N° 256
du 02/10/2002

Madagascar


Arrestation du lieutenant-colonel Ancelin Coutiti

Le lieutenant-colonel Ancelin Coutiti, considéré par les autorités malgaches comme l’officier le plus extrémiste du camp de l’ex-président Didier Ratsiraka, a été arrêté le 23 septembre dans le petit village de pêcheurs d’Ambananivao sur la côte nord-est de Madagascar, accessible uniquement par la mer. L’homme le plus recherché de Madagascar avait été repéré dans le village d’Ambananivao par un pasteur.
A 46 ans, le chef présumé des milices ratsirakistes, homme de forte stature, marié et père de quatre enfants, le “tueur du Nord”, le “bourreau de Ratsiraka”, comme la presse malgache le qualifie, Ancelin Coutiti est apparu fatigué et vieilli.
Le gouvernement avait récemment multiplié par sept la récompense offerte pour le retrouver. La prime initialement fixée à 100 millions de francs malgaches (15.000 euros) le 9 septembre par le ministère de la Défense avait été portée à 700 millions de Fmg (105.000 euros) le 19 septembre.
M. Coutiti est accusé d’avoir semé la terreur dans les rangs des partisans de M. Ravalomanana dans la province d’Antsiranana (nord) et en particulier sur l’île touristique de Nosy Be durant les sept mois de crise qui ont opposé les camps des deux candidats à la présidentielle du 16 décembre 2001, MM. Ravalomanana et Ratsiraka.
M. Coutiti est accusé d’avoir, à la tête d’un commando de militaires et de miliciens, violenté, torturé et assassiné des militants du camp Ravalomanana, notamment le directeur d’une banque à Nosy Be.
A Antsiranana (ex-Diégo-Suarez), où il s’était replié avant de disparaître lors de la fuite de M. Ratsiraka, Ancelin Coutiti avait pris, au mois de juin, 71 otages parmi des marchands ambulants de la même ethnie que M. Ravalomanana. Il les avait fait enchaîner aux grilles du gouvernorat, menaçant de s’en servir comme boucliers humains en cas d’avance de l’armée de M. Ravalomanana.
Une cinquantaine de membres considérés comme “extrémistes” du camp Ratsiraka, civils (dont des ministres) et militaires, sont actuellement sous les verrous dans l’attente d’un jugement. S’agissant d’un militaire, l’instruction judiciaire le concernant a été confiée à l’Etat-major de la gendarmerie nationale, sans que l’on sache si le prévenu sera traduit devant un tribunal militaire ou civil. Son lieu de détention est pour l’instant tenu secret.


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