communauté internationale, en particulier par les Nations unies, la France et les Etats-Unis, est de contribuer à la consolidation des termes de laccord de Dakar et de jeter les bases dun processus de réconciliation durable à Madagascar, affirme un communiqué de la présidence sénégalaise.
Ce même lundi soir, Marc Ravalomanana reçoit longuement les ambassadeurs des Etats-Unis et dAllemagne, ce dernier en tant que représentant du pays qui préside lUnion européenne (lEspagne), ainsi que le représentant de la Commission européenne à Madagascar. Les trois diplomates lui auraient conseillé de souvrir à une solution négociée qui permette de revenir à lesprit de Dakar.
Mais ce même lundi, le camp de M. Ravalomanana annonce son investiture officielle pour le vendredi 3 mai, au grand stade municipal dAntananarivo, là-même où il sétait auto-investi le 22 février devant plusieurs centaines de milliers de partisans en délire.
Du côté des journalistes et des agences de presse, on respire : après cette décision de la HCC, plus besoin dutiliser les guillemets pour parler du président Ravalomanana. Ca va faciliter le travail des correcteurs.
Mardi 30 avril : Le Pr. André Salifou, ancien ministre dEtat chargé des Affaires étrangères du Niger et ancien Président de la Conférence nationale souveraine de ce pays, est nommé envoyé spécial du secrétaire général de lOUA pour la République de Madagascar. M. Salifou, a été lenvoyé spécial de lOrganisation internationale de la Francophonie (OIF) aux Comores.
La mission composée des ministres des Affaires étrangères de pays africains repousse son arrivée à Madagascar.
La France, en contact avec ses partenaires, va apprécier la nouvelle situation créée par la proclamation de lélection de Marc Ravalomanana, réagit une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.
Après en avoir brandi la menace, le gouverneur dAntsiranana déclare lindépendance de sa province, qui devient selon lui un état souverain dans le cadre dune confédération de Madagascar. Ce nest pas un jeu denfant, un caprice parce que Ravalomanana est proclamé par les insurrectionnels, déclare-t-il. Et le gouverneur Jean Robert Gara dajouter : Cest parce que nous pensons que les structures institutionnelles à Madagascar doivent être révisées dans ce sens, et que cest une confédération quil faut mettre en place vu le non-respect de la Constitution actuelle.
Les gouverneurs des cinq autres provinces étudient lidée et au moins deux dentre eux sapprêtent à limiter.
Le soir, Amara Essy assure à Addis Abeba quil y a encore un petit espoir de sortie de crise. il affirme que MM. Ratsiraka et Ravalomanana se sont parlé au téléphone hier (lundi) soir et ajoute que lOUA va tout faire pour que les deux hommes puissent se revoir. Jaurais souhaité quon puisse aboutir à une solution consensuelle, déclare encore Amara Essy qui lance un appel à un sursaut patriotique et à la sagesse malgache.
Question sagesse, quelques heures plus tard, dans la nuit, à 03h du matin, des hommes ont dynamité le pont dAndranomaintso, situé entre Fianarantsoa et le port de Manakara où sest replié le gouverneur Emilson. Du coup, la seul route qui permettait encore à quelques poids lourds dapprovisionner Antananarivo est coupée.
Cest le cinquième pont saboté depuis que le camp Ratsiraka a imposé son blocus à la capitale et à la région des hauts plateaux.
Mercredi 1er mai : En tant que président, Marc Ravalomanana juge inacceptable lindépendance auto-proclamée des deux provinces, Antsiranana et Toamasina. Cest inacceptable parce que Madagascar est indivisible. Cest lunité nationale quil faut garder toujours (...) Même la population malgache nacceptera jamais ça, déclare-t-il sur une radio.
Evoquant la position de la France, il déclare : Il est clair que jattends la reconnaissance de grands pays comme la France (...) Elle insiste toujours sur la légalité, maintenant cest légal (...) La France doit prendre une position ferme et nette. Et jespère quelle va pas attendre longtemps.
Il accepte toutefois de reporter son investiture à la demande de lOUA, sans pour autant renoncer à la présidence.
Jeudi 2 mai : La mission conduite par lOUA arrive enfin à Madagascar et rencontre aussitôt à Toamasina le président sortant Didier Ratsiraka.
Ce même jour, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées laprès-midi au stade de Toamasina à lappel du gouverneur de la province, pour en fêter lindépendance. Dans leurs discours, les élus locaux ont rappelé le poids économique de la province et contesté la victoire de Marc Ravalomanana. Le gouverneur de Toamasina, Samuel Lahady, sest quant à lui déjà octroyé de droit, la qualité de chef de lEtat indépendant de Toamasina.
Visiblement à bout de souffle, dans un communiqué, la présidence de M. Ratsiraka demande, dans lintérêt national et afin de contribuer à la restauration de la paix civile (...), la mise en place du Gouvernement de réconciliation nationale de transition.
Le soir, les membres de la mission de lOUA sentretiennent cette fois avec Jacques Sylla, le Premier ministre de M. Ravalomanana et des représentants du corps diplomatique, avant de rencontrer lheureux élu en personne, Marc Ravalomanana. Qua-t-il à leur dire quils ne sachent déjà ?
A cette date du 2 mai, les affrontements entre les deux camps ont fait 16 morts confirmés de sources indépendantes en quatre mois, près dune trentaine selon le camp de M. Ravalomanana. Il y en aura sûrement dautres dans les semaines à venir.
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