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Arrivé au pouvoir par la grâce de Dieu (enfin, surtout par lappui inconditionnel que lui a apporté lEglise dans son ensemble), avec le soutien non moins essentiel des leaders et des militants de formations politiques déjà bien établies dans le paysage politique local (le MFM de Manandafy, le parti AVI (Asa Vita no Ifampitsarana ) de Norbert Lala Ratsirahonana, Marc Ravalomanana espère bien faire prendre corps à la structure quil a créée, dabord pour conquérir la mairie dAntananarivo, puis pour remporter la présidentielle.
Au départ simple association de droit, Tiako I Arivo (Jaime Antananarivo) sest transformée pour la conquête de la présidence en Tiako i Madagasikara (jaime Madagascar).
Pendant toute la campagne électorale de la présidentielle Tiako i Madagasikara (TIM) a fonctionné encore sous la forme dune simple association dont la plupart des cadres étaient issus directement du staff de la mairie de la capitale conquise par Ravalomanana ou
du staff de la société agro-industrielle du maire, la société Tiko.
Ainsi, le président de TIM, Raharinaivo Andrianatoandro, est également président de la Communauté urbaine dAntananarivo (CUA).
Le numéro deux de TIM, le secrétaire général, Heriniaina Razafimahefa, est aussi
directeur général de la société Tiko.
Pendant toute la campagne électorale, au gré de leurs tournées dans tout le pays, les membres de TIM ont pu créer sections et sous-sections de leur association qui au départ, il faut lavouer, ne concernait surtout que des originaires des Hauts Plateaux, où se situe Antananarivo et région dorigine de Marc Ravalomanana.
Aussi, maintenant que Ravalomanana est quasi certain de sinstaller définitivement à la présidence, TIM, sous limpulsion de ses dirigeants sest transformée en association politique, une forme plus souple que le statut de parti. Raharinaivo Andrianatoandro affirme que TIM a aujourdhui des sections dans 24 régions de Madagascar.
Son ambition : forger une majorité à lAssemblée, à loccasion de législatives anticipées qui permettrait à TIM de bénéficier de leffet dentraînement après la victoire de Ravalomanana. En disposant dun solide groupe parlementaire, Ravalomanana pourrait aussi se défaire de lemprise certaine quont sur lui, non seulement les partis politiques qui lont soutenu mais aussi le Cardinal Razafindratandra.
Raharinaivo Andrianatoandro ne cache pas quil aimerait bien que lEglise prennent à nouveau ses distances avec la politique. Il se dit prêt à la bataille électorale, même face aux alliés du jour, comme le MFM de Manandafy, parti à qui il reproche de noyauter totalement la nouvelle administration mise en place par le nouveau régime.
Un autre personnage important dans lentourage du président élu, nest autre que Didier Rakotoarisoa, porte-parole de la Commune urbaine dAntananarivo. Il sest fait connaître en animant la plupart des meeting du candidat Marc, et compte bien tirer bénéfice de sa popularité en conquérant un siège de député. Jeune et certainement ambitieux, il y a fort à parier quon le retrouvera longtemps dans le paysage politique malgache. Il est membre du bureau politique de TIM.
Enfin , un autre groupe, davantage dans lombre, travaille intimement pour et avec le président. Ce sont pour la plupart des journalistes du groupe Midi Madagascar, dont le directeur général, M. Mamy Rakotoarivelo, a été nommé ministre de la Communication dans le gouvernement Jacques Sylla. Cest aujourdhui son épouse, Juliana Andriambelo Rakotoarivelo, qui a pris la direction générale du groupe Midi Madagascar. Sil na pas encore le rôle de porte-parole du gouvernement, le ministre de la Communication est assurément un ministre politique, qui nest pas à ce poste uniquement pour soccuper de faire redémarrer la télévision nationale, ou inaugurer des maisons de la culture. Il semble bien être une des têtes pendantes du combat politique que Marc Ravalomanana est encore entrain de mener, à la fois contre Didier Ratsiraka mais aussi contre la Communauté internationale, qui pour lheure se refuse toujours à le reconnaître. Mamy Rakotoarivelo a lil vigilant : il note, avec ironie, que les représentants des ambassades occidentales qui étaient venus assister à la deuxième investiture officielle de Ravalomanana le 6 mai avaient bel et bien fait déployer les fanions de leurs pays respectifs sur leurs voitures. Cest le même ministre qui critique lincompréhensible attitude de la France, qui selon lui taxe Marc de francophobe depuis quil est maire de la capitale. Et de rappeler, ou de laisser entendre que Paris joue avec le feu: Il y a quelque 25 000 ressortissants français à Madagascar. Si la grogne monte en province contre lattitude de la France, il nest pas sûr quil ny aura pas de violence contre les Français, dit-il en substance, arguant que les populations rurales sont moins contrôlables quen ville.
Quant à lOUA et son secrétaire général, Amara Essy, pas la peine de demander au ministre ce quil en pense. Il vous renvoie avec un sourire explicite directement à lÉlysée, à Jacques Chirac et à ses conseillers
RJ L.
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