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A en croire Mme Lalatiana Ravololamanana, ancienne conseillère de Didier Ratsiraka, qui vit, comme lancien président aujourdhui en exil à Paris, lAREMA, le parti de lex-président, a été pris de cours avec lannonce de ces élections législatives anticipées, fixées au 15 décembre, et hésite à sy engager.
En fait, cest surtout lactuel secrétaire général de lAREMA (Avant-garde de la rénovation malgache), Pierrot Rajaonarivelo (qui vit lui aussi en France, sans avoir demandé le statut de réfugié politique), qui a été pris de cours dans son projet de créer une nouvelle grande formation de lopposition.
Celui que les Malgaches appellent tout bonnement Pierrot ambitionnait de rentrer au pays, de convoquer un congrès de lAREMA pour annoncer quil quittait ce parti et quil allait créer une nouvelle formation politique laïque, histoire de bien se démarquer de lemprise des Eglises sur le président Ravalomanana.
Lancien président Albert Zafy, aujourdhui à la tête du CNR (Comité national de réconciliation), aurait même soutenu ce projet et aurait appelé à une fusion de son parti avec la nouvelle formation politique que Pierrot Rajaonarivelo aurait créée.
Etant donné que le président Ravalomanana a dissous lAssemblée et va organiser des législatives anticipées le 15 décembre, Pierrot et ses lieutenants, comme lancien ministre du Tourisme, Blandin Razafinjato ou lancien ministre de lIndustrialisation et de lArtisanat, Mamy Ratovomalala, ont renoncé à ce projet, estimant le délai trop court pour faire prendre corps à un nouveau parti.
Si Pierrot serait aujourdhui résolu à rentrer à Madagascar (peut-être fin octobre) pour mener la bataille politique à la tête de lAREMA, la date de ces élections ne lui laissera guère le temps délargir davantage sa base électorale, comme il le souhaitait.
Sil est vrai que dautres partis politiques comme le Monima (dirigé par Monja Roindefo), le parti Leader Fanilo (lâché depuis la présidentielle par son leader historique Herizo Razafimahaleo) ou encore le parti de Zafy, étaient prêts à se fondre dans une grande formation de lopposition avec lAREMA, on comprend peut-être aussi pourquoi ces élections ont été anticipées. Outre le fait que lAREMA na pas eu le temps de se refaire une virginité, le régime de Ravalomanana, en précipitant ces élections, table peut-être aussi sur un éclatement du parti de Ratsiraka car rien nindique que certains des députés sortants élus sous létiquette AREMA ne se présenteront pas devant les électeurs, avec ou sans la bénédiction de Pierrot Rajaonarivelo.
Reste un autre facteur qui fait planer un doute sur la participation ou non de lAREMA à ces législatives.
Si Pierrot affirme quil ne craint pas de rentrer à Madagascar, il nest pas sûr de ne pas être poursuivi en justice pour un motif ou un autre. Il sinquiéterait des pressions exercées sur son ancien directeur de cabinet, Elire Rabemananjana, actuellement détenu pour usurpation de titre.
Cest même pour se donner quelques garanties que Pierrot et plusieurs anciens ministres de Ratsiraka avaient envisagé de rentrer à Madagascar, en se faisant accompagner de journalistes étrangers pour quils puissent témoigner de leur sort.
Si lancien parti majoritaire boude les urnes le 15 décembre, il reste quil se battra toujours pour obtenir la tenue dune conférence nationale, sans doute la seule chance pour pas mal dexilés dobtenir un ticket retour sans vivre en permanence avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
A lheure actuelle, les anciens partisans de Didier Ratsiraka estiment quil y a pas moins de 400 détenus politiques selon eux, consécutivement aux longs troubles qui ont émaillé la vie de la Grande Ile pendant plus de six mois.
Lancien président Albert Zafy serait dailleurs entrain de concocter un rapport sur cette question. Un autre signe d'un rapprochement certain entre Zafy et Pierrot.
R-J L.
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