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Les élections législatives anticipées, qui auront lieu le 15 décembre à Madagascar, seront une étape cruciale dans le long processus politique qui a amené Marc Ravalomanana à la présidence. Lorsquil sest lancé dans la course à la présidentielle contre Didier Ratsiraka, Marc Ravalomanana navait aucun parti politique, tout juste une association de soutien formée principalement des cadres de la mairie dAntananarivo, la capitale quil dirigeait depuis novembre 1999. Outre cette association Tiako i Madagasikara (jaime Madagascar), plusieurs leaders et partis politiques avaient appelé à voter en sa faveur à la présidentielle. Et cest donc plus comme porte flambeau dune très vaste coalition informelle - allant de partis de gauche comme le MFM de Manandafy aux différentes obédiences religieuses du pays - que Marc Ravalomanana a été élu président.
Tiakoi Madagasikara (TIM) sest maintenant transformée en véritable parti politique, avec à sa tête au poste de secrétaire national, le Premier ministre, lavocat Jacques Sylla. TIM a aussi étendu son champ daction bien au-delà de la seule capitale, fief traditionnel du président, en créant six présidences provinciales dirigées par des proches du président.
Ces législatives seront un enjeu de taille pour le président, dont le parti ne dispose daucun siège dans lactuelle Assemblée nationale.
Les 150 députés de lactuelle Assemblée, dont la dissolution a été annoncée pour le 16 octobre, ont été élus en mai 1998 sous le régime de lex-président Ratsiraka.
Cest lArema - Lavant-garde de la rénovation malgache -, le parti de Didier Ratsiraka, qui détient actuellement la majorité au Palais de Tsimbazaza, siège de la chambre basse, avec 66 députés sur 150.
Estimant que cela lui serait favorable, le président Ravalomanana a modifié le mode de scrutin et augmenté le nombre de députés de 150 à 160.
Le scrutin majoritaire uninominal à un tour retenu sera aussi plus favorable aux grandes formations politiques que le scrutin de liste à représentation proportionnelle en vigueur en 1998 qui avait propulsé au Palais de Tsimbazaza 35 députés indépendants.
Pour lheure, rien nindique que lAREMA, actuellement dirigée par son secrétaire général, Pierrot Rajaonarivelo (ancien vice-Premier ministre, dans le dernier gouvernement de Ratsiraka), ira à ces élections (voir encadré). Et rien nindique non plus que tous les partis qui ont soutenu Ravalomanana dans sa conquête de la présidence, resteront à ses côtés pour ces élections législatives. Il reste donc deux mois aux formations politiques pour se positionner.
Autre enjeu, sur le plan international cette fois, M. Ravalomanana a été reconnu par lensemble de la communauté internationale à lexception de lUnion africaine (UA). Lorganisation panafricaine devrait reconnaître définitivement le président malgache à lissue de ce scrutin. Une coquetterie panafricaine, comme on les aime.
En procédant à ces élections, le régime cède aussi aux exigences des bailleurs de fonds qui en ont fait une condition pour débloquer les premières tranches des 2,4 milliards de dollars promis en juillet à Paris à lissue dune réunion du Club des amis de Madagascar.
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