N° 251
du 18/06/2002

Madagascar


Le plan de sortie crise proposé par “Dakar II”

Voici les grandes lignes du “rapport de la médiation sur la crise malgache” publié le 9 juin, à Dakar à l’issue des négociations impliquant les chefs d’Etat facilitateurs (*),
les représentants de l’OUA et de l’ONU et les deux protagonistes malgaches.

Plan de sortie de crise

1. Ils (le comité des chefs d’Etat facilitateurs, le secrétaire général de l’OUA et le représentant personnel du secrétaire général de Nations unies) proposent aux protagonistes de la crise malgache l’organisation d’élections législatives anticipées avant la fin de l’année. En cas de difficultés, ces élections interviendront à l’échéance normale des mandats des députés en mai 2003. Ces élections permettront au peuple malgache, par le biais d’une consultation populaire, de désigner une nouvelle majorité et une nouvelle légitimité dont il faudra tirer les conséquences.

2. Concernant la transition, le Comité des chefs d’Etat facilitateurs, s’inspirant (...) de l’accord de Dakar du 18 avril 2002 a proposé aux parties le plan suivant:
2.1. Le Premier ministre de la transition sera désigné par M. Marc Ravalomanana.
2.2. Sur les cinq ministères de souveraineté, trois seront désignés par M. Didier Ratsiraka cependant que M. Ravalomanana désignera le ministre de l’Intérieur et le ministre des Finances. Cependant, une récente proposition du camp Ravalomanana demande que le ministre de la Défense soit nommé d’un commun accord. Le Comité des chefs d’Etat facilitateurs n’y voit pas d’inconvénient.
2.3. Tous les autres membres du gouvernement seront désignés d’un commun accord à raison de la moitié par Didier Ratsiraka et l’autre moitié par Marc Ravalomanana.
2.4. Un Conseil supérieur de la transition dont la mission est de veiller au bon déroulement de la transition sera présidé par M. Marc Ravalomanana.
2.5. Le Comité des chefs d’Etats facilitateurs est chargé d’élaborer une Commission nationale électorale indépendante (CENI).
2.6. Jusqu’aux élections législatives, le Premier ministre désigné représente l’Etat malgache au plan international et au plan africain, en particulier au prochain sommet de l’OUA.
2.7. Les leaders malgaches Ratsiraka et Ravalomanana s’engagent à lever immédiatement les barrages, à démanteler les milices, à arrêter toutes formes de violence et à libérer toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise politique.
2.8. Sur la foi de cet accord politique, le Comité des chefs d’Etat facilitateurs et l’OUA recommandent à tous les partenaires au développement de débloquer les avoirs extérieurs de Madagascar en faveur du gouvernement ainsi mis en place. Ils les exhortent aussi à apporter un appui financier urgent à la reconstruction de Madagascar.
Le Comité des chefs d’Etat facilitateurs recommande à l’OUA la convocation dans les plus brefs délais d’une réunion de l’Organe central sur la crise malgache au niveau des chefs d’Etats pour se prononcer sur le présent rapport et faire des recommandations au sommet de l’OUA de Durban.
Une telle réunion devra permettre à l’Afrique d’annoncer une position continentale qui sera transmise au Conseil de sécurité des Nations unies, aux Etats-Unis, à la France, à l’Union européenne et à la communauté internationale, comme étant le cadre adopté par l’Afrique pour la résolution de la crise malgache.

((*) Abdoulaye Wade, Coordonnateur (Sénégal), Omar Bongo (Gabon), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo).


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