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Quelque 83 ardents défenseurs et partisans de Didier Ratsiraka, qui se sont battus, pour certains jusquau bout pour défendre lancien régime, sont en détention, selon la justice malgache qui a organisé une visite de certains de ces prisonniers afin de montrer à la presse quelles étaient leur réelle condition de détention.
A loccasion de cette journée portes ouvertes, lancien gouverneur de la province de Toamasina, Samuel Lahady, sest plaint de ne pas obtenir le statut de prisonnier politique.
Parmi ces baobabs de lancien régime, aujourdhui en prison, on note, outre Samuel Lahady, lancien ministre de la Culture et de la Communication, Fredo Betsimifira, qui a déjà été condamné à deux ans de prison ferme, les généraux Antoine Boba et Andriafeno, et dautres anciens gouverneurs des provinces de Fianarantsoa (centre) et de Mahajanga (nord-ouest), Emilson et Etienne-Hilaire Razafindehibe.
Le dernier Premier ministre de Didier Ratsiraka, Tantely Andrianarivo, a été placé le 21 octobre sous mandat de dépôt, après avoir passé quatre mois en résidence surveillée. Il est accusé dusurpation de fonction, de détournement de deniers publics, de recel de malfaiteurs et datteinte à la sûreté de lEtat.
Par contre, le général Victor Ramahatra, lui aussi ancien Premier ministre de Ratsiraka, a retrouvé la liberté le 30 octobre, après avoir été arrêté et écroué pour trahison.
Le général Ramahatra avait été arrêté peu après des rumeurs sur des mercenaires recrutés par Ratsiraka et qui devaient envahir le pays en partant dAfrique du Sud, mais qui nont finalement jamais mis pied sur la grande Ile. Selon lentourage de Ravalomanana, cette opération qui prévoyait lassassinat de Ravalomanana pendant la fête de lIndépendance du 26 juin, était baptisée Toro, nom de guerre du général Ramahatra qui devait la diriger.
Aucune trace darrivée de mercenaires navait été découverte à lépoque à Madagascar et le tribunal a donc estimé que les charges nétaient pas fondées.
Le général Ramahatra avait été le dernier Premier ministre de M. Ratsiraka avant sa première destitution en 1991.
Prisonniers politiques ou pas, lUnion européenne va envoyer des observateurs pour ces élections législatives estimant quelles devraient constituer une étape importante sur la voie de la stabilisation politique du pays. Au total, un peu moins dune centaine dobservateurs seront dépêchés dans le pays par lUE.
Et au terme de ce scrutin, le président Ravalomanana devrait enfin pouvoir êter reconnu comme président "légitime" par l'Union Africaine. LUA na toutefois pas encore clairement dit si elle estimait que ces élections pouvaient se tenir dans le contexte actuelle. La troïka de lUA (Ndlr : les présidents sud-africain Mbeki et zambien Levy Mwanawasa et le Premier ministre mozambicain Pascal Mocumba) a rencontré M. Ravalomanana et nous allons discuter à lavenir avec le parti AREMA, a déclaré la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Nkosazana Dlamini-Zuma, qui a assisté à ces entretiens, fin octobre, à Pretoria.
Il nous a expliqué quelles mesures il avait prises en vue de la réconciliation nationale. Il nous a dit avoir formé un gouvernement dunité nationale avec de nombreux partis et nous a dit quils vont avoir des élections en décembre, supervisées par lONU pour sassurer quelles sont libres et équitables, a ajouté Mme Dlamini-Zuma. Nous avons pris note et allons parler avec lautre partie, lAREMA. Après quoi nous ferons notre rapport à lUA, qui aura à prendre sa décision en conséquence, a-t-elle ajouté. On doute fort toutefois que lUA, même après avoir rencontré lAREMA, demande le report de ces élections, alors que lUnion Européenne est déjà engagée comme partenaire, en tant quobservateur, de ce processus.
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