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Le Premier ministre, Jacques Sylla, a présenté le 16 janvier un nouveau gouvernement de 22 ministres, dont 17 figuraient déjà dans sa précédente équipe. M. Sylla, reconduit au poste de Premier ministre, a formé une équipe exclusivement constituée de techniciens proches du président Marc Ravalomanana et délus de son parti Tiakoi Madagasikara ou de ses alliés. Ensemble, ils disposent dune majorité de 131 députés sur 160 à lAssemblée depuis les législatives du 15 décembre dernier.
Le gouvernement précédent, formé par M. Sylla le 18 juin 2002, avait été ouvert à plusieurs sensibilités politiques de lopposition, afin de contribuer à la réconciliation nationale, après une crise politique de six mois qui sétait soldée par le départ de lex-président Didier Ratsiraka.
La nouvelle équipe gouvernementale a un effectif légèrement réduit, avec 22 ministres, dont 17 sont reconduits, contre 29 ministres et trois secrétaires dEtat dans la précédente. Des super-ministères ont été confiés à des ministres reconduits, y compris les officiers de larmée ou de la gendarmerie qui sétaient ralliés à M. Ravalomanana après avoir été proches de lancien régime.
Cest le cas du général Marcel Ranjeva, reconduit aux Affaires étrangères, et du général de gendarmerie Sylvain Rabotoarison, qui conserve lEnvironnement, additionné des Eaux et Forêts.
Cest le troisième gouvernement de Jacques Sylla depuis sa première nomination début mars 2002 en pleine crise post-électorale.
On verrouille à tous les étages
Pas besoin dêtre dans lopposition pour constater que le président Ravalomanana dispose désormais dun pouvoir sans partage après avoir installé des représentants de son parti Tiakoi Madagasikara (TIM, Jaime Madagascar) à tous les niveaux de lEtat.
Le verrouillage du pays par lEtat-TIM, pour reprendre lexpression désormais usitée par lopposition et la presse, sest achevé à lAssemblée nationale, avec la mise en place des six vice-présidents de son bureau permanent, et au Sénat avec la désignation des 12 présidents de commissions.
Au palais de Tsimbazaza, où siège lAssemblée, Ravalomanana dispose dune majorité de 101 députés sur 160 avec les seuls élus de son parti, et de 130 avec ses alliés.
Après lélection de lancien ministre des Travaux publics, Jean Lahiniriko, élu du Sud et membre du TIM, à la présidence de lAssemblée nationale, la totalité des six vice-présidences, une par province, est allée exclusivement à des députés du parti présidentiel, sans aucune ouverture aux formations alliées de la Firaisankinam-pirenena (Alliance nationale). Et le président national du TIM est devenu questeur de lAssemblée.
Cest une politique dexclusion et un comportement indigne de la démocratie promise, a accusé Evariste Marson, président du Rassemblement pour la social-démocratie (RPSD) , qui avait pourtant roulé pour Ravalomanana à la présidentielle et aux législatives.
Au Sénat, où siègent encore 60 élus de lancien régime de Didier Ratsiraka et 30 désignés par M. Ravalomanana en remplacement de ceux nommés par son prédécesseur, il a fallu un huis-clos pour aboutir à un consensus dans la désignation des présidents des douze commissions.
Le parti Arema (Avant-garde de la rénovation malgache) de M. Ratsiraka, pourtant majoritaire avec 44 sénateurs, na reçu que cinq présidences de commissions, contre sept au TIM.
Dans le nouveau gouvernement, deux ministres seulement ne sont pas membres du TIM ou apparentés.
Enfin, et sans doute plus inquiétant encore, un ancien candidat à la présidentielle de 2001 relève que léquilibre ethnique nest plus le principe intangible dans la désignation aux hautes fonctions de lEtat, puisque lensemble du dispositif mis en place par le président Ravalomanana penche nettement en faveur de son ethnie merina. Et dajouter : le nouvel équilibre à respecter semble bien être confessionnel et religieux. Lancien candidat y voit la marque de linfluent Conseil des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM).
Jacques Sylla est un catholique militant. Le président du Sénat, Rajemison Rakotomaharo, est un fidèle protestant de léglise réformée de Jésus Christ à Madagascar (FJKM). Le président de lAssemblée nationale, Jean Lahiniriko, est un mpiandry (berger, élu de Dieu) de léglise luthérienne de Madagascar (FLM).
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