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Alors que les arrestations des anciens dignitaires du régime de Didier Ratsiraka ont pris de lampleur depuis le départ de lex-président, Marc Ravalomanana a semble-t-il voulu donner un coup darrêt à ce qui ressemblait pour certains à une opération chasse aux sorcières, assez éloignée des promesses de réconciliation nationale.
Seul problème, le président Ravalomanana ne semble pas être sur la même longueur donde que son Premier ministre, Jacques Sylla. Alors que le 13 juillet, Ravalomanana a appelé à larrêt de la chasse à lhomme contre les partisans du président déchu Didier Ratsiraka, et que la veille, le ministre de la Défense, Jules Mamizara, avait mis en garde les forces armées contre les exactions commises lors des arrestations des partisans de Ratsiraka, le lendemain, le Premier ministre, Jacques Sylla, affirmait lintention de son gouvernement de briser limpunité des anciens dirigeants.
Jacques Sylla sexprimait lors dune réception à la résidence de lambassadeur de France à Antananarivo à loccasion du 14 juillet.
Une soixantaine de personnes, anciens ministres, officiers supérieurs, simples miliciens ou partisans de lancien régime, ont déjà été arrêtées. Plusieurs représentants de pays occidentaux se sont inquiétés de cette chasse à lhomme auprès de Jacques Sylla.
Le 9 juillet, le général Jean-Paul Bory, ancien secrétaire dEtat à la Gendarmerie, et Joseph Sydson, ex-ministre de lEnseignement supérieur, ont été arrêtés à Toamasina et transférés à Antananarivo. Au total, cinq membres du gouvernement sortant sont actuellement sous les verrous ou en résidence surveillée.
Le 22 juin, Jean Ndrianasolo, ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, avait été arrêté à Mahajanga, avec lancien gouverneur de cette province, Etienne-Hilaire Razafindehibe.
Le 7 juillet, Fredo Betsimifira, ancien ministre de lInformation, sest rendu aux militaires de M. Ravalomanana sur lîle de Sainte-Marie.
Le 24 juin, le général Victor Ramahatra, conseiller militaire de Ratsiraka et ancien Premier ministre sous la 2e République (1975-1991), a été arrêté à Antananarivo et inculpé de trahison et atteinte à la sûreté de lEtat.
Le 27 mai, le Premier ministre de M. Ratsiraka, Tantely Andrianarivo, a été arrêté lors de la prise de ses bureaux et sa résidence officielle par les militaires de M. Ravalomanana et placé depuis en résidence surveillée chez lui à Antananarivo.
MM. Betsimifira et Ndrianasolo, comme MM. Razafindehibe et Ramahatra, sont incarcérés à la prison dAntanimora, dans la capitale et ont été inculpés datteinte à la sûreté de lEtat".
Le 11 juillet, ce sont treize officiers supérieurs de larmée et de la gendarmerie, dont trois généraux, qui ont été arrêtés. Parmi les généraux arrêtés figure le commandant de la région militaire de Toamasina, le général Fenomanana Iandry.
Le général Iandry sétait rendu avec ses hommes au chef détat-major général des forces armées, le général Sylvain Razafimandimby, le 5 juillet, 48 heures avant lentrée des troupes de Ravalomanana à Toamasina. Il avait ensuite accueilli à laéroport de Toamasina les premiers soldats du contingent envoyé de la capitale et avait fait allégeance au nouveau régime.
Ces officiers sont accusés de crimes et délits contre le peuple malgache et datteintes à la sûreté de lEtat, selon létat-major général de la gendarmerie.
A défaut de Haute Cour de justice, qui nexiste pas encore à Madagascar bien quelle soit prévue dans la Constitution, les prévenus relèvent du droit pénal commun.
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